Rapport d'Enquête sur la Tuerie de Chevaline
par Brigitte Picart

INTRODUCTION

Je n'ai de preuve irréfutable contre aucun membre de ma famille, seulement un faisceau d'indices assez riche il me semble.

HISTORIQUE DE MES DÉMARCHES

Au moment où j'écris ces lignes fin septembre 2014 l'enquête est au point mort. J'ai appris le drame le lendemain, le 6 septembre 2012, et depuis cette nouvelle choquante la conviction a pris corps en moi, en l'espace de quinze jours, que ce crime abominable avait été perpétré par mes deux frères à la demande de ma mère.

D'abord, il y avait le lieu du crime: la Combe d'Ire. J'y étais allée quand j'avais dix-sept ans, en voiture avec mes deux parents et mes frères et soeur plus jeunes quand nous vivions à Annecy-le-Vieux. Le nom m'était familier et quand j'ai appris la nouvelle du crime j'ai immédiatement pensé à cette visite de 1970. Le lien avec ma famille commence avec le lieu du crime. Il est établi que ma famille connaissait cet endroit peu fréquenté et sauvage.

Concernant le mobile, c'était pour me dissuader de rencontrer en personne l'homme avec qui j'avais sympathisé par e-mail en août, les tentatives de dissuasion précédentes ayant échoué, comme je l'explique plus loin. Car de mon point de vue, la cible principale du crime était la fillette de huit ans, Zaida, avec qui j'avais comme point commun d'être célibataire et sans enfant, ce qui permettait que je m'identifie à elle et me "sente visée". J'ai aussi pensé très tôt que l'acharnement contre Sylvain Mollier pouvait aussi signifier que le malheureux représentait l'homme que je m'apprétais à rencontrer. J'ignore comment il a, lui, interprété l'événement, s'il s'est "senti visé" lui aussi, car nous avons cessé tout contact depuis le jour du crime -mais pas à cause du crime-. Toujours est-il que si le tueur avait voulu tuer la fillette il avait encore cinq balles pour le faire. Il voulait donc "seulement" la tabasser et peut-être aussi lui faire perdre l'usage de son cerveau, un sort pire que la mort.

Afin de communiquer ma certitude aux autorités, j'ai d'abord contacté l'ambassade d'Angleterre pour demander de transmettre une attestation au procureur de la république d'Annecy mais on ne m'a pas laissée entrer dans l'enceinte alors que j'espérais y trouver refuge pour pouvoir rédiger mon attestation à l'abri des regards. J'avais apporté un formulaire CERFA, des pages vierges et un stylo.

NB: Pour rendre ce texte plus fluide je n'ai pas indiqué les dates de mes démarches. Toutes les dates se trouvent dans mon journal.

Ensuite j'ai appelé le TGI d'Annecy et demandé à parler à la personne en charge de l'enquête, et la femme qui m'a répondu m'a dit que je devais appeler la gendarmerie de Faverges, alors que c'est celle de Chambéry qui est saisie. C'est ce que j'ai fait, et les gendarmes de Faverges se sont foutus de moi les deux fois (à environ un mois d'écart) où je les ai appelés.

Puis un numéro vert a été mis à la disposition du public et je l'ai appelé deux fois aussi, à quelques seaines d'écart, pour m'entendre rabrouer car mon interlocuteur croyait que je me moquais de lui. C'était évident que les gendarmes voulaient seulement qu'on leur donne un témoignage oculaire sur un ou des suspects vus avant ou après le crime à proximité du lieu du crime. Car quelqu'un qui vit loin d'Annecy et leur donne un mobile incroyable de premier abord, ils n'en avaient rien à faire.

Ensuite j'ai appelé la section de recherche de Chambéry et pour la première fois on m'a écoutée mais ma crédibilité péniblement bâtie s'est écroulée quand j'ai dit que depuis que je parlais aux autorités j'avais reçu des menaces. Répondant à la question de mon interlocuteur qui voulait savoir comment j'étais menacée, je lui ai dit que c'était au moyen d'une tronçonneuse, et en sciant les branches des arbres qui sont sur mon passage quand je vais au supermarché.

Il a exprimé violemment son refus de me croire. Je n'ai pas voulu lui expliquer pourquoi je suis persuadée que ces actes qui se produisent dès que je compromets l'impunité de ma mère me semblent être des menaces, car cela aurait dû faire l'objet d'une démonstration exhaustive avec photos à l'appui (qui ne manquent pas, d'ailleurs). Je sais bien que ça me donne l'air parano, mais ces faits se sont produits hors saison: on n'élague pas les arbres quand la sève circule, mais seulement en hiver quand les arbres sont en repos. C'est surtout cela qui me fait penser que l'élagage à la tronçonneuse devant mes fenêtres ou sur mon chemin est une menace, en plus du fait qu'aucun autre arbre hors de mon petit périmètre d'activité ni de mon champ visuel n'est élagué. Quoi qu'il en soit, s'il est avéré qu'il s'agit de menaces, cela renforce ma thèse car si ma famille est innocente du crime de Chevaline elle n'a aucune raison de me menacer.

Quant à expliquer comment ma mère fait pour qu'une société vienne faire la besogne sur un terrain privé, ou qu'un service municipal fasse de même sur la voie publique, je ne saurais. Tout ce que je sais c'est que ma mère n'est arrêtée par aucune barrière physique ni légale. Elle est comme un gaz toxique inodore, elle pénètre partout, rien ne l'arrête. Je suis mystifiée moi-même. Tout ce que je sais c'est ce qu'elle m'a dit il y a longtemps, qu'elle avait "des accointances". C'est peu dire d'une femme qui a réussi à organiser un attentat maquillé en accident de la circulation en plein centre ville à New York, où le véhicule meurtrier était un bus des transports en commun!

La frustration grandit en moi. Je croyais que ma chance était enfin venue de faire arrêter les membres de ma famille qui depuis ma petite enfance ont commis tant de crimes contre moi en toute impunité. Je me disais que j'allais enfin pouvoir me faire soigner les dents et opérer du genou, problèmes qui ont été causés par ma famille. Oui, même les problèmes dentaires! Voilà ce que je voulais faire en premier une fois que je me sentais libre. Mais il faut encore attendre.

Pour le moment je me contenterai d'envoyer le lecteur à des pages de mon journal pour qu'il se fasse une idée lui-même. Cet épisode de la Tuerie de Chevaline a commencé le 10 juin 2012 quand une de mes dents s'est cassée et que j'en ai pleuré de désespoir. Et c'est cet incident qui m'a fait chercher de l'aide car je n'en pouvais plus de rester sans soins; et c'est pourquoi, ayant sympathisé par e-mail avec Charles Berg, cet homme qui est spécialisé dans l'histoire de la navigation fluviale en France, j'ai prétexté des vacances dans les parages pour lui proposer une visite, qu'il a acceptée. J'ai donc fait des emplettes de voyage sur Amazon: guides touristiques, cartes routières, vêtements, sac à dos, téléphone portable etc. C'est alors que ma famille s'est manifestée: d'abord mon frère Norbert est venu me voir mais je ne lui ai pas ouvert et ai refusé de lui parler. Je savais qu'il voulait me dissuader de rencontrer Charles Berg. Ensuite j'ai eu un écoulement d'eau du plafond, une autre manifestation de désapprobation de ma mère.

Je sais que, tout comme la tronçonneuse, cela me donne l'air parano de croire qu'il y a un rapport, mais ces incidents se produisent toujours quand je fais ou m'apprête à faire, quelquechose qui déplaît à ma mère. Cela l'ennuierait beaucoup que je parle d'elle à quelqu'un qu'elle ne connait pas!

Après que j'eusse commencé à parler aux autorités il y a eu ces vidéos de personnes sans bras: cette femme qui s'habille à l'aide de ses pieds, cet homme qui joue du piano avec les pieds (vidéo mise en ligne le 25 septembre 2012) alors forcément on fait le rapprochement avec la tronçonneuse, c'est inévitable. Et il y a aussi eu, au commencement de mon amitié virtuelle avec Charles Berg, un genre d'avertissement, la vidéo sur la tragédie de 1955 aux 24H du Mans, avec des mots-clés rappelant Charles Berg (même année de naissance, Loire).

Mais mon idée de louer un petit bateau pour lui rendre visite sur sa péniche était infaisable car on ne loue pas de bateau à une personne seule. J'ai donc dû renoncer à cette idée et le lui ai dit dans un e-mail que, par effet de synchronicité, j'ai envoyé à l'heure où la Tuerie de Chevaline venait juste d'avoir lieu.

Le matin même j'avais reçu une lettre recommandée de ma mère adressée apparemment à tous les enfants, me donnant rendez-vous sous 30 jours à la maison de Normandie pour y prendre du mobilier. Mais quand le facteur s'est présenté et quand j'ai vu que la lettre était de ma mère, j'ai été envahie par un pressentiment que quelque chose d'horrible allait se produire. J'ai été prise de tremblements si violents que j'ai été incapable de signer mon nom normalement. Mes deux signatures étaient méconnaissables, horribles elles aussi, la lettre m'a échappé des mains et c'est le facteur qui l'a ramassée. Ce qui est curieux c'est que je ne me sentais pas en danger personnellement, mais j'avais un pressentiment funeste quand même. Il ne faut pas prendre à la légère les mauvais pressentiments entre membres d'une famille. Le plus souvent c'est la mère ou le père qui a un pressentiment concernant son enfant, mais l'inverse existe aussi, et comme je vis une existence d'ermite dans le silence (sauf quand j'utilise l'audio de mon ordinateur) je suis très réceptive aux vibrations de ce genre.

Le silence dans lequel je vis favorise aussi le souvenir et la compréhension. Ainsi je me suis souvenue que quand mes parents m'avaient emmenée à la Combe d'Ire un dimanche en fin d'après-midi, ils avaient dû insister car je n'avais pas envie d'y aller, et j'y étais allée à contre coeur. Et une fois rendus à destination, j'étais sortie de voiture mais ne m'étais pas éloignée d'un seul pas car je voulais manifester ma rébellion contre cet abus d'autorité dont faisaient preuve mes parents. Et comme je l'ai dit aux gendarmes, "il ne s'était rien passé". J'ai ensuite compris que la raison pour laquelle mes parents m'avaient conduite à cet endroit, était qu'ils voulaient me tuer! Car j'avais déjà la preuve de plusieurs tentatives antérieures, et si "il ne s'était rien passé" ce jour-là à la Combe d'Ire, c'est parce que j'étais restée debout à côté de la voiture au lieu de m'éloigner sur le chemin, au-delà du parking. Car si je l'avais fait alors j'aurais été tuée par quelqu'un qui me guettait au tournant de la route. J'en suis certaine!

Un autre souvenir m'est revenu: celui de l'arme de poing que m'avait remis ma mère quand j'habitais à Evreux dans sa petite maison, en 1976 ou 77. C'était, disait-elle, pour ma protection car on m'avait offert (sans que je cherche!) un job de disc-jockey dans une discothèque louche, le Twenty, en face de la gare. Cette arme me faisait peur et j'en détournais mon regard quand je la mettais dans mon sac avant de sortir ou que je l'en sortais à mon retour. Mais c'est une autre histoire, et je ne peux pas affirmer que cette arme est le même modèle qui a été utilisé pour la Tuerie de Chevaline.

Ce document étant inachevé, je prie le lecteur de bien vouloir lire, au minimum, mon journal des mois suivant juin 2012 dont j'ai donné le lien plus haut afin qu'il puisse connaître le contexte de ma vie, lire des correspondances, regarder des photos et ainsi comprendre dans quelle atmosphère je vis. Il pourra alors juger si la tuerie de Chevaline s'intègre ou pas dans ma vie. Je recommande aussi l'album PRIVE sur mon site Flickr, dont le lien est affiché ci-dessous. En regardant les photos il pourra voir, en plus des arbres aux branches sciées, des voitures violettes ou des voitures d'hôpital garées devant ma fenêtre, des dégâts des eaux volontaires dans mon appartement etc.

Je n'ai apporté aucune modification à mon journal postérieurement au crime, le lecteur pourra s'en assurer en consultant l'index du dossier 2012. Fin septembre 2012 j'avais déjà écrit une tentative d'interprétation des faits.

Je certifie sur l'honneur que tout ce qui précède est la vérité, et que j'ai pris connaissance des pénalités pour faux témoignage.
Fait à Paris le 23 septembre 2014

à suivre


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