4ème Rapport d'Enquête sur l'Homicide de
Marine Boisseranc

par Brigitte Picart

I- INTRODUCTION

Le reportage de référence est toujours celui de la série Non Élucidé sur Daily Motion (Le lien ouvre une autre fenêtre.) Cette quatrième version est fondée sur de nouvelles observations. Il en résulte un scénario du crime encore jamais envisagé, et qui a l'air d'être le bon car en conservant les mêmes acteurs il explique logiquement tout ce qui jusqu'alors était incompréhensible.

Dans la Version 3 nous avons conclu que c'est Éric Boisseranc ("EB" ci-après) qui a commis le crime avec le dr Micolle, que c'est le docteur qui a poignardé la victime tandis que EB l'immobilisait, et que les deux assassins ont créé de faux indices et fait de fausses déclarations pour lancer les enquêteurs sur de fausses pistes. Dans la version 3 nous avions déjà conclu que l'empreinte de semelle Nike sanglante et le témoignage de Mme Bory étaient des faux, de même que les deux appels juste après 16H30 (sur fixe et portable), qui avaient été placés par quelqu'un d'autre que Marine pour faire croire que le crime avait eu lieu plus tard qu'en réalité, permettant à EB de se forger un alibi. Nous pensions également qu'Aurore avait menti. Ceci tient toujours.

Nous avons montré qu'EB avait menti sur des aspects importants du crime. La démarche qui a abouti à cette nouvelle version a été de mettre en doute les autres déclarations de EB, celles qu'il a faites en personne et les autres, tout aussi importantes sinon davantage, que nous apprenons incidemment par ouï-dire, au cours du reportage Non Elucidé. En effet un menteur endurci ne ment pas seulement une fois de temps en temps, mais tout le temps, il lui est même impossible de dire la vérité, d'où l'expression "il ment comme il respire".

II - NOUVELLES OBSERVATIONS ET INTERPRETATIONS

  1. LA PORTE d'ENTREE:

    Les enquêteurs ont été entrainés sur une fausse piste par la déclaration d' EB qui a dit avoir trouvé la porte d'entrée fermée mais pas verrouillée. Cette déclaration, ajoutée aux volets fermés, à l'absence d'un couteau dans le bloc et à l'orientation de l'empreinte de pas sanglante qui "repart" vers l'entrée, a persuadé les enquêteurs d'une part que le meurtrier est entré et sorti par la porte d'entrée parce que Marine, le connaissant, lui avait ouvert, et d'autre part que Marine a été incapable de verrouiller derrière lui parce qu'elle était blessée à mort. Et qu'entre ces deux événements il y a eu une altercation qui s'est envenimée jusqu'à ce que le visiteur s'empare d'un couteau qui était dans le bloc sur le plan de travail, couteau qu'il aurait aperçu du coin de l'oeil en passant devant la cuisine.

    Tout parait logique si on s'imagine que le bloc de couteaux est posé sur un comptoir qui sépare la salle à manger de la cuisine dans le style contemporain de la "cuisine ouverte". Mais on voit à 15'05" et 15'50" que le salon est à droite, alors que la cuisine est une pièce à part au fond à gauche et qu'il faut la traverser pour atteindre le plan de travail sur lequel se trouve le bloc de couteaux.

    Alors si une altercation a eu lieu dans l'entrée près de la porte, l'agresseur n'a pas saisi un couteau au passage comme on pourrait le croire sans connaître le plan des lieux, mais il a dû marcher jusqu'à la cuisine, y rentrer à sa gauche, la traverser pour saisir un couteau et en ressortir. Le voyant sortir de la cuisine armé d'un couteau, Marine logiquement aurait dû s'échapper par la porte d'entrée toute proche au lieu de descendre le petit escalier en bois pour aller dans le salon. Pourquoi serait-elle allée au salon pour fuir son agresseur si les volets étaient fermés? De plus aucun signe d'agression entre la cuisine et l'endroit où Marine est morte ne confirme l'hypothèse d'un crime passionnel (12'33") non plus qu'aucune trace biologique étrangère. Cependant dans pratiquement dans toutes les interviews de la presse écrite, il est répété ad nauseam que EB "s'est forgé la conviction" que Marine a ouvert à son agresseur parce qu'elle le connaissait. Cette répétition sert à implanter solidement cette idée dans le lecteur au point qu'il devient difficile intellectuellement de la remettre en question, et on dirait que les enquêteurs, eux aussi, sont bloqués par cette croyance parce qu'elle est corroborée par la direction de la trace de pas du tueur présumé et le mobile apparent de l'amoureux évincé.

  2. LES VOLETS DE LA PORTE-FENÊTRE: Le reportage nous dit à 12'20" (voix off)"Au moment où le corps est découvert, le salon est plongé dans la pénombre. Les volets de la porte-fenêtre de gauche sont fermés et la télévision est allumée." On est amené à penser que Marine avait fermé les volets pour pouvoir regarder la télé. Cependant on voit très bien à 7'19" et à 10'33" que ce n'était pas nécessaire car à gauche de chaque fenêtre il y a un épais rideau monté sur une tringle, ce qui permet de faire l'obscurité de l'intérieur. Pourquoi Marine se serait-elle fatiguée à fermer les volets s'il lui suffisait de tirer le rideau?

    Alors pourquoi les volets de cette porte vitrée étaient-ils fermés à l'arrivée d'EB? Cela ne pouvait être pour des raisons de sécurité car il y a deux autres portes-fenêtres dans la pièce et leurs volets étaient ouverts. Si EB était innocent et si les volets avaient été fermés à son arrivée, il en aurait parlé dans sa description de la découverte du crime à 4'19" ("J'étais étonné que la télé soit en route..."), car c'est un fait inhabituel et inexplicable que les volets soient fermés. Mais au lieu d'annoncer franchement cet état de fait, EB nous le fait apprendre par le biais d'un tiers, le journaliste APdA, et de manière à nous faire faire un rapport de causalité erronné. Pourquoi s'écoule-t'il 8 minutes entre la description de EB de son arrivée et le moment où la voix off nous dit que les volets étaient fermés? Est-ce que ce n'est pas parce que "dans la pénombre" (Sic) EB n'aurait pas pu voir le sang au sol? La voix off dit bien que la mare de sang "se détache" sur le fond clair du sol, mais étant donné le point de vue de EB et le fait qu'il y a un fond sombre contre le mur, A vérifier, mais très plausible.

    Donc EB a menti. C'est lui-même qui a fermé les volets après le crime et avant l'arrivée des gendarmes pour qu'ils ne sachent pas que c'est par là que les assassins étaient rentrés.

    Nous sommes quasi certains qu'EB, comme il l'a fait dans le reportage, a présenté aux enquêteurs la télé allumée comme la raison de la clôture des volets alors qu'il n'en est rien. Sur la foi de cette déclaration de EB les enquêteurs n'ont pas cherché le rôle que la porte-fenêtre avait pu jouer dans le crime. Plusieurs visionnages des passages concernés révèlent que la porte en question n'est pas une porte à deux battants comme les autres, qui sont de vraies portes-fenêtres, mais une porte coulissante dont l'ouverture est à gauche, dissimulée par la masse du rideau. Il suffisait à EB de dé-verrouiller cette porte de l'intérieur à l'avance pour que les assassins puissent rentrer dans la maison au moment voulu.

    Dans le reportage, une paire de rideaux en voile cache la jonction des deux panneaux 10'33" à 12'18"comme pour dissimuler délibérément ce détail au spectateur mais la largeur de chaque panneau élimine la possibilité d'une porte à deux battants. De même quand on voit la maison de l'extérieur côté piscine, soit EB se tient devant cette porte vitrée, soit les volets sont fermés comme pour, là aussi, nous empêcher de voir que la porte vitrée est une porte coulissante 12'37". Cela est compréhensible du point de vue du coupable, car il a pu se dire que si le spectateur voyait que la porte s'ouvre derrière le rideau et non pas au milieu du panneau vitré, il comprendrait que c'est par là que l'assassin était entré. On a quand même un bref aperçu des deux portes vitrées ouvrant côté piscine à 3'43". On voit à ce moment que la porte de gauche est plus étroite que celle de droite et c'est celle de droite qui est coulissante.

    En résumé, EB veut que l'on croie que les volets étaient ouverts quand il est arrivé vers 17H sinon il n'aurait pas pu voir "la mare de sang" depuis l'entrée, mais il veut qu'on croie qu'ils étaient fermés quand il est arrivé sinon la porte vitrée devient un point d'entrée possible des tueurs. C'est pour cette raison que l'info sur les volets fermés nous est glissée discrètement par le journaliste huit minutes après que EB a décrit sa découverte macabre.

  3. LA TÉLÉ ALLUMÉE: La télé était allumée à 17H quand EB est arrivé, mais cela ne veut pas dire que Marine l'avait regardée avant d'être tuée. Les programmes de l'après-midi ne sont pas très intéressants parait-t'il. Nous pensons que "la télé" n'était pas seulement un récepteur de télévision, mais un combiné audio-vidéo-télé, et que Marine l'avait allumé pour regarder un DVD que Gaël l'avait chargée de "rendre" à Aurore de sa part. Et comme le sujet du DVD était d'un grand intérêt pour Marine, elle a voulu le regarder avant de le rendre à Aurore, et c'est au moment où elle avait presque fini de fermer le rideau derrière le sofa que les assassins qui attendaient dehors, prévenus par Aurore par texto, sont entrés par la porte coulissante et lui ont sauté dessus.

  4. LA MARE DE SANG: Sous réserve de confirmation par un expert, la quantité de sang répandu ("mare de sang" dixit EB) ne correspond pas avec les blessures de la victime étant donné qu'aucun vaisseau sanguin majeur n'était atteint et que le sang ne pouvait pas s'écouler par la blessure du dos, puisqu'elle était comprimée par le poids du corps. Ceci nous amène à penser que l'assassin est resté sur place et qu'il a soulevé les jambes et le bassin de la victime pour faire affluer le sang vers le thorax et a appuyé sa tête contre le canapé pour permettre l'écoulement du sang par la blessure du dos. Même si Marine était décédée avec la tête rehaussée, le sang ne se serait pas écoulé de son dos dans la quantité constatée. Sans intervention humaine la mare de sang n'aurait pas pu se former.

    Le fait que l'assassin ne soit pas parvenu à atteindre un vaisseau sanguin vital est un échec de cette partie essentielle du plan. La concentration de coups de couteau sur une petite surface en haut à gauche du thorax peut indiquer que l'assassin cherchait à atteindre un vaisseau vital (veine ou artère sous-clavière?) mais n'y est pas parvenu. Constatant l'insuffisance de l'écoulement post mortem, il a improvisé car il fallait absolument qu'une semelle de taille 43 puisse tremper dans le sang. En effet, sans cette empreinte les soupçons porteraient lourdement sur EB. Et c'est souvent quand ils doivent improviser que les criminels commettent des erreurs qui les trahissent. La mare de sang en l'occurrence prouve que le corps a été délibérément vidé pour deux raisons: d'une part l'assassin voulait pouvoir fabriquer un faux indice avec l'empreinte de Nike orientée en direction de la porte d'entrée, d'autre part la mare de sang était nécessaire au scénario de la "découverte" du cadavre par EB aux environs de 17H, compte tenu du retour de son fils vers 18H.

    Notons au passage une étrange coïncidence: Pourquoi l'assassin n'a-t'il pas frappé à la carotide? C'est pourtant un vaisseau sanguin vital et aisément accessible. Et plus tard le dr Micolle nous dit, joignant le geste à la parole, qu'il a pris le pouls de la victime à la carotide! Ceci ne prouve pas que c'est le dr Micolle qui a porté les coups de couteau, et qu'il a épargné la carotide en prévision de ce qu'il allait raconter plus tard, mais on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement.

    En conclusion, étant donné l'emplacement et la nature des blessures il était impossible que le meurtrier ait pu marcher dans une flaque de sang en s'enfuyant aussitôt après avoir frappé la victime. Ceci prouve que l'un des meurtriers est resté au domicile après l'homicide pour fabriquer l'empreinte de Nike.

  5. LES 3 APPELS TELEPHONIQUES: Si nous acceptons ce raisonnement, alors c'est le complice resté au domicile Boisseranc qui a répondu à l'appel d'Aurore à 16H11 mais comme Aurore est complice elle aussi, elle a menti aux enquêteurs en disant que c'est Marine qui a pris l'appel, et le fait de "répéter" ce que Marine lui aurai dit ("Je termine quelque chose et je pars dans dix minutes...") est un artifice pour nous faire croire que Marine était toujours en vie à 16H11 alors que précédemment les deux jeunes filles avaient communiqué par SMS. C'est aussi le complice qui a appelé Pierrick sur le fixe et ACL sur le portable de Marine. Les enquêteurs n'ont jamais pu expliquer la logique de ces deux appels du point de vue de Marine, et cet échec est dû au fait que la seule logique à laquelle ils répondent est extérieure à la jeune fille. En effet la seule explication de ces appels est de faire croire que Marine était toujours en vie à 16H32-35 afin que les faux alibis des coupables soient solides. N'oublions pas que dans aucun de ces deux appels la voix de Marine n'a été entendue.
  6. LA COMPLICITE DES DEUX MEDECINS: Ce qui nous a mis la puce à l'oreille au sujet du dr Micolle c'est le petit détail de trop qu'il a fourni dans son récit à 5'55":"Je pars à toute allure, je crois que j'ai dû griller le feu rouge à la sortie du cabinet..." Il faut aussi noter que, loin de donner une récitation clinique des faits, il enrichit son récit avec des détails auditifs ("Eric hurle dans le téléphone") et visuels (à 6'06") qui le rendent plus vivant, plus réaliste: "J'arrive, je me gare, je vois Eric venir de la terrasse en larmes, agité, et il me dit..." On notera que durant ses interventions le docteur ne regarde jamais la caméra mais de côté et vers le bas, comme s'il se concentrait pour se rappeler ce qu'il devait dire, comme s'il ne pouvait soutenir le regard direct et sauf quand il nous montre l'emplacement de la carotide, il serre ses mains comme pour maîtriser des gestes nerveux qui pourraient le trahir. Le ton sur lequel il parle est lui-aussi déplacé car à aucun moment le docteur, qui est pourtant un ami d'EB, n'a l'air triste ou désolé. Bien au contraire! Son ton et l'expression de son visage dénotent l'amusement quand il parle de griller un feu rouge, et plus tard à 13'18" quand il décrit l'accoutrement et les activités des spécialistes de la scène du crime: "On se serait carrément cru dans une scène de.. des Experts à Chazay d'Azergues, avec combinaisons blanches, bottes, masques..." S'il est l'ami de EB et qu'il n'est pas triste, c'est que EB n'est pas triste non plus. Il est à noter également qu'aucun des actes médicaux sur la scène du crime qu'il décrit lui-même ne rend compte de la "multitude" de traces de pas ensanglantées qui lui sont attribuées.

    Si c'est lui l'assassin, et s'il est resté sur place alors ce n'est pas lui qui a pris l'appel de EB à son cabinet mais le dr Estanove, et la description riche elle aussi en détails auditifs et visuels que donne ce dernier à 5'38" ("J'ai pris conscience de l'urgence au ton du Dr Micolle qui partait en courant"...) du départ de son confrère et son ordre de le rejoindre chez les Boisseranc est une fiction destinée à convaincre l'auditeur que le dr Micolle était bien à son cabinet pour recevoir l'appel de EB.

    Le caractère mensonger du récit des deux docteurs est d'autant plus évident que l'échange entre les deux confrères est complètement invraisemblable: Quel médecin digne de ce nom se contenterait d'un "C'est très grave!", sans aucune information sur la nature de l'urgence? Et si le dr Estanove travaille avec les pompiers urgentistes, pourquoi ne les a-t'il pas appelés immédiatement, avant de partir chez les Boisseranc? Mais comme nous l'avons vu dans le rapport précédent, pour justifier les traces de pas sanglantes du dr Micolle sur la scène du crime, le scénario fictif exigeait qu'il vienne chez les Boisseranc sans connaître la nature de l'urgence.

    Il faut aussi noter que les détails fournis par les deux docteurs ne servent à rien sinon à étayer le scénario fictif et à faire du remplissage, car pour connaître le déroulement des faits, l'auditeur se serait contenté de simples données, exemptes de dramatisation.

  7. LA DESCRIPTION PAR EB DE LA SCÈNE DU CRIME par contraste est très vague: à part l'info que Marine baigne dans une mare de sang, EB est muet sur les détails. Est-ce parce qu'il a honte? Nous n'apprenons rien sur les vêtements qu'elle porte, les blessures qu'elle présente au cou et à la poitrine, sur l'absence d'arme à proximité et sur les empreintes de pas sanglantes du "meurtrier" qui devraient lui sauter aux yeux, sur le fait que les volets sont fermés alors qu'ils ne devraient pas l'être. Au lieu de quoi EB nous décrit ses propres faits et gestes par le menu comme s'il répondait à un enquêteur, car il ment et il ne peut pas improviser, il doit s'en tenir à son script. Alors quelles que soient les circonstances, il répète la même chose même si ce n'est pas le sujet de discussion. (04'53""Je hurle... je cherche le téléphone, pas de téléphone, heureusement j'avais mon portable sous la main." (alors pourquoi a-t'il d'abord cherché le téléphone fixe?) En tout cas il ne dit pas qu'il a touché Marine, qu'il l'a prise dans ses bras, essayé de voir si elle respirait... aucun acte qui pourrait expliquer ses traces de pas dans le sang post mortem.

    Et à aucun moment il ne fait preuve d'émotion. Jamais il n'a la gorge serrée, jamais il ne s'interrompt pour retrouver son calme, jamais une larme ne lui échappe. Ayant vu d'autres reportages où des pères ont perdu leur fille suite à un homicide, même en tenant compte des différences de caractère il nous est possible de comparer et de déclarer que EB est dépourvu de sentiments. Ce n'est pas son "hymne à l'amour" qui sonne faux et tombe à plat à la fin de l'émission Toute Une Histoire qui nous fera changer d'avis.

  8. LES TRACES DE PAS SANGLANTES DE EB ET DU DOCTEUR: Le reportage nous dit à 15:22-15:44 que les enquêteurs ont trouvé "une multitude" de traces de pas ensanglantées appartenant à EB et au docteur. Cependant comme nous l'avons vu, rien dans la descriptions que les deux hommes donnent de leurs propres faits et gestes sur la scène du crime, n'explique l'existence de ces empreintes: EB en découvrant sa fille morte appelle au téléphone le dr Micolle et celui-ci dit que quand il est arrivé EB était sur la terrasse. Le docteur quant à lui dit qu'il a pris le pouls de Marine et qu'il a dit à EB "Ne touche à rien". On peut donc penser que lui non-plus n'a touché à rien. Alors si les empreintes sanglantes des deux hommes n'ont pas été faites après le décès de Marine, c'est qu'elles ont été faites dans l'acte même de l'homicide; c'est pourquoi contre toute logique EB a "fait venir" le dr Micolle, pour que ses traces de pas dans le sang aient une explication innocente, mais malgré tous les efforts il n'y en a pas.

    On relève une erreur de logique de la part des enquêteurs, car ils innocentent EB et le docteur uniquement parce que ces derniers étaient sur la scène du crime après le décès de la victime et parce qu'il y a une trace de pas non-identifiable. Encore faut-il qu'ils puissent expliquer précisément comment EB et le docteur ont pu laisser leurs empreintes ensanglantées, et prouver qu'ils n'étaient pas sur la scène du crime PENDANT qu'il avait lieu! Car a priori des traces de pas ensanglantées sont très incriminantes.
  9. LA TRAHISON DE GAËL THIVENT: Dans le reportage et aussi sur le forum de France2 qui a l'a diffusé, on apprend que Gaël était le meilleur ami de Marine, qu'ils faisaient leurs devoirs ensemble etc. L'attitude de Gaël durant sa brève intervention (21:37 à 21:53) nous a convaincu qu'il a trahi la jeune fille pour rendre possible son assassinat. Le détail le plus frappant c'est que pour évoquer l'homicide dans des circonstances particulièrement horribles de sa meilleure amie, il ne dit rien d'autre que "les faits", et tellement vite qu'on a du mal à comprendre de quoi il parle, comme s'il avait hâte de se débarrasser de la corvée d'évoquer cette mort. Deux syllabes, pas plus, et une expression pudiquement vague sans même prononcer le nom de la victime.

    Nous pensons que c'est la honte qui empêche le jeune homme de dire simplement "la mort de Marine", par exemple. On ne peut être trahi que par un proche. Une amitié permet à chacun de connaître les goûts et le caractère de l'autre. Nous pensons que Gaël, moyennant compensation, s'est lié d'amitié avec Marine avec l'intention prédéterminée de la trahir. L'homicide est donc l'aboutissement d'un plan à long terme car en amitié on ne peut pas forcer les choses.

    "C'est quelque chose qui arrive de temps en temps quand on est au lycée..." Il zozote et sort sa langue comme un petit garçon innocent. Il veut qu'on sache que l'absence de Mme Dumas n'était pas un événement exceptionnel, au cas où on aurait pensé qu'il y avait un rapport avec le crime. ... "et voilà, les faits sont arrivés ce jour là alors que comme par hasard..." Quand on dit "comme par hasard", c'est que ce n'est pas vraiment par hasard même si cela en a l'air. Gaël a fait un lapsus freudien, laissant la vérité lui échapper! ... "comme par hasard on n'avait plus eu de cours. On avait parlé de se faire une après-midi ensemble mais ça a été... ça a été annulé finalement". Cette dernière phrase est intéressante car elle tend à dédouaner le jeune homme. Mais il ne dit pas QUI a annulé le projet de passer l'après-midi ensemble, et puisque Marine devait rencontrer Aurore à Villefranche vers 16H, elle avait tout intérêt à rester sur place. Ce n'est donc pas elle qui annulé le projet. Nous pensons que Gaël a proposé à Marine de passer l'après-midi avec elle à Villefranche pour qu'elle ne fasse pas d'autre projet, et au dernier moment il a annulé, laissant Marine avec deux heures et demie sans rien à faire, ce qui l'a forcée à rentrer chez elle.

  10. L'ABSENCE DE MME DUMAS: Comme nous l'avons dit dans les versions précédentes de ce rapport d'enquête, l'absence de Mme Dumas était nécessaire à l'exécution de l'assassinat et nous étions convaincu que la prof avait été absente du lycée à la demande de EB.

    FAITS-DIVERS. ERIC BOISSERANC : « ÇA FAIT SIX ANS ET JE NE VAIS PAS LÂCHER »
    Henri Le Roux | 19 15:34:20/12/2011
    Eric Boisseranc, le père de Marine assassinée en 2005 à Chazay d'Azergues, réagit à la mise en examen de l'ex-petit ami de sa fille, Ludovic Pierrefeu, interpellé le 17 décembre... ©DR

    «J'ai été prévenu de son interpellation par le procureur qui m'a appelé samedi dans la nuit, vers 23h30. On attend ça depuis quelques années. Je suis partie civile, donc j'ai accès au dossier. Il y a environ trois ans, en épluchant les dépositions, on a découvert un témoignage, qui comme par hasard, n'avait pas retenu l'attention des enquêteurs. On parlait à l'époque de la piste Moitoiret, mais je sais que Marine n'aurait jamais ouvert à un inconnu, surtout si elle était seule. C'est la seule personne qui savait qu'elle n'avait pas cours ce jour-là, même moi je n'étais pas au courant que son lycée était fermé. Depuis le départ, j'ai toujours eu la conviction que le coupable était quelqu'un de proche. Il y a quand même des présomptions fortes qui portent à croire que c'est lui. Il a très mal vécu leur séparation, d'autant plus que ses parents venaient de se séparer. Chez quelqu'un de psychologiquement faible, ça peut faire des dégâts. Je suis satisfait parce que si c'est lui, il ne pourra pas le refaire et qu'il sera jugé. Mais je restes très, très prudent. Il y a 99% de chances que ce soit lui mais il y a toujours 1% dont on n'est pas sûr. J'ai confiance en la juge qui instruit le dossier, on attend le verdict. J'ai été tellement échaudé, plusieurs fois... Ça fait six ans et je ne vais pas lâcher.»

    Sur le forum de France2 consacré à cette affaire, il paraît que le mari de cette dame était décédé et que c'est pour assister à ses obsèques qu'elle a été absente. Nous avons demandé en message privé à un membre nommée "Rhodanienne" qui se disait amie de Marine s'il lui était possible de vérifier. Ce membre nous a répondu:
    "Jean Dumas, le mari de la prof, est décédé le 6 Octobre 2005 et enterré le 11 au cimetière paysager d'Ouilly (Villefranche). Info fournie par une des ses anciennes collègues ayant assistée aux funérailles en l'église de Gleize (agglomération de Villefranche). La classe a été avertie de son absence, la veille au matin. (Le 10 oct 2005)... Oui, j'ai tout vérifié en me rendant au cimetière paysager. J. Dumas né le 9 Mai 1938- décédé le 6 Oct 2005, enterré au pavillon dit "les Charmilles" Si ce membre dit vrai, notre scénario devient boiteux. Mais le membre dit-il la vérité? La question n'est pas superflue car après avoir participé aux forums "Non élucidé" pendant quelques mois en suivant trois ou quatre affaires, nous avons constaté qu'il y a des tabous, à savoir, l'interdiction de soulever l'hypothèse de la culpabilité de certaines personnes. Sur le forum consacré à Marine, l'interdit s'applique à EB. Chaque fois que nous faisions une observation susceptible de faire avancer l'enquête, certains membres réagissaient de façon hostile ou noyaient nos propos dans un torrent de verbiage, si bien que nous avons abandonné complètement ces forums. Cependant ils peuvent être utiles pour déceler quels faits les membres souhaitent dissimuler. Car au final, ces forums semblent être fréquentés en majorité par les coupables en personne et leurs complices, se cachant derrière plusieurs identités!

    Au cours d'une interview parue dans Le Progrès le lendemain de l'arrestation de Ludovic Pierrefeu (encadré), EB fait plusieurs déclarations intéressantes. Il dit qu'il a accès au dossier en tant que partie civile, alors comment se fait-il qu'il dise "... même moi je n'étais pas au courant que son lycée était fermé." alors que tout le monde, y compris le public, sait que c'est seulement la classe qui avait l'après-midi libre en raison de l'absence de Mme Dumas. Il s'agit d'un mensonge pour faire croire qu'il ne connait pas Mme Dumas et qu'il n'avait pas la possibilité de préméditer ce crime, mais ce n'est pas un mensonge crédible: six ans après le crime, s'il est innocent, il devrait avoir pris connaissance de cette circonstance qui a rendu le crime possible.

    Il dit aussi que L. Pierrefeu "était la seule personne qui savait qu'elle n'avait pas cours ce jour-là," mais c'est faux puisque tous les camarades de classe de Marine et le personnel du lycée le savaient, y compris Gaël. EB dit-il cela pour protéger Gaël? On notera que dans ces quelques phrases EB lui aussi utilise l'expression "comme par hasard" et on voit bien qu'il veut dire que les enquêteurs ont délibérément ignoré le témoignage.

    Il évoque Moitoiret comme un suspect auquel il ne croit pas, pourtant quand il a su que l'homme était mis en garde à vue dans cette affaire, il a tenté de faire peser davantage les soupçons sur lui en disant que le chaton de Marine avait disparu le jour du crime. Le reste de ce qu'il dit est encore un tissu de mensonge.

  11. LA RUPTURE DE MARINE AVEC LUDOVIC: Si le jeune homme pouvait confirmer que la décision de Marine de rompre leur relation amoureuse l'avait pris au dépourvu (ce qui expliquerait pourquoi il l'avait "mal vécu",) nous pourrions alors envisager que c'est EB qui avait poussé Marine à rompre avec le jeune homme afin que ce dernier, ayant un mobile apparent, soit le suspect n°1 du crime à venir. Ainsi sans le savoir, en acceptant de trahir son petit ami en échange des biens matériels promis par son père, Marine aurait signé son propre arrêt de mort.

  12. HOMOSEXUALITÉ: Il nous semble que les deux médecins ainsi que l'ami de Marine Gaël Thivent sont homosexuels. Il est possible que ce soit l'un des médecins qui ait recruté Gaël après avoir fait sa connaissance dans le milieu gay de la région.

  13. CONTRADICTIONS: Comme disait un détective du FBI, une contradiction c'est presque aussi bon qu'un aveu. Au cours du reportage nous avons relevé les suivantes:
    -la tête de Marine: à 11:55 ApdA dit que EB "se souvient" qu'il avait juste poussé le sofa pour "dégager" la tête de Marine, mais à 7:20le dr Estanove qui est arrivé à 17H08 dit qu'il a trouvé Marine "la nuque posée contre le bord du canapé".
    - contradiction entre le mobile apparent et le mode opératoire (crime passionnel d'opportunité), les actes de EB durant l'enquête, où il semble croire à la culpabilité des divers suspects (L. Pierrefeu, le SdF, Moitoiret...), et ce qu'il dit tout à la fin du reportage à 1H28': ""C'est pas quelque chose qu'on puisse faire sur une impulsion; ça s'est préparé, c'est pas possible, donc il y a quelqu'un qui doit savoir." Il serait intéressant dd l'entendre développer cette idée de préméditation.

III- ATTITUDE DE EB AU COURS DE L'ENQUÊTE

Chaque fois que les enquêteurs ont mis quelqu'un en garde à vue, EB a abondé dans le sens des autorités pour accabler le suspect. Ainsi il a accablé l'ex petit ami de Marine notamment en disant qu'il était psychologiquement fragile. Quand les soupçons se sont portés sur le SdF, parce qu'une mallette SANOFI avait été trouvée dans sa chambre, EB a prétendu qu'une mallette SANOFI avait disparu de chez lui depuis le crime. Quand les soupçons se portèrent sur Moitoiret et qu'on apprit qu'il aimait les chats, EB a déclaré que le chat de Marine avait disparu le jour du crime. Cet empressement à accabler les suspects à tour de rôle en faisant de fausses déclarations (entrave à la justice?) est un fort indice que EB est coupable de l'homicide. Il a été en effet prouvé que la mallette SANOFI qu'il disait avoir constatée manquante à son domicile après le crime, ne pouvait être celle trouvée chez le SdF car cette dernière était de fabrication postérieure au crime.

IV- MOBILE

Sur le Forum de France 2 nous avons appris que EB avait de sérieux problèmes d'argent, qu'il se disputait fréquemment avec son épouse à ce sujet. Nous pouvons penser que l'assassinat de Marine devait améliorer la situation financière de EB. Avait-il souscrit une assurance décès sur Marine? Nous savons qu'après le crime EB a créé une SARL mais l'origine du capital social est inconnue. L'hypothèse d'une assurance décès correspond bien avec le caractère très étalé dans le temps de la mise en oeuvre du crime, y compris la formation de l'amitié de Marine avec Gaël un peu plus d'un an avant le crime.

Un autre mobile financier serait la protection d'un trafic de médicaments (analgésiques et anxiolytiques) mais il n'y a aucun indice de cela dans le reportage ni la presse. Si Marine avait découvert que son père se livrait à un tel trafic, et s'il avait voulu la tuer pour protéger son trafic, il n'aurait pas pu attendre un an que s'établisse l'amitié avec Gaël, si ce jeune homme est vraiment le traître que nous pensons. Ou alors EB a gâté sa fille (Forum France 2 dit que c'est elle qui avait le plus d'argent de poche) pour l'amadouer afin qu'elle garde le silence, tout en préparant sa perte.

Paris, le 19 novembre 2014.

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