PRÉSENTATION ET HISTOIRE DU SITE

A l'époque de la création de ce site je cherchais un moyen de dire au public ce que mes avocats m'avaient empêchée de dire en tentant de me suborner. Une telle violence psychologique faite à quelqu'un qui a échappé de justesse à une mort horrible a fait naître en moi un désir extrême de crier la vérité sur les toits.

Mais même avant cet événement déclencheur, j'ai souffert de violences morales et physiques, et ceci du seul fait de ma famille car je n'ai jamais porté atteinte aux droits de quiconque, et pour rester impunis les membres de ma famille ont contrecarré tous mes efforts pour obtenir justice. La corruption fait partie de leurs tactiques de même que les menaces voilées et le terrorisme, c'est pourquoi toutes mes démarches pour porter plainte ont été vaines. J'ai eu plusieurs avocats et ils m'ont tous trahie aussi.

Ce site est donc le seul moyen à ma portée pour témoigner tant que personne en position d'agir ne mettra fin à cette situation révoltante où c'est la victime qui est emprisonnée et les coupables qui sont en liberté.

Ce site contient vingt ans (1993-2013) de vie racontée sous forme de journal, et des événements antérieurs racontés sous forme de mémoire. Dans les deux cas c'est un témoignage sobre, direct et circonstancié, illustré par des pièces écrites, des photos et tous autres médias disponibles.

Histoire du site: Le 11 janvier 1999 à New York, NY USA, sur un ordinateur de la bibliothèque de mon quartier, je me suis inscrite sur Geocities pour avoir mon propre site internet. A l'époque l'hébergeur offrait un espace gratuit de 5MB et en contrepartie affichait de la publicité sur les pages de ses invités.

Geocities cherchait à créer une communauté de webmasters et à les grouper par centres d'intérêt afin de former des "quartiers" comme en ville pour qu'ils se rendent visite et génèrent du trafic, dans le but d'attirer les annonceurs payants. Moi j'étais intéressée par la philosophie et le droit c'est pourquoi je me suis retrouvée à Athènes avec d'autres philosophes. Mon adresse était geocities.com/Athens/Thebes/8889. Si vous avez cliqué sur le lien vous avez été redirigé aussitôt sur ma page d'accueil.

En juin 1993 j'avais repris l'écriture de mon journal après un hiatus de plusieurs années mais au lieu de noircir les pages d'un cahier, j'avais maintenant un ordinateur bien à moi et Wordperfect/DOS, le logiciel de rédaction préféré des avocats new-yorkais. Cependant je me suis rendu compte que mon ordinateur était épié et que ce que j'écrivais n'était pas privé même avant que je ne le publie sur mon site, alors j'ai repris la bonne vieille méthode d'écrire à la main sur un bloc notes les pensées que je voulais garder secrètes.

Le soir-même de mon inscription, juste après que j'eusse éteint la lumière à minuit pour dormir, une auto s'est soudain embrasée devant ma fenêtre du rez-de-chaussée. C'était du jamais vu. Aux USA il y a la culture des armes à feu, on règle ses comptes à coup de revolver, on ne torche pas les voitures. En France, oui, mais pas aux States. Celle-là s'est consumée sans que personne n'intervienne. Et le lendemain, alors que j'attendais devant la porte l'ouverture de la bibliothèque pour travailler sur mon site, un homme à côté de moi que j'ai d'abord pris pour un de ces malades mentaux SDF qui hantent les rues et les bibliothèques de New York grommelait dans sa barbe et comme il n'arrêtait pas j'ai éssayé de comprendre ce qu'il disait. "I'm going to shoot you!" Voilà ce qu'il disait sans arrêt, avec des variations. Je n'ai pas tout de suite fait le rapprochement avec mon site internet, je ne savais pas qu'il s'adressait à moi personnellement. C'est seulement bien des années plus tard qu'ici à Paris, en triant des papiers j'ai relu cette page de mon journal et alors j'ai compris que la voiture brûlée et ces menaces étaient en réaction à la création de mon site. En cliquant sur l'image ci-dessous vous verrez la page entière et une transcription. Pour voir la rue, l'immeuble où j'habitais et "mes" fenêtres c'est ici.

Par la suite, quelle que soit la bibliothèque où j'allais travailler sur mon site, j'étais la cible de harcèlements très pénibles de la part du personnel aussi bien que des usagers, à New York et aussi à Paris. Ce fut un soulagement quand je pus avoir une connexion à domicile.

Donc quand j'ai créé mon site chez Geocities j'étais poussée par la soif de justice. J'avais l'intention farouche de mettre en ligne le récit de mes tribulations et de dénoncer ("to expose") les avocats qui m'avaient flouée. Internet m'est apparu comme la manifestation d'une force bienveillante qui voulait m'aider et j'ai saisi l'occasion comme une bouée de secours quand on se noie. J'avais déjà cinq bonnes années de matériel littéraire à mettre en ligne, il n'y manquait que les balises HTML. Je n'avais pas encore de connexion internet chez moi.

J'ai écrit en anglais jusqu'en 2008. Depuis, ayant retrouvé une certaine aisance avec ma langue natale, j'écris en français.

Quand j'ai créé le site l'histoire principale était "Operation Roadkill" c'est pourquoi dès le début j'ai choisi pour la page d'accueil de mon site un fond de couleur gris-vert et des lettres jaunes et blanches pour évoquer l'asphalte et les marquages de surface.

En 2009 Geocities a été supprimé par Yahoo qui l'avait racheté dix ans plus tôt. Pour faire survivre leur site, les webmasters pouvaient le faire migrer sur le serveur de Yahoo moyennant des frais d'hébergement. C'est ce que j'ai fait et j'apprécie la complète absence de publicité.

A l'époque de la création de mon site, les blogs n'existaient pas encore. Les sites consacrés au crime existaient, mais ce n'était pas des sites sérieux. Ils étaient caractérisés par un look macabre, avec des lettres en forme de lames de poignards et du sang partout. Je n'avais jamais vu de site où le webmaster racontait sa vie, c'était mon idée à moi. Ce n'est qu'au mois d'avril suivant que la formule blog fit son apparition aux Etats Unis et il fallut encore trois ou quatre ans pour que le phénomène atteigne l'ampleur d'une culture. J'étais donc une pionnière dans le genre du récit personnel sur internet, et j'ai préféré conserver le format avec lequel j'avais commencé, continuer à faire mon codage minimaliste "à la main" et rester à l'écart de la grande vague du blog, du "site perso" et des réseaux sociaux.

Bonne lecture.

Paris, le 3 avril 2013.

P.S.: Mais n'en restez pas là! Faites quelque chose! Car j'ai besoin qu'on m'aide à sortir de là, et je ne vous demande pas d'argent, mais du courage. Ne comptez pas sur quelqu'un d'autre pour faire ce qu'il faut. Car comme disait l'homme d'état irlandais Edmund Burke, ¨Pour que le mal triomphe, il suffit que les bonnes gens ne fassent rien."

Paris, le 10 octobre 2013

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