Journal de la Femme à Abattre



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Paris, Mars 2009

Mardi 3 mars 2009: email envoyé à Me Gouet-Jenselme, au cabinet d'avocat où Me Brane exerçait avant d'être blessé par un colis piégé:

Cher Maître,
Pourriez-vous me dire si vous avez donné suite à mon envoi de documents? Je ne puis vous cacher plus longtemps la situation critique dans laquelle je me trouve et j'avoue que j'avais placé en vous l'espoir de pouvoir me sortir de captivité. Je ne veux pas passer le reste de ma vie à être empêchée de porter plainte, et à subir les violences des membres de ma famille.

Les papiers que je vous ai envoyés en pdf contiennent la preuve que l'objet de l'appel fictif était de camoufler des crimes préexistants dont j'avais été victime en donnant aux déclarations mensongères qui s'y trouvent l'autorité apparente de la "res judicata". Il ne restait plus, après avoir usurpé l'identité de Me Brane, qu'à l'empêcher de parler, ce qui explique le colis piégé.

Depuis notre conversation téléphonique de fin janvier j'ai reçu des menaces extraordinaires, et j'ai même été empoisonnée par du thé: j'avais acheté une boîte de thé Twinings en vrac et la première fois que je m'en suis servie le samedi 21 février j'ai vu que le sceau de papier aluminium était brisé. Dès le lendemain je souffrais de symptômes assez bénins qui se sont aggravés au cours de la semaine. Hier j'avais tout le corps, à part les jambes et le visage, couvert d'urticaire et les démangeaisons m'ont empêchée de dormir toute la semaine.

Dimanche dernier j'ai appelé le centre anti-poison et expliqué ce que je viens de vous dire au sujet du thé, et décrit mes symptômes, et après m'avoir mise en attente quelques minutes la femme qui avait répondu à mon appel m'a dit que ce n'est certainement pas un empoisonnement, que c'est probablement une attaque virale et que ce n'est pas la peine de conserver le thé ni de le faire analyser!

Voilà un exemple de plus qui prouve que toutes mes communications sont surveillées. C'est pourquoi vous êtes la seule qui puisse agir en ma faveur car nous avons des intérêts communs. En agissant pour faire la lumière sur l'attentat contre votre collègue vous me délivrerez.

Je ne veux pas dramatiser ni être mélodramatique mais je vis dans l'isolement le plus complet, et mon état de santé empire petit à petit car ma famille ne me laisse pas recevoir les soins dont j'ai besoin. Ainsi depuis début 05 je ne peux me déplacer sans béquilles suite à une agression dont j'ai été victime le 31 dec. 04 et du fait que les diverses fractures et lésions n'ont pas toutes été traitées; j'ai perdu un bridge dentaire en juin 06 et n'ai pu recevoir de soins pour le re-sceller; j'ai pris beaucoup de poids à cause de l'immobilisation qui résulte de mon handicap moteur, je ne peux pas avoir de lunettes de prescription, et maintenant je me remets de mon empoisonnement récent avec les moyens à ma disposition.

N'ai-je pas assez souffert?

Recevez, cher Maître, mes salutations distinguées.

Brigitte Picart

Me Gouet-Jenselme me répond qu'elle a fait suivre tous mes emails à son contact chargé de l'enquête à la PJ.

Me revoilà à mon journal avec l'impression de retrouver un vieil ami. Heureuse de voir que je n'ai pas perdu l'habitude du fonctionnement, je suis même devenue encore plus rapide à faire les différentes manips et à faire le codage supplémentaire pour passer à une nouvelle année.

C'est à cause de mes efforts pour communiquer avec d'autres personnes sur différents forums que j'ai relâché ma discipline journalistique ces derniers mois. J'ai tenté Doctissimo, puis les Questions/Réponses sur Yahoo, puis mr2pac.com, le forum en français consacré à Tupac Shakur, mais j'ai été déçue partout, alors me revoilà. J'ai compris mon erreur, et "ferai plus" comme on disait quand on était petit.

Il faudrait que j'explique qu'en janvier dernier j'ai reçu un petit colis anonyme et que j'ai eu peur de l'ouvrir, pensant qu'il était peut-être piégé (on ne sait jamais, avec la famille que j'ai!) Alors je ne l'ai pas ouvert, j'ai contacté le transporteur GLS pour savoir qui avait envoyé ce colis. C'était Zürcher-Stalder, le fournisseur suisse de fil pour tissage à qui j'avais passé commande en octobre dernier. Je leur ai envoyé un email demandant ce que le colis contenait mais ils ne m'ont pas répondu, ce qui a accru mon inquiétude.

Je me souvenais du terme "mail bomb" en anglais depuis l'affaire de Ted Kacszynski qui en avait envoyé à plusieurs profs d'université et avait finalement été identifié par son frère en 2001 à cause de son style d'écriture dans le manifeste que Ted avait exigé que la presse publie. Son manifeste avait été publié par le New York Times et comme je le lisais tous les jours j'étais au courant, et l'événement était encore assez frais dans ma mémoire. Donc j'ai utilisé l'expression "mail bomb" dans un moteur de recherche et me suis renseignée sur plusieurs sites anglophones et c'est seulement quelques jours plus tard quand le terme français m'est revenu en mémoire: "colis piégé", que j'ai fait une recherche sur les sites francophones. Et là, surprise! J'ai appris que l'avocat de ma soeur Sophie avait été victime d'un colis piégé en décembre 2007, qu'il avait été sérieusement blessé au visage et à la main, et que sa secrétaire était, elle, morte de ses blessures!

En effet l'avocat s'appelle Olivier BRANE et ce nom peu commun me disait quelquechose et je me suis tout de suite souvenue que Sophie l'avait nommé et en cherchant un peu dans des emails qu'elle m'avait envoyé et dans des papiers juridiques qu'elle m'avait transmis, j'ai trouvé le nom de cet avocat.

Dès le lendemain j'ai appelé le cabinet Gouet-Jenselme où il exerçait. J'ai appris qu'il n'y travaillait plus. Est-ce que ses blessures l'ont rendu incapable de travailler? Sa blessure au visage l'a-t'elle défiguré au point qu'il ne peut plus avoir de clients ou se montrer au tribunal? Je ne sais. J'ai demandé que Maître Catherine Gouet-Jenselme me rappelle. Elle l'a fait le surlendemain, quelques heures après que les gendarmes soient venus chez moi ouvrir le colis suspect, qui ne contenait qu'une inoffensive bobine de fil de 250 grammes pour mon tissage.

En effet ma commande d'octobre dernier avait été incomplète (il y manquait une bobine de fil vert kaki et une de rouge) et le fournisseur ne m'avait pas prévenue qu'il m'envoyait une partie de ce qui manquait. Les gendarmes se sont moqué de moi, surtout la femme qui n'arrêtait pas de pouffer de rire mais je m'en foutais, je préférais une fausse alerte que le cas contraire. "Better safe than sorry" dit le proverbe. Après une semaine de tension nerveuse à me demander si j'avais une bombe dans mon appartement, j'étais à bout de nerfs quand ils sont arrivés.

Les deux hommes, un blanc et un noir, et la femme, étaient très décontractés. Je leur ai demandé pourquoi ils étaient si peu protégés, alors qu'après l'explosion du boulevard Malesherbes les flics étaient armés jusqu'aux dents et portaient des casques intégraux et des boucliers. Je leur ai dit qu'ils déployaient l'arsenal de leurs moyens après l'explosion alors pourquoi pas avant? L'homme blanc était plutôt goguenard. Je n'osais pas rester à proximité et m'abritais derrière la porte de ma chambre tout en passant la tête pour voir ce qui se passait. Quand ils ont ouvert le colis j'ai demandé ce qu'il y avait dedans. L'homme blanc a dit qu'il contenait un vibromasseur. Quel salaud! Quand ils sont repartis J'ai traité la femme de connasse car elle se tordait de rire devant la porte qu'elle n'arrivait pas à ouvrir.

Donc quand l'avocate m'a rappelée je n'avais pas la nouvelle que j'espérais lui donner: imaginez que moi aussi j'aie reçu un colis piégé, mais qu'au lieu de l'ouvrir je l'aie désarmé! Voilà qui aurait été intérressant. Mais quand même, les paperasses juridiques de Sophie, qui portaient le nom de l'avocat blessé, avaient l'air aussi authentique qu'un billet de trois euros, alors je lui ai dit que l'appel avait l'air bidon, et que j'étais sous surveillance, et que j'étais empêchée de porter plainte, et que j'étais victime de crimes, mais je n'osais pas me lancer dans des explications.

Elle m'a dit d'un ton morne qu'elle ne voyait pas le rapport mais je lui ai dit que c'était quand même une étrange coïncidence, que les papiers d'appel de ma soeur portent le nom de l'avocat qui avait été blessé et que ces papiers aient l'air d'être des faux. J'ai fini par lui dire "Ce n'est peut-être qu'une coïncidence, mais on ne sait jamais!" et la conversation a pris fin. Cette conversation a eu lieu le 28 janvier.

COLIS PIÉGÉ, suite en avril 09
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