Journal de la Femme à Abattre



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PARIS, MAI 2009

Martin Cohen, le fondateur de Latin Percussion, avec qui j'ai ré-établi contact il y a quelques jours tout d'abord grâce à un commentaire sur une de ses vidéos SUR Youtube (Martincongahead), et ensuite par email, me demande de l'aider à trouver un hôtel pour son prochain voyage à Paris.

A la poste un type noir en costard se tient debout à côté du distributeur de tickets et au lieu de me laisser me servir il appuie sur le bouton et me donne un ticket. Cinq minutes plus tard le numéro affiché dans la série dont je fais partie n'a toujours pas changé. Je remarque alors que le guichet o^d'habitude on retire les instances est fermé. Je demande au type pourquoi kil m'a donné le numéro d'une série qui est interrompue faute de personnel au guichet et il me répond que ça n'a rien à voir, que les autres employés peuvent très bien appeler les numéros de cette série, mais ils ne le font pas. Comme il m'a rabrouée je me suis rassise, puis après encore deux ou trois minutes je me lève et prends un numéro dans la série qui avance mais le noir en costard se précipite, me reproche de prendre un numéro dans la mauvaise série et insiste pour que je lui rende le ticket que je viens de prendre. Je m'énerve et lui montre que depuis mon arrivée le numéro est toujours le même, finissant en 45 alors que mon numéro finit en 49, et je lui montre le guichet fermé, et à nouveau il me dit que ça n'a rien à voir. Finalement un employé ouvre le guichet et appelle mon numéro immédiatement. Je n'ai pas mentionné les nombreuses autres mesquineries et cruautés qu'ils m'ont infligées car c'est quasiment à chaque fois que je vais à la poste une nouvelle méchanceté. J'ai cette fois-ci l'impression qu'ils essaient de me communiquer un message de désapprobation au moyen de la technique dite du "renforcement négatif" si chèr à ma mère, qui lui a permis d'obtenir un changement de comportement dans des domaines de ma vie privée sans avoir à dire un seul mot. Moi j'appelle ça du terrorisme. Il me semble que c'est parce que je suis en train d'échanger des emails avec Martin Cohen.

Mer. 13: recherche hotel pour Martin Cohen. Sortie shopping, nouvelle pile pour ma montre. Trébuche sur le paillasson à l'entrée de la bijouterie-horlogerie. Le propriétaire est sur le point de sortir et tend le bras de façon symbolique pour montrer qu'il veut m'aider mais son apillasson est mal installé et en plus il est fendu, ce qui a causé mon faux-pas.L'employée met longtemps à changer la pile alors je m'asseois, puis elle fait s'envoler une plaque de sa machine et dit que je dois me lever pour qu'elle puisse la ramasser derrière moi. Je viens à peine de m'asseoir et elle me fait relever alors qu'elle sait bien que c'est pénible et elle n'offre aucune excuse.

Courses Monoprix. Quand je demande que la livraison n'ait pas lieu avant 17h car je dois encore faire des courses avant de rentrer chez moi, il faut corriger la feuille de livraison. L'un des 2 jeunes gens (arabes) me rassure, disant que je peux prendre tout mon temps (il n'est que 15h30). Rien d'intéressant chez Toto.

Sur le chemin du retour une feme assez jeune s'approche par derrière et me dit que mon sac à dos est ouvert. Je m'arrête et je sens qu'elle fait glisser la fermeture éclair d'un côté, mais très peu. Puis elle passe devant moi. Je lui demande si le sac était béant mais c'est après réflexion que je me dis qu'elle a en fait très peu fait avancer la fermeture. Mais bon, apparemment j'ai oublié de fermer l'un des côtés. Bizarre. Il m'est déjà arrivé une fois d'oublier de fermer le sac, mais là c'était les 2 côtés, et le sac était béant. La femme me donne un sourire bienveillant en repartant.

Rentrée chez moi je garde mes vêtements de sortie et attends la livraison Monoprix en me reposant sur mon lit environ 30mn. Puis me lève pour faire du thé. Coup de téléphone. C'est le livreur de Monoprix. Il me dit que je me suis trompée sur la feuille de livraison, j'ai mis le mauvais numéro de rue, 13 au lieu de 32, et il a dû appeler son collègue qui se souvenait de mon adresse. Maintenant il est dans l'escalier, il arrive. Mais alors pourquoi a-t'il appelé son collègue pour lui demander mon numéro de rue au lieu de m'appeler moi?

J'entre ouvre la porte en laissant la sécurité. J'hésite à vrai dire, entre la laisser et l'enlever. Je demande à voir la feuille où j'ai inscrit mon adresse. Je vois qu'en effet il y a le numéro 13 à l'emplacement du numéro de rue. Ce chiffre me met sur mes gardes. D'autant plus que je trouve très douteux que j'aie pu me tromper sur ce numéro. Il me semble que les chiffres 13 de l'arrondissement et de la rue sont exactement les mêmes, ce qui est inhabituel pour des chiffres écrits à la main, comme s'ils avaient été photocopiés et collés. Mais bon, je ne vais pas en débattre maintenant.

Je rends la feuille au livreur et lui demande de laisser mes courses sur le pas de la porte. Il me redit que je me suis trompée, que le numéro 13 n'existe pas... Je lui demande d'attendre pendant que je vais lui chercher un pourboire. Il le refuse. "Ce qui m'intéressse, maintenant,(sic) c'est de rentrer déposer ces courses chez vous, car elles sont lourdes." on dirait qu'il voulait, au moyen de cet argument du numéro de rue erronné qui me montre en faute, que j'accède à son désir d'entrer chez moi. Mais je me dis, même si je me suis trompée, ce n'est pas une raison pour le laisser rentrer chez moi. Il n'y a pas de lien logique alors il essaie de faire un lien émotionnel. Après que j'aie proposé une 2ème fois de lui donner un pourboire sans le laisser rentrer il le refuse et s'en va.

L'acheteuse ebay du pull continue à me harceler.

Jeudi 14 Martin m'envoie un email demandant mon avis sur un hôtel. Il se trouve que j'avais visité le site de cet hôtel quand j'ai fait ma recherche mais n'ayant pas appelé car j'ignorais les dates de voyage de Martin, je ne pouvais confirmer s'il avait une chambre pour 3 et ne l'avais pas proposé avec les 2 autres.

Martin me fait suivre la lettre de l'hôtel qu'il a reçue par email, disant que la chambre pour 3 est retenue pour 2 jours en attendant son paiement ou désistement, et je vois que la pré-réservation est pour seulement 3 jours, ce qui semble très court pour un voyage transatlantique.

Je réponds à Martin que l'hôtel m'a l'air très bien et est dans un très bon quartier, et lui demande s'il ne va rester à Paris que 3 jours, mais il n'a pas répondu depuis alors que nos échanges précédents étaient au rythme de 2 par jour.

Je crois comprendre que la personne qui surveille mes activités sur internet a décidé de contacter Martin pour qu'il cesse tout contact avec moi. En effet nous avions fait le projet de nous rencontrer lors de son séjour dans la capitale et cela aurait sans soute déplu aux personnes qui préfèrent que je reste incommunicado.

Je crois que mes soeurs, frères et mère se sentent en danger dès que je fais quelquechose qui me met en contact avec des personnes qu'ils ne connaissent pas. Et j'ai l'impression que ma discussion sur le lien possible entre l'élection d'Obama et l'assassinat de Tupac ne leur plaisait pas du tout non plus alors ils ont fait appel à leurs copain à la mairie de Paris pour qu'il fasse passer devant chez moi des engins lourds et bruyants, en signe de désapprobation. Ce n'était pas la première fois. J'ai bien remarqué que dès que je fais quelquechose qui les fait se sentir en danger, y compris écrire, ils essaient de me faire abandonner mon activité avec un surcroît de méchanceté, cruauté chez les commerçants ou les passants ou les clients. Bien sûr cela ne peut être que des inconnus puisque je ne connais personne.

Si cette histoire était médiatisée on parlerait de situation médiévale. C'est quand même exceptionnel d'empêcher quelqu'un de recevoir des soins médicaux et dentaires, d'emprisonner quelqu'un de cette façon, sans vraiment l'empêcher de sortir mais en l'isolant complètement grâce à une surveillance totale. Avec la complicité de tout l'entourage, locataires de l'immeuble compris, qui doivent y gagner une réduction de loyer.

Encore quelques jours et ce sera le 19ème anniversaire de l'attentat au bus à New York.

Lundi 25 j'ai entendu un marteau piqueur démarrer dès 9 heures du matin. En mettant le nez à la fenêtre j'ai vu que juste devant la vitrine du restaurant trois hommes et une petite pelleteuse étaient à l'oeuvre. En fin de matinée une tranchée etait creusée, faisant toute la longueur de la vitrine et atteignant en profondeur de la tuyauterie. Le remblai avait été enlevé et L'après-midi il ne s'est rien passé, ni le lendemain. Mercredi matin non plus.

Je suis sortie faire des courses l'après midi. En descendant l'escalier j'ai entendu des voix, et en arrivant vers le rez-de-chaussée j'ai vu deux hommes, un d'âge moyen, africain, et un autre plus vieux, à cheveux blancs assez hirsutes, blanc. Je leur ai dit bonjour et leur ai demandé ce qu'ils faisaient car il y a eu beaucoup de travaux récemment au sous-sol comme l'atteste le chant de la perceuse contre le béton à longueur de journée ou presque au cours des trois derniers mois. Ils ne m'ont pas répondu alors j'ai renouvelé ma question en disant que cela m'intéresse, et le blanc m'a répondu "Oh, des misères... Non, nous travaillons pour EDF et nous travaillons sur le branchement" et en disant cela il me montre une gerbe de fils électriques qui semblaient en effet monter du soust-sol dans une gaine bleue et aboutir à une plaque fixée au mur, juste au pied de l'escalier à côté de l'interrupteur de lumière. D'ailleurs le noir tenait une planchette à la main qu'il était en train de percer apparemment pour remplacer l'ancienne planchette qui sert de base au tableau électrique (je suppose???)

Les portes du local poubelle et de la cave étaient à nouveau ouvertes, et je n'ai pas bien compris si c'était parce que les deux hommes avaient besoin d'accéder à la cave. En tout cas les poubelles étaient, une fois encore, dans l'entrée, où l'éclairage naturel révélait leur saleté et sans parler de leur puanteur.

En sortant j'ai marché sur une grande plaque de métal à croisillons en relief qui était placée juste devant l'entrée de l'immeuble contre la marche et juste à côté de la tranchée. C'est le genre de plaque qu'on utilise sur des accidents de terrain pour faciliter la circulation.

Je suis allée tout d'abord à M13 juste à côté, puis à la poste j'ai retiré la convocation à l'assemblée générale ordinaire des copropriétaires, puis à la Maison des Thés avenue d'Ivry pour acheter du Lapsang Souchong puisqu'il n'y en a plus à Monoprix. Là j'ai fait des achats d'impulsion, mea culpa mea maxima culpa!!! Je me suis laissée tenter par une petite mesure en bois de la taille d'une petite cuillère, et aussi une petite passoire en métal avec un manche en bambou. Oh là là! Une dépense imprévue de 15 euros. Heureusement que je n'ai pas eu mon impulsion chez Cartier!

Après je suis allée à Monoprix om j'ai trouvé les haricots verts que je n'avais pas trouvés chez mon marchand de primeurs habituel. J'ai fait quelques provisions et regardé les sacs à main et les chapeaux pour me mettre au courant de la tendance sans rien voir de très alléchant mais cela faisait très longtemps que je n'avais pas regardé ce genre d'accessoires.

Une vieille salope à la solde de Monoprix avait placé des caddies sans système de fixation dans les deux rangées de caddies juste avant que j'arrive de sorte que j'ai dû en retirer un pour pouvoir récupérer mon euro de consigne et comme ce sont de très grands caddies, ce n'est pas très facile. Et elle a eu le culot en plus de m'appeler "monsieur" alors je l'ai, moi aussi, appelée "monsieur" quand je lui ai dit merci pour m'avoir aidée à retirer le caddy sans fixation.

Un des livreurs de la dernière fois était là mais il a gardé son visage hors de vue, n'offrant que sa nuque à mon regard.

Au retour j'étais fatiquée d'autant plus que j'avais en plus de mon sac à dos, un sac en plastique à la main, qui ballottait contre ma béquille et me gênait pour marcher. Aussi je me suis ravisée en face de l'immeuble et ai décidé de m'offrir un dîner au restaurant d'à-côté au lieu de monter tout de suite chez moi. L'homme blanc était justement en train de refermer les deux battants de la porte d'entrée et il m'a demandé si j'entrais.

Enfin il me semble que c'était le même homme blanc que j'avais vu au pied de l'escalier à l'aller, mais je n'avais pas vu son visage, je n'avais vu que ses cheveux, alors que maintenant je voyais le visage de l'homme qui refermait la porte mais il portait un couvre-chef, donc je ne sais pas si c'était le même homme. En tout cas il ne portait pas la combinaison grise avec deux paires de rayures blanches verticales sur le devant.

La serveuse du restaurant m'a joué un tour vraiment dégueu pour obtenir un pourboire plus important. Mon addition s'élevait à 18,30 euros, et en me l'apportant elle m'a demandé si je voulais un petit dessert offert par la maison. Comme le service avait été assez lent j'étais pressée de partir, mais j'ai accepté un dessert gratuit et quand je lui ai remis mon billet de 20 je lui ai dit de garder la monnaie, mais elle ne m'a pas apporté le dessert et comme j'avais envie de partir je me suis levée. Elle est venue et m'a priée d'attendre juste une minute mais j'étais décidée à partir alors elle m'a promis un dessert gratuit pour la prochaine fois. Mais en fait je suis sûre qu'elle a fait exprès de me promettre un dessert gratuit au moment où je payais pour que je lui laisse 1,70 euro de pourboire au lieu... en fait, d'habitude je laisse 1,5 ou 2 euros, alors elle ne m'a pas arnaquée de beaucoup, mais c'est la malhonnêteté qui me met en colère, et le fait qu'elle m'ait fait attendre les plats exprès pour que je sois pressée de partir. En particulier ell m'a bien fait attendre la soupe un quart d'heure ou vingt minutes et j'ai fini par l'appeler pour la réclamer, idem pour le plat principal.

Quand je suis rentrée dans l'immeuble j'ai vu que les portes local poubelle et cave étaient encore ouvertes et la lumière allumée.

Jeudi il n'y a eu aucune activité à la tranchée. Vendredi un bruit de marteau piqueur m'a fait aller à la fenêtre pour regarder. Je n'ai vu aucun marteau piqueur, mais, garé à l'angle devant le restaurant, un grand camion de service blanc-crème avec une bande de rayures obliques rouge-et-blanc à la base, et un gros tuyau noir qui en sortait et aboutissait à peu près au niveau de la porte d'entrée de l'immeuble, d'un diamètre approximatif de 10cm. Un homme blanc et blond à cheveux très courts parlait à un noir en combinaison grise à rayures blanches comme celle que j'avais vue porter mercredi, appuyé sur la barrière devant la tranchée et regardant dedans. Je pensais qu'ils allaient faire quelque chose mais j'ai regardé quelques heures plus tard et il n'y avait plus personne et rien n'avait changé.

Mais à nouveau le bruit d'un marteau piqueur me fait regarder à la fenêtre et je vois qu'un autre homme est en train de creuser au pied d'un poteau qui la veille portait un parc-mètre, et quelques instants plus tard le poteau a été enlevé et le trou bouché. Le même jour ou la veille, il y a eu aussi un élagage juste devant ma fenêtre alors que les tilleuls sont en pleine floraison. Je ne comprends pas pourquoi ils élaguent au printemps. Normalement l'élagage se fait en fin d'automne après la chute des dernières feuilles quand la sève ne circule plus dans les arbres.

Après il y avait une 4L bleu-mat avec une grosse marguerite sur le tableau de bord, bien visible d'en-haut, garée juste sous ma fenêtre avec une femme aux bras nus assise au volant.

Vers 15 heures j'ai téléphoné d'abord à Parry Immo, le syndic de copropriété mais c'est au répondeur que j'ai eu affaire. J'ai alors appelé le restaurant mais Mr Ung ne serait là que le lendemain à midi alors j'ai envoyé un email à Philippe Phung, le patron du salon de coiffure, pour lui demander ce qui se passait avec la cave et la tranchée. Il m'a dit de demander à mon frère Norbert. Curieux alors que Phung est sur place, qu'il m'envoie me renseigner auprès de mon frère qui habite à Sevran dans le 77.

Aujourd'hui samedi 30 mai j'ai appelé Mr Ung qui m'a dit que c'est la société de nettoyage qui a la clé de la cave, et qu'il a gueulé parce que la porte est toujours ouverte. Je lui ai demandé à quoi servait la tranchée, il m'a dit que c'était EDF qui l'avait creusée, mais il n'a rien dit au sujet de l'absence totale d'activité. Pourtant cette tranchée prend la place de plusieurs tables et lui fait perdre des clients en terrasse.

Parenthèse, ah, ah! Soupir de soulagement, je m'aperçois que mon français me revient. Si j'ai encore besoin de réfléchir quelques secondes parfois pour trouver un mot (barrière par exemple), la syntaxe et la construction des phrases me reviennent et je reprends plaisir à écrire dans ma langue maternelle. Je crois me souvenir, d'ailleurs, que j'éais assez bonne en la matière à l'école.

FLASHBACK 1966-1967

J'écoutais des chansons de France Gall sur Youtube. La chanson des sucettes à l'anis n'y est pas car c'était une chanson à connotation sexuelle de fellation qui n'a été révélée par le parolier serge Gainsbourg à la chanteuse que longtemps après qu'elle l'ait enregistrée. Je m'en souviens par coeur et je l'aimais bien cette chanson, sans savoir moi non plus quel était son sens caché car c'était 1966 ou 67 et je ne savais rien de la sexualité. Je me souviens que la chanson était très populaire au moment des vacances de Pâques quand nous avons fait cette "croisière" en Méditerrannée sur la vedette militaire décommissionnée de Henry Viaud. Et bon, je crois avoir compris finalement, quel était le but de l'entreprise: quand j'étais seule à bord avec Viaud à la barre, pour le retour (je crois que c'était Cassis-Bandol) sous l'orage et sur me agitée, que dis-je, il y avait une véritable tempête et les vagues étaient monstrueuses... on espérait que j'aurais le mal de mer et que je sortirais de la cabine pour dégobiller directement dans l'eau, et serais emportée par une vague. Je sais bien, je suis dure à la comprenette, il m'aura fallu plus de quarante ans pour comprendre. Ah la la, quelle tête de bois.

De même, l'été 67 où nous avons passé le mois de juillet à Nazaré au Portugal, je m'étais toujours demandée pourquoi nous n'étions montés au Sitio qu'à la fin de notre séjour, eh bien c'est encore un fois la simplicité même, voilà: la formation immédiate des couples Elisabeth-Carlos et Sophie-Rui était prédéterminée. Je m'en étais bien rendu compte car il n'y avait jamais eu de moment ou garçons et filles échangeaient librement entre eux pour s'évaluer avant de faire leur choix. Les deux couples s'étaient formés immédiatement et c'est par défaut que j'étais avec le plus moche des trois, celui qui avait deux longues dents de devant qui se chevauchaient un peu, Antonio Petinga, que Carlos appelait "keroche", ce qui veut dire "cafard" comme "cucaracha" en espagnol.Et pendant tout le temps j'étais amoureuse du beau Carlos, bien musclé et bien bronzé, car je n'avais jamais eu l'occasion de voir de près un beau garçon ni de lui parler.

En plus mon maillot de bain était une horreur, un maillot une pièce couleur sang-de-boeuf que ma mère, avec son corps de femme grande et robuste avait porté déjà pendant plusieurs saisons et qui était bien trop grand pour moi. Imaginez comment des vacances peuvent être gâchées pour une jeune fille (j'avais 14 ans) quand son maillot de bain est moche. Mais ma mère avait refusé de m'acheter un maillot neuf et j'avais la mort dans l'âme à cause de ça.

Puis il y avait eu la privation de serviettes hygiéniques quand j'avais eu mes règles (Maman disait que c'était Papa qui n'avait pas voulu en acheter mais elle n'avait rien fait pour me secourir) et j'avais dû marcher jusqu'à la plage plusieurs jours de suite avec une serviette éponge entre les jambes.

À la messe du dimanche je m'étais évanouie car nous étions debout à l'arrière, serrés comme des sardines dans une salle sans climatisation, et moi avec une serviette de toilette entre les jambes, ma première pensée quand je suis revenue à moi était de ne pas le laisser savoir pendant qu'on me transportait, tellement j'avais honte.

Un soir nos parents nous avaient emmenés "en boîte" et c'est sous leur regard que j'avais dansé -si l'on peut dire- le slow avec mon compagnon imposé, que je tenais à bout de bras tellement je n'éprouvais pas d'attraction pour lui. Et le lendemain Sophie s'était moquée de moi, elle m'avait dit que j'aurais dû le serrer contre moi et pousser mon pelvis contre le sien, comme si c'était obligatoire, et comme si on pouvait avoir envie de flirter quand les parents sont à l'affut.

Et après toutes ces misères, juste avant le grand retour nous avions escaladé jusqu'au Sitio, l'endroit qui domine la plage au nord, et qui se termine par une falaise d'environ 100 mètres.

Ben voyons, n'attendaient-ils pas que je me jette de cette falaise pour en finir avec tous ces tourments? Sinon, pourquoi n'étions-nous pas allés au Sitio bien plus tôt?

Au lieu de ça j'avais cueilli deux ou trois fleurs secouées par le vent, d'une variété spéciale que je ne connaissais pas (j'étais encore férue de botanique) et j'admirais leur entêtement à survivre. De retour à Annecy j'en avais collé une dans mon journal intime en souvenir.

Oui c'était bien en 67 que nous étions allés au Portugal car à la rentrée j'entrais en 3ème et je me souviens d'avoir rédigé "mes souvenirs de vacances" (pas les mauvais, bien sûr!) en anglais, et la prof m'avait donné une bonne note et m'avait demandé si j'étais allée en Angleterre, à quoi je lui avais répondu que non, j'étais allée au Portugal (mais Antonio et moi parlions en anglais)

Donc en 66 j'étais à St Ambroise et redoublais ma 4ème. Donc ma première 4ème était aux Tilleuls à Annecy en 65. Donc je crois que la croisière en Méditerrannée avait eu lieu pendant les vacances de Pâques en 65 car je me souviens que j'étais aux Tilleuls à l'époque. Une fois regagné mon bureau au fond de la classe je m'étais fait l'observation déçue de ce que le terme "croisière en Méditerrannée" recouvrait quand la croisière avait lieu non pas en été mais en avril et quand le bateau n'était pas un yacht mais une vedette inconfortable et surpeuplée.


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