Journal de la Femme à Abattre



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Paris, février 2010

Fin janvier j'ai commencé à tricoter une écharpe avec des alvéoles de style Aran dans la partie médiane, et une torsade de chaque côté et les bords au point de riz. J'avais vu une photo de cette écharpe réalisée par Brooklyntweed et en étais immédiatement tombée d'admiration. J'ai donc cherché les explications pour faire ce motif et j'ai trouvé les explications entières pour réaliser une écharpe presque identique.

Donc le mercredi 10 février j'étais en train de tricoter dans la matinée en trouvant le temps un peu long car cela faisait déjà une bonne dizaine de jours que j'avais commencé et je n'en étais toujours pas à mi-chemin.... quand on a frappé à la porte.

C'était un huissier portant casque sur la tête et équipement moto qui m'a fait attendre pour corriger ses papiers et enfin remis une assignation sous quinzaine. Ma mère m'attaque (encore!) mais en justice cette fois pour récupérer la somme que le notaire m'a versée fin octobre 2007. Je pensais qu'elle ne donnerait pas suite, sachant que si elle insistait et m'intentait un procès je devrais soit lui demander de me remettre le titre de propriété de l'appartement que j'occupe, ainsi que le règlement de copropriété, soit demander qu'au minimum elle réduise sa prétension de la valeur attribuée à cet appartement.

Sans trop m'inquiéter car j'ai l'habitude des coups tordus de ma mère, j'ai le lundi suivant (15 février) consulté mon code de procédure civile et il n'a pas fallu longtemps pour que je voie plusieurs points de défense. J'ai fait les copies des documents nécessaires pour obtenir l'aide juridictionnelle.

Détail important:J'ai vu que dans l'assignation ma mère prétend que mon "approbation" (de l'état liquidatif) extorquée en juillet 2002 était postérieure à la période de gestion de la succession que ma soeur Sophie souhaitait examiner. Alors si l'approbation n'avait aucune valeur de preuve dans l'action de Sophie, pourquoi diable ma mère l'a-t'elle versée au dossier et pourquoi l'avocat de ma mère l'invoque-t'il dans sa lettre du 5 septembre dernier me demandant de restituer la somme versée "par erreur"?

J'ai téléchargé une demande d'aide juridictionnelle et ai tout rempli sauf l'endroit om il faut exposer son cas. C'est seulement après avoir consulté et étudié soigneusement l'assignation et le code que j'ai pu répondre à la question "quelle solution souhaiteriez-vous à ce problème"? Et j'ai envoyé mon dossier par LRAR le 16.

Le dimanche 21 a eu lieu dans mon quartier la célébration de l'Année du Tigre, une semaine après la nouvelle lune. J'ai essayé à nouveau d'ouvrir la fenêtre de ma chambre qui était bloquée par l'humidité depuis plusieurs mois. Ce n'est pas tant que je voulais faire rentrer la fumée des pétards, mais j'en avais assez de ce blocage, d'avoir des difficultés pour changer l'air, et surtout de voir la condensation ruisseler le long des vitres. J'ai donc décidé d'y mettre les grands moyens, suis grimpée sur mon escabeau pour débloquer le haut de la fenêtre mais ça n'a pas marché alors j'ai pris un tournevis plat et un marteau et ai inséré le tournevis dans le bas de la fenêtre vers le milieu et c'est ainsi que j'ai pu l'ouvrir. J'en étais bien soulagée et j'ai pu faire des photos de la célébration et laisser rentrer de l'air frais.

Le vendredi précédent j'avais acheté un pain bio à Géant. Je me dirigeais vers le stand du pain et ai vu qu'il n'y en avait pas en rayon mais une femme de service était là avec un chariot à plusieurs étages et elle a rempli quelques rayons de différentes sortes de pain, mais de pain bio entier, elle n'en a mis qu'un seul, et c'est celui-là que j'ai pris puisque je n'avais pas le choix. Après avoir payé mes achats je me suis dit que ce pain ne suffirait pas jusqu'à lundi alors je suis allée à la boulangerie et j'ai acheté un demi pain au levain en plus. C'est un pain délicieux à l'arôme alléchant mais hélas, je ne peux pas manger la croûte et dois l'enlever de chaque tranche comme avec le pain bio d'ailleurs.

Je m'en suis coupé 4 belles tranches pour mon goûter en pensant que comme c'est un pain long il rassira plus vite que la boule de bio. Mais quand dimanche j'eus mangé tout le pain long, j'eus un sentiment bizarre au sujet de la boule de bio: pourquoi la femme de service n'en avait-t'elle mis qu'un seul en rayon, et ceci juste au moment où je m'approchais? On aurait dit qu'elle voulait que ce soit moi qui prenne ce pain, et pas un autre. Je me suis donc méfiée, d'autant plus que la célébration de l'Année du Tigre battait son plein dans l'avenue sous ma fenêtre. Si le pain était piégé, qui remarquerait l'explosion alors que le Nouvel An Chinois est traditionnellement accompagné de nombreux pétards? (cliquer sur les photos pour les voir en grand format)

Je n'ai donc pas touché à ce pain, n'ai pas même ouvert le sac en papier fermé par une étiquette adhésive. Mieux vaut perdre 2,30 euros par excès de précaution que de se faire tuer.
colis piégé... suite en mars.

Le mardi 23 Il y avait une voiture de l'hôpital Pitié-Salpétrière garée sous la fenêtre de ma chambre (clicker pour agrandir): Je suis descendue spécialement pour prendre mon courrier et j'ai trouvé la demande de pièces supplémentaires du bureau d'aide juridic. (Soit dit en passant je ne vois pas en quoi changer le nom améliore la situation, d'autant plus que le nouveau nom "juridictionnelle" est beaucoup plus long à écrire et à prononcer que son prédecesseur "juridique". L'aide est-elle meilleure pour autant? Je ne crois pas, mais les Français semblent affectionner les mots polysyllabiques, ainsi ils disent "ultérieurement" de préférence à "plus tard", 5 syllabes au lieu de deux.)

Je ne savais pas que l'obligation de constituer un avocat sous 15 jours était sujette à extension de facto et que l'accusé de réception de ma demande par le Bureau constituait une preuve d'exécution vis-à-vis de cette exigence. Je commençais à m'inquiéter car je croyais que le quinzième jour était la date d'audience, mais une femme au téléphone du Bureau de l'aide juridic. m'a rassurée après m'avoir demandé si l'assignation avait été déposée au greffe et à quelle date. Je n'en savais rien mais cela m'a fait comprendre que le délai ne commencait à courir qu'à dater de l'enregistrement de la plainte au greffe et pas avant. Mais comme mes efforts pour contacter le greffe par téléphone sont restés vains j'ai décidé d'y aller en personne.

Je suis d'abord allée au bureau de l'aide Jurid. dans le bât. du Tribunal de Commerce mais j'ai appris à mon grand dépit qu'il n'est ouvert que le matin. Heureusement que j'avais autre chose au programme! Je me suis donc présentée à l'entrée des "personnes à mobilité réduite" du Palais de Justice mais le garde n'a pas voulu me laisser entrer, contrairement à la fois précédente. Il m'a dit que cette entrée était seulement pour les personnes en fauteuil roulant! J'ai donc dû rejoindre la queue à l'entrée du public normal et j'ai quand même pu devancer plusieurs personnes. Je me demandais ce que toutes ces personnes avaient à faire au Palais en février car les touristes qui veulent visiter la Sainte Chapelle font la queue ailleurs. Je me suis retrouvée derrière un groupe de 3 adolescentes qui discutaient des mérites de plusieurs sortes de bonbons juste à l'entrée du bâtiment. A l'intérieur il y avait une anti-chambre où était installé le détecteur de métaux mais cette fois il fallait aussi enlever son manteau alors que la dernière fois on m'avait laissé le garder sur moi. J'ai bien fait attention à ne rien avoir de métallique sur moi, j'ai donc déposé mes lunettes sur le tapis roulant et après que j'aie passé entre les deux piliers de détection j'ai attendu mon sac à main, mon sac à dos, mes béquilles, mes lunettes et ma veste mais le flic aux commandes prenait un malin plaisir à me faire attendre debout et démunie de mes accessoires vitaux. Il m'a demandé ce qu'était quelquechose dans mon sac qu'il voyait sur l'écran mais sans mes lunettes je ne voyais pas de quoi il parlait. Après un temps qui m'a paru très long il a fait avancer le tapis et finalement j'ai enfin pu récupérer mes affaires. Je ne sentais pas la foule derrière moi, et les jeunes filles qui m'avaient précédée avaient elles aussi disparu.

Je suis allée au guichet d'orientation pour qu'on m'indique le greffe civil et le bureau du Procureur de la république. Pensant que je voudrais prendre l'ascenseur le préposé m'a fait un itinéraire très long alors que sans prendre l'ascenseur je pouvais couper en biais en montant le grand escalier à l'extérieur et raccourcir mon trajet considérablement. Pour le bureau du Procureur il m'a dit "ah, là vous n'avez pas de chance, c'est au 3ème sans ascenseur". J'ai donc ignoré son itinéraire et "n'en ai fait qu'à ma tête" pour atteindre le greffe qui se trouve tout près de l'entrée sur rue mais très éloigné à cause des détours dûs aux contrôles de sécurité. L'assignation n'avait toujours pas été enregistrée.

Comme j'étais tout près de la sortie je n'ai pas essayé d'aller au bureau du Procureur et je suis rentrée chez moi en prenant le premier bus 47 qui s'est présenté. Après tous ces pas perdus ou non, j'ai voulu éviter de marcher encore pour faire des courses. Pour les 2 prochains jours je pouvais me contenter en n'achetant que du pain, des pommes de terre et un légume alors j'ai pris la rue de la Vistule en sortant du bus pour acheter du pain à la boulangerie du coin et j'ai acheté les légumes et pdt à l'épicerie asiatique en face sur l'avenue de Choisy, ce qui m'a évité de faire un détour.

Une fois rentrée chez moi j'ai fait une sieste et ai dormi pendant une heure. Mes genoux, chevilles et pieds me faisaient terriblement souffrir et la douleur s'est un peu calmée pendant ma sieste.

Le lendemain mercredi 24 je suis restée allongée le plus possible mais suis sortie dans l'après midi pour poster le supplément de pièces au bureau de l'aide juridic. en LRAR car en relisant la lettre j'ai vu qu'elles devaient être parvenues le 1er mars au plus tard, c'est-à-dire le lundi suivant car février n'a que 28 jours cette année..

Depuis la réfection du bureau de poste l'été dernier il y a davantage de machines et moins de personnel. Etant donné la méchanceté systématique dont le personnel a fait preuve à mon égard ces dernières années ce n'est pas moi qui vais me plaindre du manque de contact humain.

Pendant que j'étais occupée à remplir le formulaire pour verser sur mon compte le chèque de remboursement pour les chaussures achetées par correspondance qui ne m'allaient pas, un homme d'apparence clocharde est entré et a demandé s'il pouvait faire un retrait d'espèces de 3.000 euros. Le préposé lui a dit qu'il fallait faire la demande 72 heures à l'avance.

Peut-être essayait-il de me mettre l'idée en tête de vider mon compte moi aussi, pour empêcher quelque saisie que ce soit suite à l'attaque de ma mère, mais que ferais-je avec des espèces alors que ma porte ne ferme même pas?

Ce serait tellement pratique pour ma mère et la ribambelle de criminels qui l'assistent de m'attaquer dans la rue juste après que j'aie retiré mes espèces. On pourrait ainsi attribuer ma mort à un vol à l'arrachée qui a mal tourné.

Après la poste je suis allée faire des courses d'alimentation. J'ai acheté un gros pain au levain à la boulangerie à l'intérieur du centre commercial puis suis allée à Géant. J'ai vu dès l'entrée que contrairement aux nombreuses fois précédente, l'étagère était pleine de pain bio non tranché. J'ai fait quelques achats rapidement puis suis allée chez Fructidor acheter des légumes.

Au retour, la fillette Rom était avec la femme, toutes deux assises au pied d'un arbre sur le trottoir. Elle m'a porté mon cabas jusqu'à l'entrée de l'immeuble et je lui ai donné 2 euros. Une fois chez moi je n'en pouvais plus. Cela faisait beaucoup de marche ces deux derniers jours et mes genoux étaient horriblement douloureux. Je me suis remise au lit après avoir pris un comprimé d'aspirine 500mg. Le soir avant de dormir j'ai recommencé, et me suis aussi tartiné les articulations inférieures de Baume St Bernard.

Je réfléchissais depuis plusieurs mois à la façon de traiter le matelassage de la bordure et j'ai trouvé la solution du problème il y a peu de temps. en effet je n'ai pour tout modèle qu'une petite photo d'un shyrdak, un tapis en feutre aux motifs découpés et incrustés.
Pour la réalisation j'ai adapté les techniques du quilt Hawaïen que j'avais apprises en 2005. Je serai contente quand cette pièce sera terminée car j'y ai déjà passé de nombreuses heures et l'ai commencée il y a plus d'un an. Je m'y suis donc mise aujourd'hui vendredi 26 avec une nouvelle ardeur et j'ai eu l'agréable surprise de sentir que je suis plus à l'aise qu'auparavant quand je fais le matelassage sur mon cerceau. Je pense donc qu'il ne me faudra plus longtemps pour terminer, une semaine environ.

J'ai eu plusieurs fois l'occasion de porter mon écharpe et cela m'a donné une grande satisfaction car je n'avais aucune écharpe en laine et j'en avais grand besoin. Je la porte avec l'un des bonnets que j'ai tricotés, surtout le gris et rouge que je porte avec mon manteau gris.


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