Journal de la Femme à Abattre



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Paris, janvier 2012

Après avoir remporté la guitare de jazz Godin -avec son étui de transport en plastique moulé dur, dont la vente se terminait le 31 décembre vers 21 heures, j'ai reçu un mot du vendeur me souhaitant une bonne année et me donnant son adresse pour lui envoyer le chèque. J'ai répondu que j'enverrais le chèque dès lundi et le jour dit au dos du chèque j'ai collé un grand Post-it lui demandant d'expédier la guitare "seulement un lundi ou mardi car je ne souhaite pas que le colis passe le weekend dans un entrepôt à la Poste".

Aussi je suis surprise et très mécontente quand le Samedi 7 il m'envoie un message me disant qu'il a expédié la guitare le matin même. Je lui réponds aussit ôt que je veux annuler la vente et lui demande de me rembourser, à quoi il répond sur un ton très mauvais. J'essaie de faire tomber le ton hostile mais n'arrive pas à trouver une solution acceptable pour les 2 parties.

J'ouvre un litige sur eBay le 15 janvier mais sans succès car le vendeur adopte une attitude de victime hyper-méfiante et il se refuse à me répondre, recopiant la même réponse à chacune de mes approches, à savoir qu'il se refuse à négocier avec moi et n'acceptera d'autre interlocuteur qu'eBay. Pourtant eBay n'est pas qualifié pour arbitrer les litiges et indique bien qu'il n'intervient pas entre les parties.

Nous parvenons presque à un accord, le XXX il viendra en personne me livrer la guitare à mon domicile, mais la veille du jour dit, je me ravise car je ne le connais pas, il pourrait très bien s'agir d'une nouvelle tentative par mes ennemis de pénétrer chez moi sous un nouveau prétexte et me tuer dans mon appartement. Je lui écris donc par eBay que je désire annuler le rendez-vous.

Vers le 17 je reçois un avis de passage d'huissier dans ma boîte aux lettres. Il s'agit d'un "Commandement de Payer". C'est le syndic de copropriété qui veut obtenir les dix années d'arriérés de charges car je ne les ai jamais payées, mes demandes pour obtenir le règlement de copropriété et le titre de propriété (acte de mutation du notaire) étant restées infructueuses. J'espérais donc faire pression pour obtenir ces documents en retenant les charges qui me sont imputées mais ça n'a pas marché. Il doit donc y avoir quelquechose que je ne dois pas savoir dans ces documents et c'est bien ce que je pensais: que le véritable propriétaire n'est pas moi, et que ma mère m'a forcée à accepter cet appartement en partie de mon héritage pour m'arnaquer de 80.000 € en attendant de m'expédier ad patres dans les meilleurs délais car l'état de vétusté de l'appartement indique bien qu'il était complètement déraisonable d'y eménager avant rénovation complète.

Je me renseigne sur internet. Je vois que ces charges sont recouvrables pendant dix ans. Je pèse les options. Tribunal... me battre.... les forcer à me remettre les documents auxquels j'ai droit? Les confondre avec la vérité? Ou alors payer pour éviter une confrontation hostile qui pourrait tourner très mal si mon adversaire était mis au pied du mur?

Le lendemain je téléphone dès 9 heures du matin au cabinet Parry's Immo, le syndic, et parle à la comptable qui est encore seule dans le bureau. Je lui demande le montant total de ma dette. 6. 800€ environ. J'ai très envie de me débarrasser de ce problème et lui dis que je vais payer promptement. J'hésite encore quelques jours et c'est le 22 que je fais le chèque. Comme dit P.J. Wodehouse "Sors ton carnet de chèque et commence à écrire."

Entre temps j'ai reçu la même demande par courrier simple (comme j'en avais fait la demande à la comptable) et aussi par recommandée. Cette fois- ci, au lieu de demander avec méfiance qui était l'expéditeur de la missive, j'ai reconnu le cachet du syndic et, connaissant le contenu de l'enveloppe je l'ai acceptée avec le sourire d'un air très détendu. Jamais facture aussi lourde n'aura été reçue avec tant de sérénité! Je n'avais donc plus besoin d' aller chercher l'acte d'huissier puisque j'avais déjà deux copies de la demande. Cela tombait bien car l'huissier se trouvait quelque part dans les brumes du nord de Paris.

Mais ce papillon sur papier fin m'en a rappelé un autre que j'avais reçu il y a quelques temps, concernant la poursuite que ma mère m'a intentée solidairement avec le notaire Marc Laurent. Il s'agissait du jugement rendu par le TGI de Paris. Du coup j'ai appelé cet autre cabinet d'huissier pour savoir quand je pouvais venir prendre cet acte. Ce cabinet se trouvait lui aussi dans le 10ème arrondissement. Alors j'ai télé phoné à l'avocat de ma mère à Evreux pour en demander une copie, ce qui m'éviterait le déplacement. J'ai parlé à la secrétaire et elle n'a pas voulu m'envoyer de copie de ce jugement, me rappelant que nous étions adversaires dans cette affaire. Cependant à titre de courtoisie elle aurait pu mais elle s'y est refusée, même après que je lui aie dit que je suis handicapée. Et du coup je ne suis pas allée chercher la copie chez l'huissier. Je suis donc une fois de plus dans le noir concernant une poursuite judiciaire contre moi.

Après avoir payé mes arriérés de charges j'ai réalisé que c'était une période propice pour me faire "disparaitre" puisque ma dette était apurée.

La fête du Nouvel An chinois (année du Dragon d'Eau, tout comme moi!) a eu lieu au cours du dernier weekend du mois. D'habitude la célébration principale a lieu le dimanche, mais cette année, curieusement, elle a eu lieu le samedi 28. Je n'en savais rien, alors je suis sortie faire des courses en début d'après-midi. Quand je suis revenue aux alentours de l'immeuble une foule très dense s'était assemblée juste devant la porte d'entrée et regardait un groupe de danse et percussion. J'étais lourdement chargée et j'ai décidé de foncer droit sans me laisser ralentir par tous ces badauds, quitte à hurler pour me faire entendre, mais à ma grande surprise la foule, comme obéissant à un signal, s'est écartée juste au moment où j'arrivais et m'a livré passage sans que j'aie à ralentir ni dire un mot. J'ai coupé le cercle et ai foncé droit sur l'entrée de l'immeuble, la foule s'est reformée immédiatement derrière moi, et la musique et la danse ont repris.

A mi-chemin vers le premier étage j'ai croisé un jeune homme asiatique qui descendait puis quand je suis arrivée sur le palier du premier les détonations des pétards ont commencé. Avec l'expérience de dix ans, je savais que la pétarade allait durer plusieurs minutes, et ce bruit assourdis- sant allait coincider avec mon arrivée devant mon appartement. Et si quelqu'un m'attaquait à ce moment-là, personne ne pourrait dire qu'il m'avait entendue crier ou appeler au secours.

J'ai donc jugé plus prudent d'attendre sur le palier du premier étage que la pétarade s'achève, et avec le retour du silence relatif j'ai gravi les dernières marches.

Environ une heure plus tard on a frappé à la porte. J'ai demandé qui c'était. C'était ma soeur Sophie. Je lui ai dit que je ne voulais pas la voir et elle est partie.

9 avril 2012


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