Journal de la Femme à Abattre



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Paris, février 2012

Samedi 18: Me re-voilà après un assez long hiatus. Depuis que j'ai accroché avec le tricot c'est à cela que j'ai consacré le plus clair de mon temps. Il y a une sorte de compulsion qui s'empare de la personne : on veut toujours en faire plus pour voir l'effet que donnent les motifs, on est pris dans le rythme. De plus j'ai créé de nouveaux modèles de couvre-chefs et en ai tricoté pour les vendre sur eBay et mon double esclavagiste me poussait à produire toujours plus, et à me faire sentir coupable quand j'arrêtais, alors je n'ai pas eu beaucoup de loisirs ni la tête à écrire.

De plus je dois avouer que j'étais un peu découragée que tous mes efforts pour entretenir mon site internet n'aient pas encore produit l'effet souhaité après plus de dix ans sur le www : personne dans une position d'enquêteur officiel ne m'a jamais contactée. On dirait que les flics font exprès de ne pas faire de recherche sur internet, sauf quand ils font de l'espionnage illégal bien sûr.

Réflexion sur le phénomène des chaînes de vidéo amateur et les forums sur internet D'autre part à mes heures de vrai loisir j'ai passé du temps sur internet dans les forums de Ravelry (le site américain du tricot) et sur LiveLeak, un site de videos qui a racheté Ogrish il y a quelques années et continué dans une lignée moins sanglante mais où les accidents de la route filmés par des caméras fixes figurent en bonne place ainsi que du matériel amateur plus ou moins loufoque.

Sur ces deux sites j'ai écrit des commentaires et participé à des forums sur Ravelry, mais j'ai déchanté de Ravelry, il y a une espèce de mesquinerie féminine et de mauvaise foi qui me rappellent mon expérience sur Doctissimo. Sur LiveLeak je diffuse des vidéos sur ma chaîne, le plus souvent des vidéos trouvées sur YouTube, je commente les vidéos que je visionne, et après je veux savoir si quelqu'un a répondu à mes commentaires. Pareil sur YouTube d'ailleurs, mais la communauté sur LL est beaucoup plus restreinte, on a donc davantage de chances de connaître un peu les participants surtout que chacun a un avatar, ce qui personnalise un peu les rapports.

D'un côté ce besoin de contacts humains est normal, mais j'ai eu l'impression il n'y a pas longtemps que j'étais un peu trop empressée et dépendante de ces sites, allant vérifier si quelqu'un m'avait répondu tout de suite après avoir visité ma messagerie. J'ai donc pris du recul et ai passé moins de temps à lire les commentaires ou les forums et réduisant nettement le nombre de mes commentaires, assurant ainsi que j'aurais moins de réponses, afin de me ré-habituer à me sentir bien quand je suis seule avec moi-même.

J'ai fait des recherches sur le survivalisme, en particulier le chauffage et la cuisine au feu de bois, et découvert des méthodes primitives de faire un petit fourneau très efficace avec des boîtes de conserves vides (« rocket stove »). J'ai écouté plusieurs spécialistes amateurs et me suis abonnée à leur chaîne et les ai écouté pour m'enrichir de leurs connaissances.

J'en suis venue à la conclusion que ceux qui font des vidéos et les diffusent sur leur chaîne YouTube sont eux aussi affectés d'une dépendance qui les oblige à faire et diffuser une nouvelle vidéo par jour après quoi ils attendent les réactions de leur public. La gestion d'une chaîne YT peut consommer un temps considérable, et pour un survivaliste par exemple, tout le temps passé à gérer sa chaîne est autant de temps qu'il soustrait à son activité. Ainsi l'un d'entre eux admettait qu'il passait facilement 5 heures par jour à lire les commentaires sur toutes ses vidéos, à y répondre et à gérer sa chaîne. Mais apparemment aucun de ces vidéastes ne se plaint et il me semble qu'ils ont une dépendence sans en être conscients.

J'ai donné une chance à plusieurs d'entre eux en m'abonnant et en visionnant leurs vidéos sur une certaine période mais si j'ai aimé les premières qui m'ont incitée à m'abonner, celles qui suivent, immanquablement, me déçoivent et ce n'est de toute façon pas possible de créer seul du contenu intéressant au rythme qu'ils s'imposent, et c'est là où on se rend compte qu'ils ont une dépendance, ils n'arrivent pas à se détacher de leur chaîne et à ne rien diffuser pendant quelques jours. Leurs abonnés sont un peu comme des vampires qui pompent leur énergie mais leur ego a besoin de cette flatterie (ou comme dit ce psy spécialiste du narcissisme sur YouTube, ils nourrissent leur narcissisme).

Pour ma part je ne peux m'empêcher de penser qu'un jour le réseau sera en panne et tous ceux qui ont investi une part considérable de temps et d'énergie à y bâtir quelque chose se retrouveront brusquement privés d'accès à leur chaîne et séparés de leur public. S'ils n'ont pas constitué un carnet d'adresse qui leur permet de contacter leurs abonnés en-dehors d'internet ils verront leur support psychique s'évanouir comme la brume du matin au soleil et là ce sera très dur. Facebook rehab

Autrement dit, je suis une grosse veinarde que personne ou presque ne lise mon site et que personne ne m'écrive pour m'en parler. Mais ce que je recherche au fond, ce n'est pas vraiment un grand nombre de visites mais la qualité des visiteurs. Les amateurs de romans policiers ne sont pas du tout l'audience que je recherche.

Mercredi 1er février j'ai contacté une personne qui avait mis une petite annonce sur eBay pour vendre des seaux en plastique alimentaire. C'est à la suite de plusieurs articles et vidéos annonçant une catastrophe socio-économico-politico-écologique que je me suis décidée à faire un peu de prévoyance, et dans le but d'accumuler quelques réserves alimentaires j'ai voulu acheter de grands bocaux en verre auprès d'un particulier d'une part, et à cette femme ses dix seaux d'autre part. Elle voulait être payée par virement bancaire par une opération en ligne, gratuite, et m'a fourni tous les numéros mais dans mon souvenir la banque demande quand même les coordonnées des deux parties alors je lui ai demandé son adresse et finalement je lui ai envoyé un chèque car je n'avais pas envie de suivre des instructions pour faire un virement en ligne. J'ai envoyé mon chèque au vendeur de bocaux par le même courrier.

En envoyant les deux chèques j'ai mis un petit mot leur demandant de m'envoyer le colis un lundi ou un mardi, sans en donner la raison. La vendeuse de seaux m'a écrit après avoir reçu mon courrier, me disant qu'elle « ne comprenait pas bien ». Elle ne comprenait pas ce que voulait dire « lundi ou mardi » ? Non, elle ne comprenait pas quel jour je voulais recevoir le colis, elle a parlé de retards possibles dus à la neige, comme si elle pouvait calculer avec précision la date de son envoi pour tenir compte des intempéries, alors que ce n'était pas ça qui m'intéressait, ce que je voulais c'était éviter que le colis ne passe le week end en entrepôt à la poste. Il m'a semblé qu'elle faisait semblant de ne pas savoir... donc elle savait déjà, et si elle savait, cela voulait dire que mes ennemis l'avaient déjà contactée avec l'intention de mettre une bombe dans le colis.

J'avais reçu les bocaux le mercredi 15, et la forme du colis correspondait à ce que j'avais envisagé. Le jeudi 16 je devais recevoir les seaux. J'ai d'abord reçu une convocation à l'AG des copropriétaires pour le 7 mars en recommandé, donc là pas de problème du côté du syndic -depuis que j'ai payé mes charges de copropriété je vois venir sans crainte les lettres recommandées de cet expéditeur- et environ une heure plus tard le livreur colissimo a frappé à ma porte. Je m'étais déjà imaginé à quoi pouvait bien ressembler un colis contenant dix seaux en plastique. Sans doute les seaux seraient empilés les uns dans les autres et le colis aurait une base carrée correspondant au diamètre supérieur des seaux et des côtés suffisamment hauts pour contenir la pile de dix seaux. Mais le colis que m'a présenté le livreur avait certes une base carrée, mais c'était une base très large, environ 75cm de côté, et une hauteur assez faible, environ 40cm. Et non seulement la forme du colis ne correspondait pas au contenu attendu, mais le long d'un bord supérieur le carton était défoncé et il y avait de la bande collante blanche sur laquelle était imprimé « Centre de Vitry » , le centre où aboutissent les colis avant leur livraison.

J'ai dit au livreur que je refusais le colis. A ce moment la voisine a entrouvert sa porte et, interrompant mon échange avec lui et faisant comme si je n'existais pas, elle lui a demandé « Est-ce Police Secours ? » Comme il ne répondait pas elle a encore demandé si oui ou non c'était Police Secours qu'elle avait entendu. En même temps le livreur me dit que je ne peux pas refuser le colis. « Comment ça, je ne peux pas le refuser ? » je lui demande. « Non, il faut l'accepter, vous ne pouvez pas le refuser. » « Je n'en veux pas. Vous le renvoyez à l'expéditeur, c'est tout » Alors il l'a repris et est reparti rapidement.

Après coup j'ai pensé que ma vendeuse m'avait menti, qu'elle avait envoyé le colis le vendredi ou samedi suivant les instructions que lui avaient donné mes ennemis, afin qu'ils aient le week end pour mettre au point tranquillement dans l'entrepôt de Vitry le colis explosif qu'ils me destinaient. C'est parce que la vendeuse s'est fait tirer l'oreille pour les détails. D'abord il a fallu que je la contacte pour qu'elle me dise quel jour elle avait fait l'expédition, elle a répondu que c'était lundi 13, et j'ai dû lui envoyer encore un message pour qu'elle me donne le numéro de colissimo. Quand j'ai reçu sa réponse le mercredi il était déjà trop tard pour vérifier la date de prise en charge du colis, probablement la raison pour laquelle elle ne m'avait ni volontairement confirmé l'envoi ni fourni le numéro de suivi.

Voici nos échanges par email. Pour suivre la chronologie, il faut comme d'habitude, commencer à lire en bas de la page et remonter.

Soldes chez Amazon Voulant profiter des soldes j'ai acheté du matériel de pâtisserie sur Amazon. J'ai passé ma commande le vendredi 3 février. Elle comprenait un plateau à fruits de mer, un ensemble plateau avec cloche pour la présentation du gâteau, vendu avec un cercle à gâteau à diamètre réglable, ma commande contenait également un thermomètre à four, une petite bouilloire de camping Optimus de 0,7 litre, le tout vendu par Amazon EU, et un adaptateur parallèle-USB pour imprimer à partir de mon netbook sur ma vieille imprimante à laser., vendu par un vendeur affilié.

Des articles vendus par Amazon, tous étaient en stock mais seul le plateau pouvait être expédié sans attendre. Pour les autres articles il fallait ajouter 2 jours supplémentaires. Le récapitulatif montrait que ma commande était divisée en deux, une partie Amazon et une partie, vendeur affilié, tout à fait normal. La commande aussi précisait l'option par défaut « envoyer la commande en un minimum de colis. Je pensais donc attendre les deux jours supplémentaires qui m'amèneraient au mardi suivant comme jour d'expédition. Quelle ne fut donc ma surprise quand le soir même de ma commande, je suis notifiée de son expédition... mais en fait il ne s'agit que du plateau à fruits de mer.

Le lendemain je suis avisée à nouveau, deux minutes après minuit, qu'une autre partie de ma commande a été expédiée, et vers 18 heures le même samedi, la troisième partie. Il se passe donc ce que je veux toujours éviter : que les colis qui me sont destinés passent le weekend en entrepôt à la poste. Pourtant j'avais calculé mon coup pour que cela ne se produise pas mais au lieu de faire l'expédition en fonction du délai de disponibilité le plus long, Amazon a accéléré le traitement de la commande, mais au lieu de tout envoyer en un seul colis comme d'habitude, ils l'ont envoyée en trois colis séparés. A quoi bon faire vite si c'était pour en arriver là ? Ça m'a paru louche.

Pour voir les détails de la commande et les 4 avis d'expédition, veuillez cliquer sur les images:
-Récap commande page 1 , page 2 , 4 avis d'expédition:

Le mardi ou mercredi suivant j'ai donc reçu un colis. Je l'ai ouvert en faisant exprès de ne pas ouvrir par le dessus qui était pourtant fermé avec juste un seul passage de bande collante, j'ai ouvert le colis par le fond en me mettant de biais et en me mettant le plus loin possible pour qu'en cas d'explosion je ne prenne pas la décharge en pleine tronche. C'était bien le plateau à fruits de mer, un bon achat, une belle pièce en inox qui peut servir de plateau pour autre chose que les fruits de mer, et vraiment pas cher. Après je me suis dit qu'ils faisaient comme le vendeur eBay « sebetpluto » avec les disques 33-tours, ils envoyaient à part l'objet qui pourrait amortir l'explosion.

Le lendemain je n'ai rien reçu, bizarre, bizarre, et le surlendemain j'étais à peu près sûre, à cause du retard de livraison, que les colis d'Amazon restants ne contenaient pas de bombe et le plus gros en effet contenait l'ensemble de pâtisserie et la bouilloire très mignonne, et le thermomètre à four était dans le petit colis.

Plus tard en regardant une vidéo sur Al Jazeera j'ai dû intervenir 6 ou 7 fois pour relancer la lecture car vers le milieu la lecture s'interrompait et l'écran montrait un papier collé sur un mur et portant les mots « hacer silencio ». J'ai pu reprendre la lecture à la suite, sans repartir depuis le début, mais c'était très étrange que, quel que soit l'endroit de l'interruption c'était toujours la même image qui apparaissait sur l'écran. Comment cela était-il possible ? A force de répétition j'ai fini par comprendre que ce message, bien qu'en espagnol, n'avait rien à voir avec la vidéo sur le Honduras mais qu'il s'adressait directement à moi et me demandait de ne rien dire de ce qui venait de se passer avec Amazon!

Photo de mon écran montrant l'url d'Al Jazeera et l'écran de lecture vidéo avec le message "Hacer silencio". photo rapprochée montrant le sigle d'Al Jazeera sur l'écran vidéo avec le message «Hacer silencio».

Sachant que j'avais éventé leur manœuvre quand, après encore un attentat déjoué, ils faisaient apparaître une image ou une photo montrant quelqu'un mettant l'index devant la bouche pour imposer le silence, comme par exemple celle-ci (Barbara Bush) : mes ennemis avaient trouvé une variante: dire "Ferme ta g..." dans une langue étrangère, au milieu d'une vidéo sur un site anglophone domicilié au Qatar. Mais comment faisaient-ils pour afficher le message au cours d'une vidéo, et en interrompre la lecture? Et comment, à moins de vraiment bien me connaître, avaient-ils su que je serais intéressée par cette vidéo en particulier, au sujet d'une « ancienne religieuse » qui agit au sein des gangs de jeunes au Honduras pour les aider à trouver autre chose à faire de leur vie que le crime ? C'est quand même fort!

La saga du Chèque Fou (suite)
En sortant faire des courses j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres un avis de passage d'huissier. Il s'agit d'une assignation de Maître Laurent, le notaire chargé du règlement de la succession de mon père, que ma mère poursuit en justice in solidum avec moi pour récupérer la somme qui, selon elle, m'a été versée par erreur. Il aura fallu dix-sept ans de torture physique, car j'ai connu la faim et j'ai été expulsée de mon appartement, morale, car j'ai vu ma mère se comporter d'une façon qui m'a causé des souffrances affectives terribles, et mentale aussi, car j'ai dû m'initier à la législation sur les successions et j'ai dû essayer de comprendre les agissements aberrants et les prétextes invraisemblables que ma mère et le notaire me donnaient pour justifier que ma part d'héritage ne me soit pas payée) et à peine un an après le paiement par chèque tiré sur la Caisse des Dépôts et Consignations, oups, grosse boulette, on s'est trompé, il faut rendre 95% de la somme versée.

Voilà donc le notaire qui me dit que je dois constituer avoué pour me représenter devant la Cour d'Appel. Dans le texte il répète ce qu'il a dit en réponse à la demande initiale de ma mère : rappelant brièvement le déroulement de la succession, il dit d'une part « Maîte Laurent n'avait évidemment aucune raison de régler cette somme à Madame Brigitte Picart, singulièrement compte tenu de son attitude d'obstruction au règlement de la succession, s'il n'en avait reçu instruction de la part de Mme Veuve Picart» et d'autre part «Il est certes regrettable que Mademoiselle Brigitte Picart néglige, comme elle l'a toujours fait, de faire valoir ses droits».

Mais si je faisais obstruction c'était justement pour protéger mes droits, d'ailleurs j'ai eu pas moins de trois avocats et deux notaires pour m'aider dans cette affaire.

Il y a quelque chose qui me chiffonne avec l'avis de l'huissier : pourquoi dit-il qu'il n'a pas pu me remettre l'assignation en mains propre à 16H30 le 6 février ? J'étais chez moi et personne n'a frappé à ma porte. Alors pour obtenir l'acte il faut que j'aille le prendre chez l'huissier dont le bureau se situe vers la Gare de l'Est, à l'autre bout de Paris. Et c'est pareil avec tous les actes d'huissiers : pas de remise en mains propres malgré ma présence au domicile, et le bureau de l'huissier est au nord de Paris.

Feu dans la cheminée:
Une vague de froid s'est abattue sur l'Europe et ici à Paris cela n'a pas été le plus froid mais il gelait tout de même plusieurs jours de suite. J'avais eu la bonne fortune de trouver une paire de chenets et un pare-feu en solde et de les recevoir juste avant le grand froid, aussi quand il a fallu chauffer davantage il ne me manquait que le bois.

Après avoir un peu cherché je me suis souvenue d'avoir vu, il y a fort longtemps, des bûches en vente chez Bricorama à la Porte d'Italie. Un coup de fil m'a confirmé qu'ils en avaient bien et dès le lendemain, le mercredi 8 février, j'ai pris le bus 47 et suis descendue de l'autre côté du périphérique, le magasin n'étant plus qu'à quelques pas.

J'avais mon sac à dos et une chambre à air de vélo vide pour porter le bois qui ne tenait pas dans mon sac. J'ai pris un sac de 25cm³ et il restait plus de la moitié dans le filet et c'était assez lourd. Je ne me suis pas souvenue tout de suite que j'avais la chambre à air dans mon sac, j'ai porté le filet par le haut jusqu'à l'arrêt de bus et c'était lourd et difficile. Personne n'a offert de m'aider et j'ai demandé à un homme de m'aider pour mettre le filet dans le bus et à un autre de le ramasser quand j'ai dû en descendre. Tout en peinant le long de la rue Caillaux je me suis dit qu'il fallait améliorer la logistique pour le prochaine fois.

J'ai brûlé tout le bois en deux jours en faisant attention, et vendredi il a fallu retourner chez Bricorama. Les 25cm³ m'avaient coûté 7,90€ plus 3,80€ de transport. Je voulais cette fois-ci prendre un filet de 50cm³ pour mieux rentabiliser mes frais de transport et au lieu d'avoir l'air d'une clocharde avec mon filet à bois à moitié plein et ma chambre à air de vélo, je souhaitais voyager avec classe et plus de facilité en transportant mon bois dans une valise à roulettes.

J'ai regardé ce qu'il y avait dans le magasin à gauche de l'entrée du centre commercial Masséna 13. Ils avaient une catégorie de bagage ultra légers. J'ai dit au vendeur que j'allais faire des courses d'alimentations et que je reviendrais plus tard. Dans le supermarché Casino j'ai vu qu'il y avait des valises à roulettes en solde moins chères que celles que j'avais vues au premier magasin alors j'en ai pris une mais au moment de passer à la caisse la valise n'avait pas d'étiquette, j'ai donc décidé de ne pas la prendre puis après avoir payé mes achats j'ai voulu à nouveau l'acheter et la surveillante des caisses self-service m'a dit qu'il fallait que je suive une dame jusqu'au rayon concerné mais cette dame ayant l'air occupé, j'ai renoncé et suis retournée au premier magasin. Là j'ai bien regardé la taille de valise qui, à vue de nez, correspondait au volume des filets de bois de 50cm³ et le vendeur m'ayant expliqué qu'une valise à 4 roulettes était mieux qu'une avec seulement 2, j'ai fait ce choix. Il s'est absenté pendant plusieurs minutes et en l'attendant j'ai dû enlever mon bonnet de laine et mon écharpe car il faisait chaud à l'intérieur. Enfin il est revenu avec une valise de couleur violette avec des accents orange. Un violet assez terne, avec du gris dedans, pas une couleur criarde, mais violet, tout de même. J'ai demandé s'il n'y avait pas la même valise en noir, alors le vendeur m'a dit qu'avec cette couleur je pourrais plus facilement identifier ma valise dans un carrousel d'aéroport. Je l'ai achetée en solde avec 30% de réduction, et j'ai pris le bus pour retourner à Bricorama.

Là j'ai trouvé les grands filets de bois dans une resserre suivant indications de la caissière et n'ai rien regardé d'autre. J'ai vu avec satisfaction que la capacité de ma valise correspondait exactement à la taille du sac de bois. J'ai donc pu fermer la valise et la caissière, sachant très bien que je n'étais allée nulle part ailleurs que la resserre, a tout de même voulu inspecter le contenu de ma valise. Comme elle le demandait poliment j'ai dit « mais bien sûr, aucun problème, » et l'ai laissée ouvrir la valise et regarder dedans. Mais elle n'a pas daigné soulever le filet de bois pour regarder si j'avais dissimulé de la marchandise dessous. En tout cas il m'avait semblé qu'il n'y avait que des filets de bois en vente dans la resserre.

Je suis arrivée à l'arrêt de bus après le début de l'heure de pointe. Chaque bus était comblé et cela m'a étonnée que les bus en direction de Paris soient aussi pleins, j'aurais pensé qu'ils le seraient moins, et que la grosse foule irait en direction de la banlieue. J'ai laissé passer trois bus car il n'y avait pas moyen d'y monter avec ma grosse valise. Enfin j'ai pu monter et après moi d'autres encore ont voulu monter dans le bus qui était déjà plein à craquer. Le chauffeur a eu du mal à fermer la porte car rien que dans l'entrée il y avait bien quinze personnes toutes serrées les unes contre les autres. Durant le trajet le chauffeur était en communication avec le dispatch et a demandé permission de « zapper » un arrêt à cause de la foule ? J'ai protesté, dit que je devais descendre au prochain arrêt. Quelqu'un m'a rassurée en disant que c'était seulement si personne ne voulait descendre.

Nous arrivons à l'arrêt Maison Blanche. Je ne peux pas descendre par l'avant à cause de la foule, et dois me frayer un passage avec ma valise jusqu'à l'arrière, et tout en demandant « laissez passer, valise... » etc. parviens après un parcours très lent et difficile jusqu'à la porte de sortie. Une jeune femme descend la valise pour moi. Elle pensait qu'il y avait des vêtements dedans la pauvre, elle a dû être surprise que ce soit si lourd ! Enfin, je descends à mon tour et grâce à un coup d'oeil rapide arrive à éviter de me casser la figure sur les plaques qui entourent un arbre qui sont soulevées d'au moins dix centimètres. Le bus s'est arrêté de façon que cet arbre soit juste en face de la porte de sortie, ce qui me paraît louche. Si je n'avais pas regardé où je mettais les pieds, j'aurais pu reculer et me heurter à ces plaques, ou me coincer un pied entre deux plaques, ou trébucher de mille façons différentes. J'aurais très bien pu me casser un os et voyant à quel péril j'avais échappé j'ai bien regardé une deuxième fois ces plaques en fonte . Il n'était pas possible que ce soit les racines de l'arbre qui soulèvent les plaques de cette façon. Le service municipal concerné n'aurait jamais laissé ceci se développer à tel point. Et je suis certaine que la foule en direction de Paris, le bourrage à l'entrée du bus pour me forcer à descendre à l'arrière, et le soulèvement des plaques de fonte avaient été délibérément mis en œuvre pour que je sois emmenée à l'hôpital et là, périr durant l'opération suite à un "concours de circonstances imprévisible" (ouais, mon œil!)

Mais bon, je n'étais pas tombée, j'étais enfin de retour dans mon quartier, et avant que la porte ne se referme j'ai dit « merci tout le monde » au gens qui étaient dans le bus et m'avaient livré passage. Puis soudain j'ai senti du mou dans le laçage de ma botte gauche et j'ai cherché un endroit où m'asseoir pour le refaire. Justement il y avait devant moi une table et deux chaises devant un restaurant genre kebab-gyro, et un homme bricolait une des chaises. Je lui ai demandé permission de m'asseoir une minute, et quand j'ai regardé ma botte, j'ai vu que le laçage tenait très bien, il n'était pas défait du tout. Comment avais-je pu avoir l'impression de mou que j'avais ressentie ? Mystère. Je suis repartie par la rue Caillaux. Ma valise roulait bien sur ses 4 roulettes, je n'avais qu'à la pousser, et quand je suis arrivée en bas de chez moi une femme de l'immeuble, je crois que c'est ma voisine du dessus, m'a aidée à monter. Elle a pris mon sac à dos et mes béquilles et les a montés au 2ème, puis elle a insisté pour monter aussi la valise, ce petit bout de femme asiatique, une vraie rivale de Fifi Brindacier ! Et en plus, elle riait tout le temps comme si c'était une grosse farce pour elle. Je lui ai donné une accolade très sincère en la remerciant et elle m'a répondu avec un éclat de rire. Donc une fois chez moi je n'étais pas du tout épuisée et j'ai pu faire du feu immédiatement.

Ah quel plaisir profond de voir les flammes, de sentir la chaleur sur mes jambes et mes pieds, d'entendre le bruit que font le feu, l'air, et le bois qui brûle. Et ensuite l'odeur dans l'appartement, qui me rend nostalgique des jours d'hiver de mon enfance en Haute Savoie. Je crois vraiment qu'en modernisant nos modes de cuisson et de chauffage nous avons tellement dématérialisé le feu que nous avons perdu le contact avec cet élément et cela nous a appauvri, cela laisse un vide en nous. D'ailleurs une des grandes joies du camping c'est de faire la cuisine sur un vrai feu de bois. La cuisine a meilleur goût, on a l'appétit ouvert après avoir préparé le bois, on a plus de joie de vivre.

Les marchands de gaz et d'électricité nous vantent le confort qu'ils offrent en nous flattant comme si nous étions des princes et princesses et que le moindre effort , la moindre salissure sur nos mains délicates serait une insulte. Alors ils nous disent bien qu'il suffit de pousser un bouton et de payer la facture bien sûr, et on peut se balader dans l'appartement en chemisette alors qu'il gèle dehors. Mais moi cela ne me dérange pas d'entretenir un feu et je viens de voir un vidéaste canadien dire que son système original de chauffage gratuit n'est pas entièrement automatique, qu'il doit intervenir une ou deux fois par jour pour que tout aille bien mais que ça ne le dérange pas, qu'il traite son feu comme si c'était un animal familier auquel on n'hésite pas à prodiguer des soins. Voilà une approche plus terre à terre et surtout, cet homme n'a pas besoin de travailler pour une grande boîte qui lui paie un salaire qui lui permette de payer ses mensualités pour un chauffage dernier cri «respectueux de l'environnement».

Dimanche 19: Ce matin je suis allée faire des courses à G20 car les dernières fois que j'ai cherché du savon de Marseille chez Casino il n'y en avait pas et maintenant ils sont en train de ré-arranger les rayons (je venais juste de commencer à m'y retrouver depuis leur remaniement précédent) et je n'ai pas trouvé ce savon au nouvel emplacement. J'ai donc fait le plein chez G20, 4 pains de 400 grammes. Je choisis les gros pains car plus ils sont gros moins on a de restes.

Pendant mon séjour assez court dans le magasin, j'ai entendu trois morceaux de musique très différents : Françoise Hardy en duo avec un homme, chantant à deux voix une chanson dont j'ai oublié le titre mais qui dit que seul le soleil est fidèle, l'amour ne l'est pas. Ensuite il y a eu un extrait d'un opéra de Wagner, et en troisième un morceau de soft-jazz avec de la guitare.

Après avoir monté et rangé mes achats je ne me suis pas sentie d'humeur à me mettre en cuisine pour préparer mon repas de midi alors je suis redescendue et ai acheté deux plats à emporter dans un restaurant chinois, chose que je n'avais pas fait depuis des lustres. J'ai vraiment apprécié de pouvoir me rassasier sans devoir faire de préparation.

Il fait beau aujourd'hui, le soleil brille, le froid a desserré son étreinte mais je dois quand même rester bien couverte à l'intérieur. Il y a un courant d'air au ras du sol qui me glace les pieds et pour y remédier j'utilise quelque chose pour surélever mes pieds, voilà tout. Ce quelque chose, c'est un casier à couverts en bois de hêtre je crois, dont je ne me sers pas mais qui est ancien et bien fait. Je l'avais mis dans le panier à bûches mais n'ai pas eu le cœur de le brûler et cela faisait plus d'un an qu'il languissait au rebut. Je lui donne donc une nouvelle vie, il a juste les bonnes dimensions pour me servir de repose-pieds une fois retourné et sans m'empêcher de glisser mes jambes sous la table, il m'isole du sol et du courant d'air.

Depuis hier j'ai mis en service un clavier d'ordinateur que j'ai acheté il y a plusieurs mois pour mon gros ordinateur. Je ne l'ai toujours pas remis en service car aux derniers essais la souris n'était pas reconnue alors comme je voulais écrire j'ai dû le faire sur mon petit netbook j'ai donc branché ce nouveau clavier dessus. J'aime bien le matériau anti-glisse des touches. C'est un plastique assez mat avec dees micro-aspérités qui permettent une frappe précise. J'utilise le logiciel OpenOffice. Je suis toujours nostalgique de WordPerfect 5.1 pour DOS car j'aimais bien, entre autres, l'écran noir avec les lettres de couleur, qui est moins fatigant pour les yeux qu'un écran blanc, et la rapdité d'éclair de réponse aux commandes.

J'ai mis à jour mes albums de photo sur Flickr. C'est par cela que je commence quand je me prépare à mettre à jour mon journal car sur Flickr je peux obtenir des versions plus légères en Mo que la photo originale.

Aujourd'hui jeudi 23 je me suis levée vers 8h30. J'aime bien me lever assez tôt. Il suffit que je me force à me coucher et alors ce n'est pas un problème de me réveiller mais parfois cette saine habitude est chamboulée et je reprends des horaires tardifs.

Ces derniers temps je fais de la mise à jour pour dégager mon appartement qui est trop encombré. J'ai éliminé une machine à coudre, j'ai voulu me séparer de la 2ème une Brother en métal qui a un problème avec la longueur du point dont le réglage ne tient pas mais qui sinon marche très bien. C'est celle que Sophie m'avait apporté en 2003 et comme la poignée était absente elle était venue avec son ami champenois qui la portait par-dessous. Plus tard j'ai remplacé la poignée manquante avec de la ficelle solide mais cela faisait mal aux mains. Finalement je l'ai rentrée dans l'appartement après l'avoir laissée sur le palier sans que personne ne l'emporte pendant une semaine, et j'ai enroulé de la mousse autour de la ficelle pour faire un rembourrage à la poignée. La 3ème est une vieille Pfaff (1945-1950?) que j'ai achetée d'un vendeur en Allemagne -faut-il être féru d'une marque pour faire ça!- vieille certes mais la qualité est là, tout en métal.

Au risque de passer pour une dingue, je dois aussi admettre, pendant que j'y suis, que j'ai trois machines à écrire IBM à boule, achetées sur eBay, deux d'entre elles venant de vendeurs situés aux Etats Unis, la troisième d'un Français, et aucune ne fonctionne, contrairement aux déclarations. A force de me demander que faire de ces machines, j'en suis venue à la conclusion que les derniers modèles étaient très sophistiqués mais atteignaient la limite de la perfection en matière d'électro-mécanique. Certaines pièces sont aussi délicates que des pièces d'horlogerie. Mais quand elles marchent bien c'est vraiment le top et surtout, la raison pour laquelle j'en voulais au moins une qui marche, on ne peut pas espionner ce qu'écrit une personne sur ces machines, à la différence des outils à mémoire et à écran.

Aujourd'hui j'ai réparé trois chaussettes que j'ai tricoté moi-même. Un peu déçue que la laine n'ait pas tenu plus longtemps, mais c'est la faute à ces chaussons que je porte, dont le rebord à l'arrière use le talon de la chaussette. En tout cas maintenant je peux les ranger, elles ne sont plus sur une table bien en vue en attente de mon bon plaisir.

Dimanche 26: Depuis que j'ai fait du feu dans la cheminée j'ai apporté mon ordinateur dans la pièce principale car il faisait trop froid dans ma chambre à coucher. J'ai donc pu profiter à la fois du feu et d'internet, il me suffisait de faire un demi tour sur mon fauteuil de bureau. C'est bien plus commode pour écrire et si j'ai de la cuisine en cours c'est bien plus près.

Hier j'ai continué les rangements. J'ai arrêté tous les échantillons de tricot, rembobiné et rangé les pelotes, remis les aiguilles à tricoter dans leurs étuis respectifs, après avoir terminé un bonnet auquel il manquait juste un bord. Il faut qu'un bord soit très élastique et l'idéal c'est quand il n'y a pas de lisière, ainsi on a l'impression que le tricot n'a ni commencement ni fin. J'ai appris grâce à une video à faire une lisière tubulaire en côtes 1/1. Je me suis exercée une fois sur un échantillon et ensuite j'ai fait le bord de mon bonnet. Bon, trêve de détails techniques.

J'ai voulu terminer tous ces petits travaux et tout ranger car je fourmille d'idées et je ne peux pas commencer à les réaliser alors que le matériel de la session d'hiver n'est pas rangé. Une fois que tout est dégagé j'ai les idées plus claires, l'ordre règne dans l'appartement (enfin, presque) et je peux enchaîner sur de nouvelles aventures.

Lundi 27 j'ai continué le grand nettoyage et rangements. Comme la température est remontée j'ai pu nettoyer la salle d'eau-wc. Cette pièce a une petite bouche d'aération avec un ventilateur qui tourne sous les mouvements de l'air et en hiver elle est très froide. La porte ancienne laisse passer l'air partout et c'est un casse tête de la calfeutrer chaque année. J'ai planté quelques clous minces le long du bord vers l'angle côté ouverture, et le long du bord vertical jusqu'au'à 20cm environ sous la poignée et j'y ai fixé une écharpe épaisse que j'ai tricoté et dont je ne me sers pas beaucoup. Son épaisseur alvéolée a plutôt bien servi à empêcher l'air de passer mais pour fermer la porte il fallait les deux mains sinon l'écharpe se coinçait dans la porte et il reste le bas qui laisse passer beaucoup d'air froid qui me glace les pieds dans la pièce principale, raison pour laquelle je surélève mes pieds. Je ne peux avoir recours qu'à des solutions de fortune, étant dans l'impossibilité de faire confiance à quelque artisan que ce soit pour faire des travaux chez moi.

A la faveur du radoucissement, donc, j'ai fait le grand nettoyage de printemps un peu tôt. Beaucoup de débris de peinture et plâtre étaient tombés partout depuis le dernier nettoyage et une fois qu'ils ont été déblayés, il n'y avait plus grand chose à faire pour que la salle d'eau retrouve un aspect relativement normal.

Lessivage du sol dans la pièce principale, et comme je dois modérer mes activités physiques sous peine d'avoir des douleurs aux genoux qui m'empêchent de dormir, j'ai poursuivi le nettoyage/rangement/déblayage sur ordinateur en rédigeant, enfin, les explications pour un bonnet de ma création, qui sert aussi de masque de repos. Car à la demande d'un membre du site Ravelry j'avais promis de mettre les explications en ligne courant février. Voilà qui est fait et je n'ai plus à y penser.

Les idées se bousculent dans ma tête car j'ai envie de faire tellement de choses : de l'appliqué-matelassé, de la broderie (plusieurs techniques, plusieurs idées) du tricot (idem)...
Broderie:
Blackwork (chiens, oiseaux, motifs abstraits)  point lancé (comme la dernière pièce que j'ai faite et dont j'ai affiché la photo) : kogin (Japon), motifs médiévaux d'Allemagne et d'Egypte ; passé plat et empiétant : fleurs (capucines, anémones, pensées)...
Tricot : Double-face, motifs péruviens, scandinaves, dentelle...

Pas le temps de s'ennuyer.


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