Journal de la Femme à Abattre



[ACCUEIL] - [SOMMAIRE] - [MES PHOTOS FLICKR] - [CONTACT] - [<--] - [-->]

Paris, octobre 2012

Désormais vous pouvez rechercher ce site avec Google sur la page du Sommaire.

Petite rigolade:Il ne s'est rien passé au début du mois alors j'ai relevé l'adresse d'une vidéo hilarante. Il s'agit d'une femme (aux Etats-Unis) qui appelle une station de radio locale pour se plaindre que les panneaux routiers indiquant la présence de chevreuils sont mal situés, et elle demande pourquoi on ne met pas les panneaux dans des endroits où la visibilité est meilleure. En effet elle croit que les animaux sauvages obéissent aux panneaux pour traverser la route comme les piétons humains obéissent aux passages piétons. Elle n'a pas compris que les panneaux sont situés là où les animaux ont coutume de traverser la route, pour avertir les automobilistes du danger! Beaucoup se sont demandé si elle était sérieuse ou si c'était un canular et la vidéo a fait le tour du pays. Elle a rappelé la station de radio pour reconnaître son erreur. Passage de Chevreuils

Menaces dans l'immeuble
-2 hommes inconnus entrent au moment où j'arrive en bas de l'escalier pour sortir. L'un me demande si ça va.
- Après que j'aie commencé à monter vers le 1er étage, un groupe avec des femmes monte derrière moi. Au moment où j'arrive sur le palier un autre groupe descend. A ce moment la porte du 1er DR s'ouvre et en sort un homme qui commence à nparler avec la femme en tête du groupe qui descend et tout en ouvrant la porte du milieu (cuisine) et la laissant ouverte il continue à lui parler, me barrant le passage avec la porte. Je me trouve ainsi coincée.

Vendredi 19: appel au n° vert d'appel à témoin concernant la tuerie de Chevaline. Comme mon appel du 26 septembre n'avait rien donné je me suis demandé pourquoi. Peut-être avais-je été trop froide et laconique? J'aurais dû exprimer davantage de sentiments? Alors je fais un effort, je dis que c'est très difficile pour moi d'appeler parce qu'il s'agit de ma famille. Je dis que ma famille est mafieuse et aussitôt mon interlocuteur m'arrête, "il n'y a pas de mafia en France!" alors je lui explique que mon père voulait que toute la famille soit dans le business et que quand le Parrain est sorti en film et en roman mon père était plein d'admiration pour Corleone, c'était son modèle. Mais j'ai trouvé cela maladroit de la part du flic de me contrarier de la sorte parce que c'est uniquement une question de vocabulaire, et si cela ne suffit pas que les parents et les enfants soient criminels ensemble pour faire une mafia, il aurait dû me pardonner cet écart de langage car après tout je ne suis pas spécialiste. Alors je me suis trouvée dans la position de me défendre, car implicitement il m'accusait de mentir. Et je lui ai dit que j'étais la seule à ne pas avoir suivi dans les traces de mes parents, et quand il m'a demandé pourquoi, j'ai dit que cela ne m'intéressait pas, que moi ce qui m'intéressait c'était la musique et la danse, et je pensais naivement que ma famille allait respecter mon choix de carrière.

Rien ne se passe après mon appel au n° vert. Je passe le mois à tricoter 4 bonnets Fair Isle (voir photos). Je fais aussi plusieurs réalisations ahurissantes:

Suite à mon appel j'ai réfléchi, je me suis demandé si mon père avait des antécédents judiciaires, parce que si la police trouvait qu'il avait un casier judiciaire cela apporterait de l'eau à mon moulin. Je n'ai rien vu de premier abord puis j'ai un un choc soudain: j'ai douté que mon père ait bien eu la tuberculose contrairement à ce qu'on m'avait dit pour expliquer son absence en 1955 quand j'étais toute petite, et que j'ai cru toute ma vie. Alors je me suis demandé si l'homme que j'ai découvert quand il est revenu dans la famille en 1955 faisait penser davantage à un convalescent revenant d'un séjour en sanatorium à la montagne ou à un repris de justice, et c'est le repris de justice qui l'a emporté. Pourquoi? Pour tirer cette conclusion je me suis remise dans la peau de la petite fille de 3 ans que j'étais quand il est revenu. Je n'ai aucun souvenir de lui avant son retour à Annecy. J'ai quelques vagues souvenirs, pourtant, de notre appartement au Square Clignancourt dans Paris XVIIIème, mais pas de papa.

Comme il ne faisait jamais attention à moi j'avais tout loisir de l'observer et ce qui m'a frappée c'était sa pâleur, les rides horizontales très profondes sur son front, ses mains horribles, avec l'articulation du pouce très saillante, les doigts massifs tachés marron-jaune par la nicotine, les ongles coupés court et en pointe aigüe, la cuticule de l'index empiétant très largement sur la surface de l'ongle.

Et son comportement. Je ne me souviens pas qu'il y ait eu des retrouvailles joyeuses, des embrassades, une célébration quelconque. Il est revenu sans faire d'esbrouffe, le changement a été que dorénavant il fallait filer doux. Ma mère nous faisait peur de lui. Il ne faisait pas attention à nous. Il fallait être couchées avant qu'il ne rentre du magasin, et alors lui et ma mère parlaient dans la cuisine. J'ai appris à faire semblant de dormir quand ils traversaient notre dortoir pour regagner la chambre conjugale.

Quand il venait à l'appartement pour le déjeuner de midi, dès qu'il entrait ma mère lui demandait souvent comment il allait, et à chaque fois il répondait "Oh! Je suis mal foutu!" ce qui voulait dire, du moins c'est ce que je comprenais, qu'il ne se sentait pas bien. Ceci pourrait très bien être un dialogue de théâtre car la question et la réponse étaient toujours les mêmes, et cela pourrait avoir été joué en ma présence afin d'ancrer en moi la conviction que mon père avait été malade et non pas en prison. De plus au début des années 50 la tuberculose était fortement en recul et elle était soignée avec des antibiotiques, non pas des séjours en sanatorium à la montagne comme avant la découverte de la pénicilline.

Alors s'il a fait de la prison, la raison pour laquelle il dormait chez sa mère quand il venait à Paris, ou alors pendant un temps il a résidé dans un de ses propres appartements avenue de Choisy mais sous le nom d'une "vieille demoiselle" (ce que je suis en train de devenir), est peut-être qu'il était interdit de séjour dans la capitale suite à ses ennuis avec la justice. Et ce pourrait aussi être la raison pour laquelle il a utilisé de faux numéros de sécurité sociale, et aussi pourquoi il avait besoin d'un prête-nom. Car il m'a demandé une fois d'être "femme de paille" -ce que j'ai refusé- et il a aussi utilisé un certain Drapeau dans sa société ATERMI (début des années 80). Ce Drapeau, s'est-il vraiment fait la malle en laissant tout tomber comme l'avait dit papa? Faillite de bonne foi ou frauduleuse?

Alors si c'est vrai qu'il était en prison, la raison pour laquelle il n'a jamais tiqué sur le fait que ma soeur Véronique, celle qui est née en Octobre 55, ne lui ressemble pas du tout, est parce que d'un commun accord entre mon père et ma mère, l'enfant a été délibérément conçue par un autre homme pour dissimuler l'absence de mon père afin qu'il n'ait pas de difficulté par la suite. Et il en va de même pour Sophie, la soeur qui est née juste avant moi en mars 51, et qui elle non plus ne ressemble pas du tout à papa, mais pas à Véronique non plus, donc elle doit être d'un autre père encore. Cela voudrait dire qu'il a fait de la prison à deux reprises.

Voilà pourquoi Sophie avait fait tant d'embrouilles après que je lui aie fait part, en 2001, de mon opinion que ni elle ni Véro n'était de papa. Voilà pourquoi, dans ses Conclusions pour son appel devant la Cour d'Appel de Rouen, elle accusait notre mère d'infidélité à répétition, et de moeurs légères: c'était pour dissimuler le consentement de notre père à l'adultère et à la procréation par procuration. Je n'ai jamais entendu parler d'une ruse pareille. C'est vraiment extrème! Cela montre bien que ni mon père ni ma mère n'ont de respect pour la personne humaine, et que s'ils ont eu recours à un tel stratagème c'est qu'ils avaient l'intention de faire des arnaques sur une grande échelle! Il fallait que cela vaille le coup pour lui d'être cocufié et d'élever deux enfants qui n'étaient pas de lui.

Quant à moi, eh bien puisque mon père était libre quand il m'a conçue, il n'avait pas besoin de moi pour le prouver, il avait suffisamment d'autres preuves, voilà pourquoi mes parents ont essayé de se débarrasser de moi non pas quand j'avais environ 14 ans pour la première fois comme j'avais cru jusqu'à présent, mais quand j'étais encore toute petite puisque nous habitions rue Carnot à Annecy. En effet j'ai relu la 1ère partie de mes mémoirs de cette époque, et en lisant les souvenirs plutôt décousus, j'ai cette fois trouvé un fil conducteur, j'ai eu l'impression que ma mère avait eu l'intention que je mette le feu à l'appartement et y périsse pendant que j'y étais seule à l'âge de trois ans. Car dans un laps de temps assez court, sur fond de maltraitance active mais surtout par omission, elle m'a initiée au mal, et elle m'a fait connaître l'existence de la flamme du chauffe-eau, et j'ai constaté que son modus operandi est de toujours se réserver la possibilité de nier ("plausible déniability" en language de la CIA). Ainsi on ne pourrait jamais dire qu'elle m'avait poussée ouvertement à torcher l'appartement par rage suite à sa maltraitance, mais elle m'avait mis tous les éléments en main, à charge pour moi de les relier logiquement. Cependant comme j'étais innocente et ne comprenais pas le mal cela n'a pas marché. Il est possible aussi qu'elle ait fait ces répétitions d'opérette au théâtre d'Annecy et nous ait demandé à Sophie et moi d'assister aux répétitions dans l'espoir que je découvrirais toute seule l'escalier qui menait au toit et me jetterais du toit de mon propre chef. J'ai découvert cela après avoir évoqué ce souvenir avec Bruno Vagnotti, le blogueur Annécien avec qui je suis entrée en correspondance à la fin du mois.

J'en ai déjà parlé dans mes mémoires sur les années 50 sans avoir compris la portée de l'événement, mais en fait cet épisode est crucial dans mon histoire, on pourrait dire que de lui découle toute mon histoire: il s'agit de l'épisode de Blanche Neige et d'une déclaration que ma mère m'avait faite à la même époque, concernant le caractère héréditaire, selon elle, de la criminalité. C'est un autre épisode de la guerre psychologique que me livre ma mère, qui illustre aussi aussi son modus operandi, consistant à ne jamais se laisser prendre dans des déclarations compromettantes, mais à donner des indices épars, laissant le soin à son auditrice -moi en l'occurrence- de découvrir seule la conclusion du syllogisme.

Voici donc comment cela s'était passé: elle m'avait dit que la criminalité était héréditaire (dans un langage qu'une enfant de mon âge pouvait comprendre bien sûr!) et moi tout de suite je n'avais pas été d'accord parce que je savais bien, toute petite que je fusse, et soumise à l'autorité de mes parents, qu'il existait en moi une petite plage de liberté où j'avais le choix de décider de mes actions. J'étais parfaitement consciente que je pouvais agir bien ou agir mal mais je n'avais pas le vocabulaire pour m'exprimer verbalement sur le sujet et je n'ai donc pas pu dire à ma mère que je n'étais pas d'accord avec elle. Je suppose que c'était ensuite de cela qu'elle m'avait emmenée chez son amie Mme Féminier car cela respecterait l'ordre des prémisses du syllogisme. Car quand elle était venue me chercher chez cette dame alors que j'étais dans un état de choc, ayant découvert l'existence du mal personifié par la belle-mère de Blanche Neige,(choc d'autant plus fort que le livre que la dame m'avait montré était un "pop-up" où les personnages se lèvent quand on met les pages à plat,) ma mère m'avait reconduite à pieds en me tenant par la main et comme elle avait une attitude rigide et une expression sévère sur le visage, et qu'elle ne m'avait pas dit un seul mot sur le chemin du retour, je n'avais pas eu d'autre choix que de conclure qu'elle était comme la sorcière du conte, un être voué au mal. Mais comme j'étais dans une relation fusionnelle avec elle, il était impossible que coexistent en moi la notion qu'elle était mauvaise et mon amour pour elle car j'avais besoin d'elle pour survivre.

En tout cas elle m'avait bien donné les deux prémisses du syllogisme. Cependant comme je l'ai dit je n'étais pas d'accord avec elle sur le caractère héréditaire de la criminalité, je n'ai donc pas tiré la conclusion qu'elle espérait, à savoir que j'étais moi aussi criminelle. En fait je pourrais dire que toutes les années qui ont suivi, je me suis efforcée de lui démontrer par mes actes, malgré toutes ses provocations pousse-au-crime, qu'on avait le choix entre agir bien et agir mal. Et quand j'ai volé des fournitures scolaires à mes camarades c'était la mort dans l'âme, jamais je n'ai éprouvé de plaisir à avoir entre les mains quelque chose qui ne m'appartenait pas, et qui portait les émanations de la propriétaire véritable. D'ailleurs je n'ai jamais volé compulsivement, mais seulement par nécessité, pour acquérir ce dont j'avais besoin et que mes parents ne me fournissaient pas.

Pour en finir avec l'épisode de Blanche Neige, on voit que ma mère m'a quand même fait un aveu déguisé de sa propre criminalité car c'était indispensable pour que je puisse tirer la conclusion logique qu'elle attendait de moi.

* * *

Tout à la fin du mois, le 29, je reprends mes recherches sur Annecy et tombe à nouveau sur un blog où j'avais déjà lu des infos et quand à nouveau je vois la vieille photo d'un bambin sur un tricycle avec un petit cheval je ne peux plus résister et je laisse sur le blog un commentaire avec mon adresse email et l'url de mon site et je lui demande s'il veut bien m'envoyer une photo plus grande. Il me répond gentiment et m'envoie cette photo dans une taille plus grande et nous commençons à parler de souvenirs d'enfance à Annecy, le théâtre-casino etc. Il se trouve qu'il est monté sur le toit pour y faire des réparations (je crois qu'il était zingueur etc. avant d'être à la retraite). Et comme le souvenir de l'escalier métallique qui menait au toit était très fort dans ma mémoire je lui ai demandé s'il se souvenait de cet escalier et il m'a dit que non, mais qu'il se souvenait qu'il démarrait dans une loge. Et cela a fait clic dans ma mémoire. C'est en visitant les loges en effet que j'avais découvert cet escalier secret. Peut-être était-ce un escalier de secours en même temps qu'un escalier de service?


[ACCUEIL] - [SOMMAIRE] - [MES PHOTOS FLICKR] - [CONTACT] - [<--] - [-->] >