Journal de la Femme à Abattre



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Paris, décembre 2012

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Le mois a été assez calme question harcèlement. Je n'ai pas non plus eu l'impression qu'on me tendait une embuscade. J'ai beaucoup tricoté de bonnets, innové avec une grosse laine rustique en couleur naturelle gris-beige et beige qui se tricote avec des aiguilles de 7mm de diamètre, ce qui me permet de ne monter que 72 mailles au lieu de 96 quand je travaille avec des aiguilles de 5,5mm. Donc le travail "monte" plus rapidement et le bonnet prend environ trois heures de moins mais c'est un travail de force pour les mains, les doigts. Et j'ai été surprise que sur ebay le succès soit immédiat. Dès le 17 j'avais déjà un acheteur qui en a pris deux et deux jours plus tard un autre qui m'en a pris trois, dont deux en commande spéciale car il a une taille XL. Il voulait un bonnet en écru alors le mercredi 19 au matin j'ai vite passé commande d'écru (et de 3 autres teintes naturelles, total 2kg) puis suis revenue vers mon client pour lui dire que s'il voulait bien attendre un peu, j'attendais une livraison d'écru. Et le fournisseur a été super sympa d'exaucer mon souhait car je lui avas dit que j'avais une urgence, que j'étais à court, et lui demandais de faire son possible pour que je sois livrée le vendredi 21 pour que j'aie le temps de tricoter pendant le weekend, et c'est bien ce qui s'est passé. Alors j'ai remercié chaleureusement le fournisseur et so équipe en leur souhaitant mes meilleurs voeux et me suis mise au travail.

J'ai donc tricoté tout le weekend et même le lundi 24 car je n'avais aucun plan pour célébrer Noël. J'ai posté sur LiveLeaks 4 chants de Noël américains traditionnels en les dédiant à tous ceux qui passent Noël seuls. Il y avait quelques solitaires en ligne ce soir-là et ils ont répondu et m'ont remerciée. Le mardi 25 je suis sortie car je voulais acheter des chocolats. Tout était fermé mais la boul-pât-choco de l'autre côté du bd Masséna à laquelle je pensais était bien ouverte, elle. J'ai donc acheté un gros coffret de chocolats et du pain. A part ça je n'ai pas fait d'extras sauf une bouteille de Irish Cream. J'en ai pris trois ou quatre fois.

La semaine s'est poursuivie et personne n'a acheté de mes autres bonnets: ni les beanies unis, ni les bonnets jacquard à 2 couleurs, ni les bonnets en côtes à revers. Et finalement j'ai compris pourquoi: les gens veulent des bonnets amples et volumineux, pas des bonnets qui leur collent à la tête et leur aplatissent les cheveux! J'avais bien vu des bonnets amples sur Ravelry, ce style qu'ils appellent "slouchy" (affaissé) mais beaucoup d'entre eux étaient ratés et très laids donc je dédaignais ce style. A force d'y penser et de passer en revue la collection de "slouchy" et de télécharger et lire des explications, j'ai compris que le premier bonnet slouchy n'était pas un modèle spécial, c'était tout simplement un bonnet à revers porté avec le revers déplié. Tout ce que j'avais à faire, c'était de photographier les modèles que j'avais déjà avec le revers déplié et voilà, le tour est joué, pas besoin de faire des recherches de patron pour un nouveau modèle.

Ce qui fut dit fut fait (comme on lit dans les romans d'aventure pour la jeunesse), je mis en ligne sur ebay des photos de mes bonnets avec le revers déplié et je n'eus qu'à changer le titre en appelant ces bonnets "transformables" car on peut les porter des deux façons. Le succès fut immédiat. Je vendis aussitôt deux bonnets couleur bleu-nuit. Mais je m'avance un peu car ceci s'est passé début janvier...

J'ai pu à loisir réfléchir aux implications de ce que j'avais découvert en novembre, à savoir que mon père biologique était mon oncle Jean, le frère de mon père. Cela expliquait beaucoup de choses. C'était la clé du mystère de ma vie entière. Et en premier chef, cela expliquait pourquoi mes parents avaient voulu que je meure depuis ma naissance, que dis-je, ils m'avaient conçue avec l'intention préalable de me supprimer, car tout ce qu'ils voulaient de moi, c'était un acte de naissance qui dissimule frauduleusement que mon père, enfin, le mari de ma mère, Célestin, avait fait de la prison. De même pour Sophie et Véronique. Mais la différence avec moi c'est que mon père biologique étant le frère de mon père assumé, cela risquait de poser problème au niveau des droits d'héritage. Car n'oublions pas que le pognon est la première chose à laquelle ils pensent, donc il faut voir les choses de leur point de vue. Les circonstances de ma conception et de ma naissance font que j'ai peut-être des droits à la fois sur les biens de Célestin et ceux de Jean. Voilà pourquoi, en partie, il fallait me supprimer.

Vis-à-vis de moi, Célestin et ma mère se sont rendus coupables d'usurpation de titre ou de qualité car ils n'auraient pas dû avoir sur moi l'autorité parentale dont ils ont joui et abusé. Et moi si j'avais su que mon père était un repris de justice je ne l'aurais pas respecté comme je l'ai fait.

Maintenant je vais spéculer un peu, je n'ai pas de preuve directe de ce que j'avance, mais je m'appuie sur des emails où Sophie me disait que j'étais le fruit d'un inceste, et d'autres où elle parlait d'êtres humains en tant que "déchets" au sens de la doctrine nazie. Pour ce qui est de l'inceste, je lui ai bien fait remarquer que même si mon père biologique était Jean, il n'était pas consanguin de notre mère or c'est la définition même de l'inceste, donc ce qu'elle disait était faux. Mais je crois que mes parents se sont menti à ce sujet et se sont convaincus que j'étais porteuse d'une tare, projetant sur moi leur salissure,leur ignominie, et c'est pourquoi ils se comportaient avec moi comme s'ils n'attendaient que le pire malgré toutes les preuves du contraire, car j'étais très belle, j'étais serviable et rigolotte, et la plus intelligente, douée pour les arts, la musique, la danse, toujours première en rédaction et en récitation de poésies, le dessin et la peinture, les langues, le sport, comme si le bon Dieu leur avait joué un tour, ou comme s'il avait voulu leur tendre une perche (ou un miroir) pour qu'ils se repentent et retournent sur le droit chemin... mais rien de tout cela ne les a fait changer d'avis puisqu'ils ont persisté dans leur dessein de me supprimer au plus tôt, et puisque ma mère m'a toujours traitée avec une sorte de condescendance comme si j'étais réellement tarée. Voici deux emails de juillet 2004 où Sophie insinue puis déclare que je suis le fruit d'un inceste: du 7 et du 13 à lire en partant du bas comme d'habitude, et une de mars 2004 où elle parle de "race de déchet".

Maintenant que j'ai compris pourquoi j'ai été mise au monde, j'ai compris: l'acte de naissance était tout ce que mes parents voulaient, le reste, la personne humaine, était un déchet. Simple.

C'est seulement sous ce jour que tous les événements de ma vie prennent un sens. Car bien sûr Célestin étant l'obligé de son plus jeune frère ne pouvait aimer la belle enfant qu'il avait fait à sa propre femme pour lui sauver la mise, et ma mère n'osait m'aimer, si tant est qu'elle en fût capable, de peur que mon père ne soit jaloux de son frère, pensant que c'était ce dernier qu'elle aimait à travers moi. Voilà pourquoi tous les oncles, tantes, et parents éloignés paternels comme maternels me traitaient toujours comme s'ils avaient une arrière pensée. Et voilà pourquoi mes parents ont essayé par tous les moyens de me faire périr. Sans ce motif personne ne pourrait croire qu'un si grand nombre d'attentats ont été commis contre moi par mes proches parents. Moi même je me disais toujours qu'il devait y avoir un motif plus fort que mes droits d'héritière, avant de savoir qui état mon père biologique.

Je me suis coupée avec mon grand couteau de chef alors que je débitais un gros coing pour faire de la compote. La lame a entamé l'ongle de mon pouce gauche environ 3mm avant le point où il se décolle de la chair, donc rien de bien méchant. L'ongle a amorti le coup, un petit morceau d'ongle a été sectionné et j'ai un peu saigné et eu un peu mal pendant deux ou trois jours. Cela m'a rappelé les incidents précédents où je me suis coupée avec un couteau. En fait je n'ai pu me souvenir que de deux, quand j'étais toute gamine, sept ou huit ans, dans la cuisine chez Mémé à Allerey/Saône. Je me suis coupée à droite de l'ongle du petit doigt de la main gauche et cela a tellement saigné que j'ai défailli et dû m'asseoir. Ce qui m'a surprise sur le moment, sans que je cherche le sens de cette observation, c'est que malgré la présence de plusieurs de mes soeurs dans la cuisine à ce moment, aucune d'elles n'a appelé Mémé à l'aide ni n'a fait aucun geste pour m'aider. Au contraire, elle ont reculé et m'ont laissée me vider de mon sang comme si elles aussi étaient dans le coup; si jeunes, elles savaient déjà que mes parents m'avaient condamnée et ne voulaient pas risquer leurs foudres en me portant secours. La deuxième fois je me suis coupée dans les mêmes circonstances que la première, y compris au même endroit, à 5mm de la première coupure. Les deux cicatrices sont toujours là.

Voilà donc le fin mot de l'histoire. Et voilà aussi la réponse à la question qui m'a hantée toute ma vie: pourquoi mes parents avaient-ils eu tant d'enfant, car de toute évidence ce n'était pas par amour. Il aura fallu soixante ans pour que je l'obtienne sans l'aide de personne. Ironie du sort, le malheur des uns fait le bonheur des autres: il aura fallu la tuerie de Chevaline et le scepticisme désespérant de la police pour que je me pose la question des antécédents judiciaires de mon père, et parvienne enfin, en quelques bonds rapides, à la vérité sur le grand POURQUOI de ma vie. Ce n'est pas exagérer de dire que c'est un événement majeur. Si ce récit était de la fiction, l'écrivain pourrait finir son roman sur ces mots. Quand à moi, humble rédactrice de ma vie vécue, je remarque seulement que pour une raison qui doit avoir une explication astrologique, c'est toujours entre mon anniversaire et la fin de l'année que je fais des découvertes de ce genre. Et je vois cette année s'achever avec un sentiment de satisfaction et de soulagement.

Dans les jours qui viennent j'ajouterai à cette page les emails de Sophie dont j'ai parlé et quelques photos "avant/après" de mes bonnets.

Paris, le 9 janvier 2013.


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