Journal de la Femme à Abattre



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Paris, février 2013

Google est sur la page du Sommaire.

J'ai oublié de noter un incident le mois dernier. Ce n'était pas la première fois qu'un tel incident se produisait, aussi j'étais préparée. Voilà, je vais pour sortir faire des courses vers 16 heures, et une fois sur le palier m'aperçois qu'il n'y a pas de lumière. J'appuie sur la minuterie sans aucun résultat. Alors je rentre cHez moi, ferme la porte, et prends la lampe frontale qui pend au cou d'un de mes mannequins. J'ouvre la boîte qui contient les piles, les installe dans le petit boitier, allume la lampe, me la mets au front et descend l'escalier. Arrivée en bas j'enlève la lampe et tente de l'éteindre mais comme je m'en sers rarement j'ai oublié comment faire et tandis que j'essaie de l'éteindre un homme rentre assez précipitamment et il monte l'escalier. A mon retour de courses une heure plus tard le courant était rétabli et je n'ai plus eu besoin de ma lampe.

J'ai reçu récemment un email d'un inconnu me proposant un échange de liens. Comme le thème du site de mon correspondant n'avait rien à voir avec le thème du mien, je n'ai pas répondu mais j'ai réfléchi et me suis dit que je pourrais peut-être faire une proposition semblable au propriétaire du site "Affaires Criminelles", un site qui décrit en résumé les différentes affaires qui ont défrayé la chronique en leur temps, et fait l'objet de livres, qui sont en vente sur le site.

J'ai donc tapé "affaires criminelles" dans Google et presque tout en haut j'ai vu qu'il y avait une vidéo sur "l'affaire Karine Leroy" qui ne me disait rien du tout. J'ai donc renoncé temporairement à mon projet d'échange de liens et ai regardé les 3 vidéos. En résumé pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler, durant la dernière semaine d'école en juin 1994, Karine Leroy, une élève de 1ère âgée de 18 ou 19 ans a disparu sur le chemin de l'école qui la menait du quartier Beauval à Meaux au lycée Jean Vilar à 15 minutes de marche à travers la ville. Son corps sans vie a été retrouvé 35 jours plus tard dans un petit bois voisin mais l'auteur du crime n'a jamais été identifié. Dans la vidéo en trois parties il y a des interviews de la mère Annick Cagnet, de la soeur jumelle de Karine Nathalie Leroy et d'une amie Nathalie Esperet, du chef de l'enquête de gendarmerie, Capitaine Jeannesson ainsi que de la juge d'instruction Sophie Combes, entrecoupés de vues du quartier et des lieux qui font partie du drame.

Et depuis j'ai regardé cette vidéo encore trois ou quatre fois car l'histoire est tellement horrible et la douleur des proches, surtout de la soeur jumelle, tellement palpable et contagieuse, que je ne peux pas m'empêcher de me demander moi aussi qui a bien pu commettre cette atrocité. lire la suite.

Vendredi 15: Reçois livraison colissimo de ma cde Delamaison du lundi 4 fév. La confirmation de cde indiquait une date d'expédition le jeudi 7, mais c'est seulement le lundi 11 que j'ai reçu un avis d'expédition, qui elle même n'a eu lieu que le mercredi 13, soit 6 jours après la date d'expédition promise initialement.

La semaine a été pluvieuse tous les jours jusqu'à vendredi et je n'ai pas mis le nez dehors. La fête du Nouvel An Chinois a été reportée du dimanche 10 au 17. Toute la semaine j'ai fait des fleurs en crochet irlandais et tricoté un bonnet sur lequel quelqu'un a enchéri sur ebay.

J'ai continué à penser à l'affaire Karine Leroy. Où a-t'elle été tuée? Elle est montée en voiture avec sa mère et son ex-petit ami, et son cadavre a été déposé dans le petit bois de Montceaux-les-Meaux.

Samedi 16: le soleil brillait encore. Je suis sortie faire des courses. Chez Fructidor, alors que je me préparais à endosser mon sac à dos rempli de fruits et légumes, une femme a délibérément renversé mes béquilles qui étaient appuyées contre le meuble de la caisse. Elle m'a dit d'un ton emphatique "Oh! Désolée! J'ai failli commettre un crime!"

Lundi 18: ménage, shampooing, cuisine. Reçois depuis la semaine dernière des réponses à des posts que j'ai laissés il y a plusieurs années sur des forums qui ne m'ont pas plu et que j'ai rapidement abandonnés. Ainsi Doctissimo, Femmes Libres... J'ai lu la première réponse, c'était au sujet d'une recette de cuisine, et la personne me dit "...Mais sinon, tout est impec, madame a raison sur toute la ligne. Merci pour tes explications. Maintenant, je sais faire des bouillons. Waw, je vais crâner à mort avec ça. Je vais le mettre sur mon CV tient. alors que précisément je dis dans mon CV récemment envoyé au Cdt J. que je fais la cuisine. Une autre réponse était sur le sujet des condoms vibrants mais je n'ai pas lu le post.

Mercredi 20: Suis sortie pour expédier deux bonnets et faire des courses. Je devais acheter des enveloppes suivies pour envois de 100 grammes et en chemin me suis dit qu'elles coûtaient un peu moins cher si on les achetait par pack de dix. A la poste l'Africain de service m'a dit qu'il n'avait plus de pack et qu'à l'unité il n'en avait plus qu'une "mais j'en aurai demain matin". J'étais furax de devoir soit revenir le lendemain soit aller à l'agence de la rue du Moulin des Prés mais c'est ce que j'ai fait. J'ai remonté l'avenue de Choisy et ai pris la rue Auguste Perret à gauche. C'est une rue divisée en 2 dans la longueur, à gauche un large trottoir qui se trouve sous le niveau de la rue à l'endroit où se trouve l'école, et qui remonte vers la fin pour se retrouver au même niveau que la partie réservée aux véhicules. Certes les enfants sont protégés du trafic mais c'est aussi un endroit idéal pour faire une attaque ou un enlèvement. Donc j'ai fait attention de ne pas prendre ce trottoir mais de rester au niveau bien en vue, contrairement à ma coutume.

Arrivée à la poste je demande à la réceptioniste combien coûte un pack de dix. Elle me dit qu'elle n'a pas le prix en mémoire et qu'elle va aller voir. Elle disparait deux, trois minutes et j'attends debout en m'appuyant sur mes béquilles. Le temps n'en finit plus. Enfin elle revient avec un pack de dix. Je lui demande le prix. Au lieu de me répondre tout de suite elle commence à dépiauter l'emballage des enveloppes. "Mais qu'est-ce que vous faites?" je lui demande. Elle me dit que pour lire le code barre elle doit sortir la feuille de couverture alor qu'elle aurait très bien pu le faire à travers l'emballage en cellophane. Tout cela prend un temps fou et l'énerve. Enfin elle m'annonce que les 10 coûtent 26,20€ alors qu'à l'unité une enveloppe coûte 2,77. J'achète le pack, prépare mes expéditions et au moment de remettre les enveloppes la femme (une autre) s'absente de son poste et va vers une machine qu'elle ouvre et tripote en parlant à un homme qui était avant moi. Encore une ou deux minutes à attendre, puis elle revient et repart dans l'arrière boutique où ellereste encore une ou deux minutes. Finalement la revoilà et elle prend mes deux lettres et les tamponne.

Ensuite je vais au supermarché G20 et au moment où j'arrive à la caisse juste derrière un client qui finit de payer, le manager qui l'avait encaissé quitte son poste et me laisse plantée sans personne pour enregistrer mes achats. Il va à l'autre caisse. Je lui dis "alors vous me laissez plantée? Il me regarde et me dit "elle arrive." Et une femme se met à la caisse et commence à enregistrer mes achats.

Cela a fait 4 personnes qui m'ont fait le même coup, de me laisser en plan à les attendre. Ce n'est pas possible que ce soit par hasard. On me fait savoir que "quelqu'un" est mécontent. Quelqu'un qui leur donne des ordres et à qui ils obéissent.

Jeudi 21: Vers 14H j'étais en train de prendre en photo un bonnet que je venais de terminer/laver/repasser avant de le mettre en vente sur ebay, quan on a frappé à ma porte à coups rapides et insistents, comme si c'était urgent et important. Je n'ai pas répondu et ai continué mon activité.

J'ai repensé à mon appel du 11 courant au Commandant Jeannesson. Il y a deux choses que je lui ai dites auxquelles je n'avais pas pensé avant de l'appeler, elles me sont venues à l'esprit alors que je lui parlais, et je suis très surprise moi-même car il s'agit d'intuitions très pénétrantes: l'une est le fait que le divorce de la mère faisait peut-être partie de son plan car, dans l'hypothèse où elle aurait tué sa fille pour toucher une prime d'assurance vie, elle ne voulait pas risquer que des papiers, des courriers de la cie d'assurance, ne tombent sous les yeux de l'intéressée, de sa soeur jumelle ou du père. Le divorce et le fait d'habiter ailleurs lui permettait de recevoir tout ce courrier sans risque, et même, si elle a fraudé comme c'est quasiment certain, de donner sa propre adresse comme l'adresse de sa fille et d'imiter la signature de cette dernière sur la lettre de consentement de l'assuré.

L'autre idée qui m'est venue à l'improviste c'est que la position du corps, juste au bout du chemin d'accès et à la périphérie du bois, n'était pas compatible avec une séance de flirt mais davantage avec un scénario où quelqu'un a déposé le corps sans vie à cet endroit.

Quand je repense à cette conversation, ou plutôt ce monologue car le Cdt m'a laissée parler, j'étais bien consciente qu'il pensait avoir affaire au coupable car il l'avait dit lui-même à la fin du reportage, qu'il mettait ses espoirs sur un geste du coupable. Donc je sentais qu'il se taisait pour ne pas m'influencer, convaincu que j'allais faire des déclarations compromettantes, et quand je lui ai dit que je n'avais jamais entendu parler de cette affaire car je n'ai pas la télé, et que j'étais tombée par hasard sur le reportage sur Daily Motion au début du mois, je sentais bien qu'il ne me croyait pas. Mais je savais bien qu'il n'y aurait plus de doute possible sur mon innocence compte tenu de ce que j'avais à lui dire et j'avais confiance. Quand dès le début de mon argumentation sur les indices de préméditation j'ai parlé de "la jeune fille" j'ai senti qu'il tiquait car ce n'est pas ce qu'aurait dit une personne coupable de son homicide. Les deux fois où il m'a demandé "Comment savez-vous cela?" je lui ai répondu "C'est dans le reportage." Car il pensait me confondre, mais finalement il a dû faire un virage mental à 180° quand il a compris que je lui donnais la clé de l'énigme qui le tourmentait depuis si longtemps. On dirait qu'il n'avait jamais regardé le reportage où il est lui-même interviewé. Ou s'il l'a fait, c'est avec l'esprit brouillé par les faux indices, fatigué par les vaines recherches, et sous-pression par sa hiérarchie, pas étonnant dans ces conditions qu' il n'ait pas remarqué la contradiction flagrante au sujet du soutien-gorge de la victime placé dans la poche arrière de son jeans.

Lundi 25: Je suis sortie seulement pour poster un bonnet et un livre (vendu sur Amazon). J'ai d'abord affranchi l'enveloppe contenant le livre. Amazon rembourse un prix forfaitaire pour les expéditions et perçoit sa comm sur le reste, autrement dit le 1,50€ environ en sus du forfait non seulement ne m'est pas remboursé mais fait aussi l'objet du calcul de la commission.

Arrivée devant le bureau des expéditions l'homme de service (apparemment un homosexuel avec un piercing au sourcil droit) apparait en mode course et me dit "Bonjour Madame" puis disparait par une autre porte. Les minutes passent, j'appelle "Il y a quelqu'un?" et au bout de quelques secondes supplémentaires le même homme réapparait. Il me dit "Bonjour à nouveau!" Et tout ce que j'avais à faire c'était de lui remettre mon pli pour qu'il l'enregistre avec sa "douchette" (que mot à la c--, entre nous!), son lecteur de code barre.

Jeudi 28: Ces derniers jours j'ai fait l'inventaire des fils à tricoter en ma possession. En fait je n'ai pas encore terminé. J'ai aussi fait des recherches de modèles de tricot pour utiliser ces fils car les acheter est aisé, encore faut-il les utiliser. Je n'ai pas tellement envie de voir mon stock s'accroître davantage. Mine de rien, un carton à la fois, j'en arrive à avoir 8 cartons empilés sur une commode, et beaucoup d'espace à l'intérieur de mes armoires occupé aussi par de la laine à tricoter. Sans compter la grande malle pleine de coton à crocheter que j'ai acheté les années précédentes pour tisser des bandes. Maintenant que je me suis remise au crochet irlandais je vais pouvoir m'en servir pour faire des fleurs de toutes les couleurs.

J'ai vérifié si ma mère habite toujours en Normandie. La réponse est négative, mais positive pour Coulommiers en Seine et Marne à l'adresse indiquée sur la carte de Nouvel An qu'elle m'a envoyée.

Vis-à-vis de la "Tuerie de Chevaline est-ce que cela change la donne? La lettre datée du 3 septembre indique bien une adresse normande, et le cachet de la poste indique que la lettre a été postée à Coulommiers le 4 septembre, la veille de la tuerie, et en plein milieu de mes pensées de voyage et de rencontre avec Berg, voilà ma mère qui fait irruption -c'est tout-à-fait elle- avec cette lettre recommandée délivrée le 5, le jour de la tuerie, et m'alarme avec cette invitation le 3 octobre, à une réunion avec toute la fratrie, comme si étant donné les circonstances et mon état de santé j'allais pouvoir venir au rendez-vous. voir mon journal de septembre dernier.

Même si le scenario que j'avais imaginé ne tient plus, à savoir que ma mère ne s'est pas déplacée de Normandie en Seine et Marne pour parler à Norbert au lieu de lui téléphoner, il n'en reste pas moins que les deux lieux différents éveillent les soupçons. Puisque le cachet de la poste fait foi c'est donc la date et l'adresse de l'expéditeur qui sont fausses, alors pourquoi m'a-t'elle menti sur ce point? Pourquoi ma mère a-t'elle anti-daté sa lettre et indiqué une adresse où elle n'habitait plus?

Je n'ai pas de réponse. Je pense à cette maison que je n'ai jamais aimée et où je n'ai jamais habité mais où mes parents puis ma mère seule ont habité pendant quarante ans, depuis 1971, et cela me donne un sentiment de perte de penser que les quelques affaires personnelles que j'y avais -surtout des papiers, des photos- sont je ne sais où. Mes grands-parents maternels sont enterrés au petit cimetière de Brosville, de même que mon père, et y aura-t'il jamais quelqu'un qui viendra déposer un bouquet sur leur tombe, maintenant que ma mère a quitté la région?

J'ai fini par ouvrir le pli reçu de ma mère fin décembre, indiquant son adresse à Coulommiers. C'est bien-sûr une carte de voeux, avec une icône de l'Archange Saint Michel (si ma mémoire est bonne, c'est lui qui a terrassé le Dragon du Mal):

"Ma chérie, Brigitte bien-aimée, l'Archange est là pour combler mes vides ou mes erreurs. Qu'importe puisque le contenu n'est qu'amour. Je te l'envoie de toutes les forces de mon coeur. Bonne année féconde et riche en partage de prières (Agnès et toute la fratrie). Je t'embrasse de tout coeur. Maman"

J'ai reçu ce mois-ci encore des nouvelles de ce procès que ma mère m'a intenté il y a trois ou quatre ans, et cela continue.... J'ai trouvé le pli dans ma boîte aux lettres le samedi 16, envoyé en courrier simple, et aucune trace d'huissier ne l'accompagnait. Un des papiers parle d'"extra-judiciaire" mais alors ce n'est as sérieux, ce n'est pas devant la Cour d'Appel si c'est extra-judiciaire? C'est à devenir fou. Et en plus l'adresse de ma mère indiquée sur les papiers est son (ancienne) adresse en Normandie:

Voeux de ma mère
Lettre d'huissier
Dénonciation
Conclusions


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