Journal de la Femme à Abattre



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Paris, juillet 2013

Correspondence au sujet du décès de ma mère, demandes infructueuses d'acte de décès et pressions pour mandater un notaire choisi d'avance à mon insu.

Samedi 6: Cette semaine j'ai fait 4 litres de ratatouille et l'ai mise en bocaux. J'ai commencé par éplucher, couper et saler les aubergines pour leur faire rendre leur jus amer, et pendant ce temps j'ai fait cuire les tomates et les courgettes. En fin de journée j'ai fait frire à la poêle les tranches d'aubergines roulées dans la farine.

Le lendemain j'ai fait noircir les poivrons sur la flamme pour pouvoir les peler facilement, j'ai fait cuire deux gros oignons hachés et des gousses d'ail. Enfin j'ai coupé en 4 les grosses tranches d'aubergines puis dans la cocotte où j'avais réchauffé les tomates j'ai ajouté tous les ingédients sans mettre tout à la fois pour être sûre d'avoir les bonnes proportions. En fin de compte j'ai tout mis sauf 5 ou 6 tranches d'aubergine. La cocotte était pleine. En même temps l'eau du bouilleur chauffait et tout a été prêt en même temps. J'ai rempli 5 pots de 0,75l et il me restait de quoi faire deux repas. J'ai pris l'habitude à force de le faire aussi maintenant pour faire mes conserves je n'ai plus d'hésitations et tout s'enchaîne sans accroc.

Tous ces derniers jours j'ai continué mon tricot. Comme le cheval qui sent qu'il approche de l'écurie, j'ai redoublé mon effort. En même temps les rangs devenaient de plus en plus courts. Aujourd'hui à 18H il ne me reste plus qu'à faire la bordure autour du cou. J'ai suivi la méthode d'Elizabeth Zimmermann et cela a marché à ravir. Cette femme a ré-inventé le tricot et les explications. Elle a l'avantage d'écrire sur un ton de conversation avec des pointes d'humour parsemées dans le texte aussi on ne s'embête pas à lire des explications rébarbatives et des abréviations à s'arracher les cheveux.

Aujourd'hui je suis sortie vers 13H car je voulais avoir terminé mes courses avant qu'il ne fasse trop chaud. J'ai étrenné mon short avec les bordures en sashiko. Il est très agréable à porter.

Depuis mon retour de Coulommiers après ma tentative infructueuse pour porter plainte, j'ai été tantôt très abattue tantôt très en colère. Je pense que ma mère accepterait de me verser des dommages et intérêts pour les diverses blessures que j'ai reçu. Cela me réconforterait dans une certaine mesure, mais ne résoudrait pas tous les problèmes. Car si elle et mes frères et soeurs continuent à violer l'intimité de ma vie privée comme auparavant, je n'aurai pas davantage de liberté. Il faudrait qu'ils acceptent d'avoir eu tort à mon sujet. Nous avons tous la même mère et sommes liés par elle, et ils n'avaient pas le droit de me traiter comme si je n'avais aucun droit. Quels que soient les prétextes invoqués, j'avais comme eux la liberté de conscience et si je refusais de prendre une certaine voie c'était mon choix, l'exercice de ma souveraineté inaliénable, et si eux et elles se sont laissé acheter c'était leur choix aussi, et s'ils étaient mécontents que je fasse un choix différent ils/elles n'avaient aucun droit de prendre quelque mesure que ce soit à mon encontre. C'est cela qu'ils doivent accepter.

Nous voici à l'âge mûr et après toutes leurs tentatives pour m'éliminer ils n'ont réussi qu'à me blesser et accumuler pour ma part les motifs de ressentiment. A combien d'essais ont-ils droit? Est-ce que ces échecs répétés n'ont jamais fait naître le doute en eux, leur a fait considérer que peut-être me supprimer, moi leur soeur, qui ne leur avais jamais rien fait, n'était pas une bonne idée? Se sont-ils sentis pris dans un engrenage dont la seule façon de se libérer était de réussir pour de bon? Je n'en sais rien, peut-être. Enfin moi j'ai tout de suite compris que si je m'engageais dans la voie du crime avec ma famille je ne pourrais jamais en sortir même si je voulais.

C'est moi-même qui ai payé de ma liberté les conséquences de leurs crimes car ils n'ont pu rester libres d'aller et venir -et tenter à nouveau leur chance- qu'en m'entourant d'une surveillance de chaque instant. Dans ces conditions il est impossible d'avoir la moindre relation avec qui que ce soit, que ce soit avec un homme comme compagnon potentiel (mieux vaut tard que jamais) ou avec les deux sexes juste pour amitié, ou avec un médecin ou un dentiste pour obtenir les soins dont j'ai tellement besoin, pas plus qu'avec un avocat qui pourrait me conseiller à l'encontre de mes intérêts tout en me facturant des honoraires salés. Jamais je ne pourrai avoir confiance en personne, c'est bien fini. Donc n'ayant nulle part où aller sauf pour faire mes courses, c'est tout comme si j'étais emprisonnée, donc c'est moi qui fais de la prison pour les crimes dont je suis victime! Et cela a toujours été comme ça, même quand j'étais enfant et que je ne le savais pas encore.

Lundi 8: J'ai mis en ligne mon journal de juin. Cela me rend malade de penser à tout cela. Je voudrais compléter mais ne peux me résoudre à faire ce qu'il faut, relire des messages mais pourtant il le faut. Je sens mes tripes se tordre à la seule pensée.

Mets en bocal 1,5 litre de sauce tomate, faite avec les 4Kg de tomates fraîches achetées hier au marché à 1,50€ les 2Kg.

Mardi 9: Termine mon pull-tunique. Fais des photos, les mets en ligne sur Ravelry et en soirée je le lave et le mets à sécher. Une fois lavé et mis à plat les points se sont mis en place et unifiés, il n'y a plus d'irrégularité dans le tricot. Heureusement qu'il fait très chaud, le séchage sera rapide.

Vendredi 12: J'ai fait du ménage ces derniers jours. Chaque fois que je termine une pièce qui m'a pris un certain temps je mets à jour la tenue d'intérieur qui a souffert. Profité de la chaleur pour laver des vêtements en laine qui sêcheront vite, fait de l'espace en me débarrassat d'une grande machine à écrire IBM à boule (un des derniers modèles avant le traitement de texte électronique). J'avais un béguin particulier pour ces machines. J'en ai encore 2 mais toutes me sont arrivées hors d'état de marche contrairement à ce que disait l'annonce, et j'ai besoin de place.

Je suis en train de ruminer plusieurs idées de projet. En broderie je voudrais bien me lancer avec le point ... lancé. Jusqu'à présent je n'ai fait que du point compté sauf avec le Sashiko. J'ai aussi un projet de short identique en forme à celui que j'ai fait l'an dernier mai dans un lin marron-noir avec des bandes brodées style Kogin. Un autre projet de couture pour un haut à empiècement princesse.

Je suis sortie à 10H30 ce matin faire des provisions. Il faisait encore frais et la lumière était douce. Cela faisait plus d'un mois que j'allais au rayon des gants en caoutchouc qui était à court de gants "gros travaux" en taille moyenne, mais aujourd'hui le rayon était réapprovisionné. Du coup j'en ai pris deux paires! Les gants "de ménage" se trouent vraiment trop facilement alors que les gants "gros travaux" qui coûtent plus cher, durent beaucoup plus longtemps.

Lundi 15: J'ai commencé un châle en dentelle style Orenburg (Russie) en cachemre-mérinos (30-70%) et fait un autre bocal de 1,5 litre de sauce tomate.

Mercredi 17: Je me suis résolue à aller voir s'il y avait du neuf dans ma messagerie Orange. Juste 3 messages de fin juin, un de la soi-disant drectrice de la maison de retraite de ma mère où elle dit que c'est dommage que je ne sois pas venue la voir à ma sortie du commissariat. Un d'Elisabeth m'envoyant la photo grand format de notre mère, qu'elle a utilisée pour son faire-part (dont je n'ai pas reçu d'exemplaire), un autre de Sophie où elle parle de la situation à la maison d'Emalleville.

Je me sens un peu mieux. Ces derniers jours (depuis ma tentative infructueuse pour porter plainte) j'étais très déprimée. Je n'ai aucune idée comment la situation concernant la succession va se débloquer. Peut-être sont-elles/ils en train de procéder avec la donation-partage entre 6 enfants comme prévu, en dépit du fait qu'ils ne soient pas parvenus à me tuer.

Je réfléchis à ma vie. Je ne trouve pas un seul homme avec qui j'ai eu des relations sexuelles, qui n'ait pas été un agent secret de mes parents. C'est-à-dire que mes parents l'avaient choisi à mon insu pour qu'il participe à ma mise à mort sans en avoir l'air, et ont manipulé mes circonstances de manière à ce que je le rencontre. Ensuite il lui a suffi de manifester un peu d'intérêt pour m'attirer à lui, et une fois que j'avais mordu à l'appât il lui était facile de me manipuler.

Ce qui m'a sauvée c'est que je voulais que certaines conditons soient réunies avant d'avoir des relations sexuelles, en particulier la confiance, un minimum de confort et d'intimité, c'est pourquoi je n'ai pas eu de relations sexuelles avant l'âge de 18 ans.

Mais avant, il y a eu plusieurs jeunes gens avec qui j'aurais pu, non parce que j'étais amoureuse mais par simple curiosité car ma mère, malgré mes supplications, m'avait volontairement privée de toute information sur le sexe masculin et son fonctionnement, disant que c'était à l'homme de fournir ces informations, ce qui me rendait de plus en plus malheureuse à mesure que le temps passait, de sorte que j'ai passé mon bac en juin 1971 dans l'ignorance totale, et c'est seulement quelques joura après la fin des examens que j'ai entre-aperçu un pénis en érection. Il appartenait à un jeune Américain (Andy Pépin) qui disait voyager en auto-stop et était de passage à Annecy, et avait été recueilli par Sylvain Vicki, resté seul chez ses parents qui étaient partis en vacances.

Je ne sais plus comment j'avais rencontré Andy, mais moi et Véronique avons passé quelques heures avec lui durant lesquelles il a bu à une fontaine en faisant une coupe avec ses mains pour recueillir le jet d'eau. Il y avait quelquechose de séduisant et de symbolique dans ce geste car d'une part j'étais forcée de le regarder, d'autre part l'association subliminale de l'eau de la fontaine avec la pureté lui donnait un certain charme. Il parlait bien français, et de fil en aiguille je l'avais présenté à Sylvain. Un matin j'avais rendu visite à Sylvain et il avait entr'ouvert la chambre où dormait Andy et le jeune homme, nu et allongé sur le dos, avait une érection palpitante, très visible en sihouette car la fenêtre d'où entrait la lumière à flots l'éclairait par derrière. J'avais refermé la porte aussitôt sans bruit mais je crois que le plan était que j'entre et aille y voir de plus près.

D'ailleurs, Sylvain, je ne le connaissais que depuis quelques jours aussi: j'avais fait sa connaissance en passant les examens du bac, il m'avait abordée alors que nous attendions de rentrer dans la salle d'examen, et mon frère François avait parait-il dans sa classe un autre petit Vicki nommé Benoît donc quand Sylvain m'a donné son nom de famille il ne m'était pas inconnu. Ceci dit je ne sais pas pourquoi il m'a abordée alors que j'étais noyée dans la foule, et j'ai toujours trouvé que quelquechose sonnait faux dans son comportement, en particulier la façon dont il riait.

Bref, ce matin là j'aurais pu rentrer dans la chambre d'Andy pour avoir une relation sexuelle avec lui. Je crois que c'était le plan, et une fois que j'étais en train il aurait été facile de m'attaquer et me tuer. Ce n'était ni la première ni la dernière fois qu'on allait essayer de me piéger par le sexe. Mais ce matin-là les circonstances minimum n'étaient pas réunies. Mais l'information que j'ai obtenue grâce à cet épisode a mis fin à l'ignorance dont je souffrais tellement et je me suis sentie soulagée d'un grand poids.

* * *

Jeudi 25: Il a fait très chaud ces dix derniers jours (jusqu'à 33°). J'ai temporairement mis de côté le petit châle en dentelle d'Orenburg que j'ai commencé. Tout marche bien et il prend belle tournure mais j'ai des ouvrages plus urgents à réaliser: avec des coupons de lin que j'ai achetés il y a une dizaine d'année je veux me faire des jupes-culottes comme celle que j'ai faite en lin marine car décidément c'est un modèle qui est à la fois pratique pour moi et joli si j'y ajoute des broderies. J'ai donc aujourd'hui préparé une toile couleur ivoire, c'est-à-dire je l'ai repassée, coupé la quantité qu'il me faut, coupé cela en deux pour chaque jambe, marqué le milieu du côté et une bande de 10cm au bas de chaque jambe, tout cela étant un plaisir car c'est une belle toile d'une belle couleur et pendant deux heures en début d'après-midi j'ai accompli lentement mais sûrement chaque étape du travail. Autrefois j'avais tendance à lésiner sur les quantités et je vivais dans l'angoisse d'avoir coupé trop juste (et en effet, cela m'est arrivé de nombreuses fois) mais maintenant je coupe large car parfois la coupe du marchand a dévié et il peut y avoir une différence de quelques centimètres entre un pan et l'autre de chaque côté du pli marchand, et j'apprécie la tranquillité d'esprit!

Voilà donc ma toile prête à recevoir les motifs. J'avais commencé à prévoir une broderie Kogin mais j'ai changé d'avis et ce sera du Sashiko. Le Kogin sera pour des vêtements plus lourds, de mi-saison ou d'hiver. Ce matin j'ai feuilleté ma documentation et après avoir considéré plusieurs motifs j'en ai retenu deux ou trois. Je suis très excitée par ce nouveau projet et j'ai des idées qui fourmillent car pour décorer ce modèle on peut utiliser toutes sortes de techniques de broderies.

Lundi 29: Terminé la mise en ligne des correspondances avec ma fratrie concernant le décès fictif de notre mère.

Correspondence au sujet du décès de ma mère, demandes infructueuses d'acte de décès et pressions pour mandater un notaire choisi d'avance à mon insu.


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