Journal de la Femme à Abattre



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Paris, février 2014

Par lettre du 21 janvier le syndic de l'immeuble avait annoncé sa visite accompagné d'une entreprise de plomberie afin de visiter tous les appartements dans le but d'identifier l'origine des fuites d'eau. Peu désireuse d'ouvrir ma porte à deux inconnus car je soupçonne que cette fuite, quoique réelle, pouvait être un prétexte pour m'attaquer à mon domicile, surtout que je ne crois pas un instant à cette histoire de dé-plombage ordonné par la Ville, j'ai fait la morte quand j'ai entendu des coups frappés à ma porte dans l'après-midi du 4.

Le 5 et 6 février j'ai écrit la 3ème version de mon rapport d'enquête sur l'homicide de Marine Boisseranc. Version 3 pdf, 2ème version, Version 2 pdf. J'ai complètement changé la structure que j'avais adoptée dans les deux moutures précédentes car j'en avais assez de "analyse et synthèse" je me sentais à l'étroit là-dedans. J'ai regardé l'affaire sous un autre angle. "Assez tourné autour du pot" je me suis dit. Je voulais en finir pour de bon et anéantir l'assassin de Marine. J'ai isolé les 3 points faibles de la version du père de la victime et les ai disséqués pour étaler au grand jour la culpabilité du père et de ses deux amis médecins. Ainsi je tenais ma promesse téléphonique, que non seulement je savais détecter le mensonge mais encore, je pouvais trouver le moyen de confondre les coupables!

J'ai hésité à garder la transcription de la bande son du reportage, puis l'ai mise à la fin parce que je voulais que mon texte soit en premier, mais comme la transcription avec le minutage demande un travail soutenu d'attention et de patience je n'ai pas voulu la bazarder, pensant qu'elle pouvait encore être utile.

J'ai terminé le document dans la soirée et le temps de relire, coder et peaufiner il était bien tard alors j'ai attendu les douze coups de minuit pour que la date passe au 7 (par préférence pour ce chiffre), et j'ai envoyé ma 3ème et dernière version du rapport à l'Adjudant Chef Duval, pensant avec plaisir qu'il la trouverait dans sa boîte de réception dès son arrivée au bureau.

Après cet effort intellectuel je me suis permis de souffler et de me distraire.

Le reste du mois de février a été largement consacré à la fuite d'eau venant d' plafond de ma sdb: après le syndic c'est un huissier qui m'a écrit pour visiter mon appartement car l'infiltration qui affecte le mur de la cage d'escalier doit selon lui être causée par les installations sanitaires "non conformes"chez moi. A quoi j'ai répondu par e-mail photos à l'appui que la fuite venait du plafond de ma sdb, et exprimé mes regrets sincères (ha ha ha!) de ne pouvoir le recevoir à l'heure dite.

Mon frère Norbert est entré en jeu, me conseillant de laisser Mr Hung, le restaurateur et copropriétaire d'appartements, s'occuper de la réfection car il a une équipe complète de rénovation et ils feront tout en accord avec mes desiderata (mais voyons!) Mon frère proposait de venir avec Hung. J'ai répondu que j'allais procéder en bonne et due forme et d'abord faire une déclaration de sinistre à mon assureur et dit à mon frère que je regrettais d'avoir à lui dire que je ne souhaitais pas le rencontrer. Il a répondu que ça n'avait aucune importance. Voir ici et les échanges d'e-mails, à lire de bas en haut évidemment! On notera en paticulier comment Parry et Hung répondent indirectement à mon courrier à l'huissier où je dis que mes réclamations auprès du locataire et du propriétaire de l'appartement d'où vient l'eau sont restées vaines, comme pour réfuter l'accusation sous-jacente que le sinistre est un acte de malveillance, intentionnel. Cependant cet écoulement du plafond n'a commencé qu'après que j'eusse fait enlever le compteur d'eau, car quelqu'un profitait de mon absence pour le dévisser un tant soit peu, ce qui ne manquait pas de provoquer des fuites. Je l'ai donc fait enlever, certaine que ma mère l'avait fait installer seulement chez moi dans le seul but de satisfaire son sadisme et sa perversité par des fuites d'eau incontrôlables.

J'ai demandé à Hung de remplir un constat et de le glisser dans ma boite aux lettres pour que je le remplisse de mon côté mais il a été déterminé après tout que la fuite provenait de la colonne d'eau générale et que la responsabilité incombait non pas au copropriétaire mais au syndic car la colonne d'eau est une "partie commune". J'ai donc demandé au syndic de m'envoyer un constat rempli et il m'en a envoyé un rempli mais non signé, j'ai donc dû le renvoyer en demandant qu'ils l'envoient directement à mon assureur après signature.

Le lundi 24 mars je suis allée à la poste pour retirer un objet en instance, une table lumineuse pour négatifs photos, dont je voulais surtout me servir pour copier des motifs de broderie par transparence. L'employé, un grand jeune homme (environ 33 ans) brun aux cheveux drus et courts, m'a dit que le paquet n'était pas là. Je lui ai montré le message que j'avais reçu du vendeur en Allemagne, me donnant le n° du colis et il m'a dit des balivernes pour me faire comprendre qu'il avait bien le colis mais qu'il ne voulait pas me le donner. Mais je ne pouvais pas l'accuser! En plus c'était le dernier jour pour retirer ce colis car il était en instance depuis 13 jours. J'ai fini par m'énerver un peu -bien sûr ils arrivent toujours à me faire perdre mon calme- et à ce moment là l'employé s'est détourné de moi et s'est occupé d'un autre usager. J'ai envoyé un autre message au vendeur qui m'a assuré que le colis était bien arrivé le 11 février à cette agence de la poste. Je me suis interrogée longuement sur le message que cette attitude du postier était censé me transmettre.

Au courrier j'avais un pli assez épais, venant de Me Villoteau (succession de ma mère), m'informant de la réunion de coprops pour l'Assemblée Générale le 4 mars. Elle disait qu'elle avait trouvé acquéreur pour l'appart de ma mère (que sont devenus les 4 autres?) et que comme des travaux allaient être mis au vote à l'AG il valait mieux se mettre d'accord avec l'acquéreur avant l'AG sinon les frais resteront à la charge du vendeur. Voilà qui me donnait l'impression que je devais me dépêcher de vendre mon propre appatement. Mais j'ai appris à ne pas me laisser impressionner par les manoeuvres qui essaient de me faire agir dans la précipitation et l'affolement.

Maintenant c'est le moment de rappeler qu'à l'ouverture de la succession en 1990 j'ai dit tout de suite que je ne voulais posséder aucun bien immobilier. On m'a répondu que l'immeuble de l'avenue de Choisy restait dans la famille, qu'on n'allait pas le vendre, et que chaque enfant allait hériter d'un appartement (et notre mère de 5 apts + toutes les caves). Ensuite en 2002 quand j'ai parlé des conditions de mon retour en France avec Sophie et avec ma mère, j'ai bien dit que je ne voulais pas habiter avenue de Choisy car j'y avais de mauvais souvenirs, et c'est pourtant là que j'ai été forcée d'emménager, dans l'appartement que j'ai reçu en héritage mais dont on ne m'a jamais donné ni le titre ni le règlement de copropriété. Depuis que je vis dans cet appartement j'ai été victime de l'agression qui m'a brisé quelquechose dans le genou, puis quand j'ai essayé de me faire soigner j'en ai été empêchée c'est pourquoi depuis bientôt dix ans je dois marcher avec des béquilles. Ensuite deux de mes bridges dentaires se sont descellés et là aussi je n'ai pas pu recevoir les soins dentaires dont j'avais besoin. Et maintenant que je suis éclopée et édentée (heureusement qu'il me reste quand même les dents de devant!)donc de présentation très mauvaise, et handicapée physiquement pour assumer tous les déplacements et transports requis par l'acquisition d'un nouveau domicile et l'emménagement, c'est maintenant qu'on veut me faire partir de mon appartement! Voilà une situation "à la Picart" tout craché.

Ayant rassemblé quelques éléments épars -c'est ainsi que communique ma famille-, un voisin ici qui me dit que son propriétaire (mon frère François) vend son appartement, Norbert qui me dit qu'il a vendu le sien -celui où vit toujours Valérie Aler, la mère de ses enfants- les différents courriers, les fuites d'eau intentionnelles mais prétendûment accidentelles depuis des années... Alors maintenant je comprends le sens de l'attitude du postier: il me disait "Oui j'ai votre colis mais je ne vous le donnerai pas. Et si vous n'êtes pas contente vous n'avez qu'à aller vivre ailleurs où vous dépendrez d'un autre bureau de poste!" Alors tout le harcèlement que j'ai subi chez les commerçants, et que j'ai raconté dans ce journal, c'est aussi pour cela! Comme ils ne sont pas arrivés à me tuer ils essaient de me chasser, toute éclopée que je suis, afin de récupérer "mon" appartement! Je comprends maintenant! Quelle bande de salopards immondes!

J'ai travaillé sur une technique de broderie ajourée très ancienne et italienne, le Reticella et son cousin, le Punto Antico. Puis j'ai eu une idée de tricot, je cherchais à faire quelquechose en couleur, en jaquard, et finalement je me suis décidée à tricoter une écharpe pour remplacer une que je porte et qui est très usée, et je voulais que les couleurs aillent bien avec ma veste d'hiver ocre. Après avoir essayé divers mariages de deux couleurs -car j'ai une gamme étendue de couleurs à ma disposition- et cherché un motif et un modèle, j'ai arrêté mon choix sur un motif très ancien et pour le réaliser la forme doit être tubulaire car il faut tricoter en rond, afin de ne pas avoir à faire de rang sur l'envers. Donc j'ai dû calculer la largeur de mon écharpe compte tenu du fait qu'elle est constituée de 4 épaisseurs. En fait il n'est pas nécessaire qu'elle soit très large, 15cm suffisent. Puisqu'elle est tubulaire comme une manche, je l'ai commencée comme une manche avec un bord à côtes.

Le 25 je reçois un e-mail d'un homme qui recherche des membres du public susceptibles de participer à l'émission de FR2 "Toute une Histoire". Il me demande si j'ai connaissance d'un meurtre non élucidé, d'une affaire etc. soit en tant que membre d'une famille endeuillée, soit à tout autre titre. Comme l'émission de ce nom que j'avais regardée ne m'avait pas beaucoup plu je n'ai pas répondu, mais à la fin du mois j'étais durement éprouvée nerveusement et moralement par la situation concernant mon appartement, avec un sentiment d'impuissance et de désespoir naissant, d'être ainsi coincée et sans issue, alors je me suis dit qu'après tout cet homme m'offrait peut-être sans le savoir une chance d'échapper à ma situation. Je lui ai donc répondu en lui parlant de l'affaire du colis piégé dont l'enquête est enlisée et lui ai décrit très succinctement comment j'y suis mêlée, en lui donnant l'adresse de mon site internet où il trouvera toutes les explications, documents à l'appui. Je lui ai aussi demandé de transmettre mon message à la police car j'aurais grand besoin de son aide pour me sortir de "ce cauchemar qui ne s'arrête pas."

Pour terminer le mois sur une note légère, je voulais aussi parler de deux pigeons qui se distinguent du groupe par leur comportement:
- Pigeon A est reconnaissable parce qu'il lui manque le doigt du milieu sur le pied gauche. Je l'ai favorisé en lui présentant des "friandises" -des graines autres que des brisures de riz- et chose curieuse, il a toujours préféré les picorer en passant sa tête dans l'entrebâillement de la fenêtre. Mais ses compagnons ne le laissent jamais se régaler tout seul très longtemps et pendant qu'ils le regardent s'empiffrer sans encore rien faire ils ont une attitude très parlante, ou alors c'est moi qui l'imagine, mais ils penchent la tête d'un air grave, ou d'un air qui dit "et moi alors?" ou ils ont l'air de souffrir d'une injustice. Très vite il y en a un ou plusieurs qui essaient aussi de picorer dans l'entrebâillement de la fenêtre et il y a un embouteillage dans le passage étroit. S'il n'y a rien à manger pour ses compagnons, Pigeon A recule de la fenêtre et attend que je l'ouvre et leur donne à manger à eux aussi. Voilà un pigeon qui fait preuve d'un sens des respnsabilités envers son groupe, ce n'est pas un égoïste aveugle aux besoins de ses frères!

Mais le plus drôle avec ce pigeon c'est que quand il me voit entrer dans la cuisine il frappe sur la vitre avec son bec! Et quand je m'approche pour ouvrir la fenêtre il est très excité, il danse et secoue la tête.

Pigeon B quant à lui est beaucoup moins craintif, il est même audacieux et plus intelligent que les autres! La première fois que je l'ai remarqué je tendais un petit bol de graines aux pigeons qui étaient debout sur la rambarde de la fenêtre et lui, pour pouvoir en manger à son aise, est venu se poser sur ma main, alors que tous les autres se bousculaient sur la rambarde. Il a continué ce manège quelques jours, puis il a manifesté de l'impatience (ou de la joie?) quand il m'a vue entrer dans la cuisine et quand j'ai ouvert la fenêtre il a carrément volé vers moi et s'est posé sur mon épaule. J'ai mis des lentilles vertes dans le bol car j'ai vu que les pigeons en raffolent, et il est descendu le long de mon bras pour picorer debout sur ma main. Comme il faisait froid j'ai fermé la fenêtre et il ne s'est pas inquiété. Quand il a été rassasié il s'est perché sur ma tête, ou sur la marmite, et j'ai ouvert la fenêtre pour lui rendre immédiatement sa liberté car j'ai peur, si je l'empêche de partir quand il veut, qu'il ne veuille plus jamais revenir.

Une fois il y avait plusieurs pigeons avec lui et je l'appelais et lui tendais le bol de graines mais il n'a pas voulu venir se poser sur moi tant que ses potes n'avaient rien à manger. Lui aussi a le sens des responsabilités envers sa société! C'est beau à voir, et émouvant. Quelquefois quand j'ouvre la fenêtre il descend du toit et vient directement se poser sur moi après avoir effectué un freinage impressionnant et gracieux. Cela dure depuis plusieurs mois. Eh oui, encore une mémé aux pigeons. Les pigeons ont été créés spécialement pour que les solitaires, les esseulés, les abandonnés du genre humain, trouvent un réconfort qui les aide à supporter leur sort.


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