Journal de la Femme à Abattre



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Paris, août 2014

Mercredi 6: J'ai contacté l'IGPN, la "police des polices" au moyen du formulaire en ligne mis à la disposition du public. J'ai signalé le refus d'enregistrer ma plainte par le policier de Coulommiers quand je m'y suis rendue en juin 2013. Le jour même ou le lendemain je suis allée prendre des draps chez 5 à Sec et devant moi il y avait une femme qui apportait une robe noire à nettoyer. Elle a pointé un endroit sur la robe pour signaler une tache et je ne sais plus si c'est elle ou l'employée qui a dit "Ce n'est pas méchant!" et au cas où je n'aurais pas compris que cette phrase me concernait, elle l'a répétée quelques secondes plus tard. Cette phrase est une expression que ma mère ne manquait jamais d'employer chaque fois que je me plaignais de quelque chose qu'elle ou l'un des membres de la fratrie m'avait fait. C'est donc le refus par le policier d'enregistrer ma plainte pour tentative d'enlèvement et d'assassinat, ainsi qu'usage d'un faux acte de décès, qui n'est pas méchant? Ou alors c'est ma mère qui faisait semblant d'être morte sur la photo? Si ceci n'est pas méchant on se demande qu'est-ce qui l'est!

Lundi 10: En début de matinée je me suis mise en route, à pieds, sur l'avenue de Choisy vers la mairie du 13ème pour obtenir des adresses de services sociaux. Le temps était gris et la température moyenne, juste ce qu'il me fallait. Au retour j'ai pris l'avenue d'Italie et fait quelques courses.

Toute la semaine je me suis détachée de l'affaire Boisseranc et du forum d'A2 car il me semble, même avec les nouveaux venus, que dès qu'on s'approche de la vérité on assiste à une levée de boucliers, sous forme de flooding, de trolling et toutes les mesures habituelles de blocage qui sont aussi vieilles qu"internet lui-même. j'ai donc abandonn2 la partie avec une sorte de dégoüt car à part les complices du père de la victime qui s'fforcent d'empëcher que la vérité se manifeste, les autres membres du forum me font l'effet d'individus déséquilibrés, certains d'entre eux, hommes et femmes, intervenant sur tous les fils de discussion comme si les affaires criminelles occupaient toute leur énergie.

Pour me changer les idées, et parce que je n'avais pas encore résolu mon problème de bordure pour mon tricot, je me suis remise au nouage de filet car en passant en revue mes différents ouvrages j'en ai trouvé quelques uns inachevés, deux d'entre eux en attente d'une bordure au filet. J'ai donc regardé à nouveau des vidéos et re-lu des livres et si le premier des deux petits napperons laisse encore à désirer, le second est très satisfaisant. Je crois que je re-ferai le premier car je n'ai plus peur de chaque maille, et je ferai les mailles avec un gabarit plus petit.

J'ai regardé de nombreuses vidéos sur des techniques textiles auxquelles je m'étais initiée avant de me mettre au tricot, et j'ai été séduite à nouveau. L'essentiel est d'avoir recours à la technique adaptée pour répondre à un certain besoin. Par exemple il y a des gens qui s'obstinent à faire des cabas au crochet ou au tricot alors que ce qu'il faut est un matériau qui ne s'étire pas. J'avais moi-même tricoté une paire de rideaux d'hiver en mohair et une fois installés ils se sont étirés sous le poids et j'ai converti ces rideaux à un autre usage.

J'aurai besoin d'une bordure pour un grand carré où j'ai fait en appliqué inverse un motif en médaillon inspiré des shyrdaks kirghiz, et aussi d'une bordure pour faire une nappe afin de recouvrir un élément de rangement improvisé. Pour la nappe je sais que je ferai un galon avec des tablettes. Pour le médaillo je crois que je poserai une bande de tissu de la même couleur brodée style Sashiko avec la couleur contrastante. Cela fait longtemps que je ne me suis pas servie de mon métier à tablettes.

Mercredi 13: J'ai eu deux cauchemars terrifiants l'un après l'autre. Je me promenais dans la campagne (je crois que c"était en Haute Savoie) et juste au moment où je sors d'un bois et me retrouve dans un pré, un énorme rocher à peu près deux fois plus haut que moi s'approche de moi et s'arrête juste à un ou deux mètres du sentier où je passe, J'ai eu une peur bleue car il n'avait fait aucun bruit et tout à coup il était là, prêt à m'écraser. J'ai pensé qu'il allait rouler à nouveau et j'étais affolée mais (comme j'ai compris plus tard dans la journée) ce rocher était en fin de course. Un peu plus tard j'étais dans une maison à flanc de montagne et une coulée de débris approchait en faisant un vacarme assourdissant et nous étions nombreux à nous être réfugiés dans cette maison. Le bruit se rapprochait et j'étais certaine que la coulée allait engloutir la maison avec ses occupants. Nous étions tous debout, pétrifiés par la peur, attendant notre sort. J'ai bien cru vivre mon dernier instant de vie et me suis dit que d'ici quelques minutes je serais passée dans l'autre monde. Le mur en amont de la coulée céda et je vis la plupart de mes compagnons être emportés par le flot de boue et de rochers, mais l'endroit où je me tenais fut épargné et nous fûmes une poignée à survivre.

Lundi 18: J'ai une molaire en haut à gauche qui me fait souffrir. Je me suis renseignée sur les services dentaires à vocation sociale mais à cause de douleurs au genou droit assez violentes je ne suis pas sortie. J'ai refait pour la troisième fois une bordure en filet d'un petit napperon et ne suis toujours pas satisfaite.

Mardi 19: J'avais décidé d'aller au service dentaire avenue de Choisy mais tandis que je prenais mon thé du matin j'ai entendu une tronçonneuse en opération et quand je me suis levée un peu plus tard et ai regardé où elle était j'ai vu qu'elle était à peu près en face de l'église St Hippolyte, l'emplacement exact de l'ancien cabinet dentaire de la Croix Rouge où je m'étais fait extraire des molaires en 1974. Quelle coïncidence! Je n'ai pas voulu m'approcher de ce vacarme alors j'ai attendu et c'est vers 15 heures que je suis sortie. Au moment où j'arrivais devant l'église il y avait, apparus comme par magie, un corbillard sans cercueil et deux croques-mort qui s'affairaient autour du véhicule arrêté sur le trottoir et j'ai dû les contourner. sur cette photo on voit que plusieurs arbres devant l'église (sauf le 2ème à partir de la droite) ont été élagués. Ce sont les seuls à avoir subi ce traitement. Arrivée au n°3 où le centre dentaire s'était établi après avoir quitté le bâtiment attenant à l'église, j'ai appris qu'il avait déménagé depuis deux ans à la rue Ponscarme dans le 13ème. En revenant j'ai pris quelques photos de la Petite Ceinture désaffectée (voir en bas de page) car j'aimais bien comment la lumière l'éclairait. Un homme âgé m'a approchée et a entamé une causette. Tout allait bien pendant un moment, j'ai même dit que ce serait bien si on convertissait tout cet espace en jardins potagers, mais aussitôt j'ai pensé au vol et au vandalisme alors j'ai ajouté "...mais il faudrait de la surveillance à cause de la délinquance" et immédiatement l'homme a terminé la conversation et s'est éloigné. Je suis allée faire des courses chez Fructidor, de quoi faire une grosse ratatouille sauf que j'ai oublié d'acheter des poivrons.

De retour chez moi j'ai pris rendez-vous au centre dentaire de la Croix Rouge pour le 29 août.

Mercredi 20: J'ai commencé à faire la ratatouille en modifiant la procédure pour minimiser le stress. Je commence par mettre les oignons à cuire dans une poêle à feu doux et pendant qu'ils cuisent j'épluche et coupe en gros dés les courgettes. Je laisse 3 ou 4 bandes de peau durant l'épluchage sinon les morceaux tournent en purée. Je les mets à cuire sur feu moyen dans une grande cocotte en fonte et ajoute les oignons mi-cuits et de l'ail haché menu. Pendant que ça cuit je mets les aubergines à griller dans leur peau à même le feu du brûleur mais, rusée que je suis, je les pose sur une grille à gâteau pour les stabiliser et pendant qu'elles grillent elles cuisent aussi à moitié. Assise sur une chaise près du fourneau je surveille de près cette opération et quand elle est terminée j'éteins tout. Les courgettes, ail et oignons finissent de cuire à la vapeur et les aubergines refroidissent.

Jeudi 21: J'ai enlevé à la main la peau des aubergines. La chair est très molle et se sépare en lambeaux dans la longueur. Je les débite en tronçons assez gros et les ajoute aux autres légumes qui mijotent pour terminer la cuisson. Les années passées j'épluchais les aubergines, les découpais en tranches, les saupoudrais de sel pour les faire dégorger leur jus amer, et après avoir séché individuellement chaque tranche avec de l'essuie-tout (une dizaine de feuilles au moins!) faisais frire les tranches à la poêle après les avoir roulées dans la farine assaisonnée, et une fois cuites les coupais en quarts avant de les ajouter à la cocotte. Ainsi les aubergines n'absorbaient pas l'huile de la préparation mais quel boulot!

Vendredi 22: J'ai reçu ce matin du gros fil (mat câblé n°5) que j'avais commandé pour me faire des rideaux en filet. Je suis allée acheter des poivrons, tomates en boîte et des brisures de riz. Une jeune femme que je n'avais jamais vue m'a dit bonjour, et quand je me suis approchée des légumes elle était justement en train de mettre des poivrons tout frais à l'étalage. J'ai mis les poivrons à griller et ajouté les tomates. Les années passées je m'étais donné beaucoup de mal à traiter les tomates -d'abord à les acheter, et Dieu sait si c'est la croix et la banière. Puis je les pelais après les avoir ébouillantées et les épépinais- mais c'est trop de travail et cela revient beaucoup moins cher de les acheter pelées et cuites au naturel. J'ose espérer que la marque italienne utilise des tomates italiennes, pas des tomates-zombies cultivées en serre aux Pays Bas. Si c'est tout le bien que nous fait l'Union Européenne, mettre à la disposition des consommateurs des tomates de serre poussées dans des pays nordiques à la lumière des aurores boréales, quelle chance on a, vraiment!

En donnant du riz aux pigeons je me suis aperçue qu'un escabeau était posé sous ma fenêtre et atteignait presque la hauteur pour qu'un homme n'ait qu'à se hisser pour pénétrer chez moi. Au moyen d'un manche à balai j'ai repoussé l'escabeau qui est tombé vers la gauche mais s'est trouvé retenu par un gros climatiseur. Plus tard un locataire de l'immeuble en face côté cour a mis à sa fenêtre un grand drap violet qui est resté là jusqu'à la fin de la journée. Ce voisin que je ne connais pas me fait le coup de temps en temps, quand j'ai fait quelque chose qui a déplu à ma mère. Je suppose que je n'aurais pas dû repousser la tentative d'invasion par la cour. Ben voyons!

Samedi 23: Opération Ratatouille: Ce matin j'ai enlevé la peau grillée des poivrons et les ai découpés et mis à cuire avec quelques louches de ratatouille dans un petit poêlon, au lieu de mettre à chauffer la totalité.

J'ai commencé le rideau en filet. Le gros fil blanc convient très bien et il ne me fait pas mal aux doigts car pour serrer chaque noeud il faut tirer fermement.

Dans l'après-midi j'ai mis la ratatouille en bocaux. J'en ai eu suffisamment pour bien remplir 5 bocaux de 75cl et il m'en restait presque autant pour un 6ème mais je voulais en avoir pour manger tout de suite. La grande cocotte en fonte était pleine et la préparation pas trop liquide. Pour l'assaisonnement j'ai mis des herbes de Provence, du paprika et un mélange d'épices indiennes nommé Tandoori, plus un morceau de cannelle pour neutraliser l'acidité des tomates. J'ai découvert ce truc toute seule, voulant éviter d'ajouter du sucre ou du bicarbonate de soude, et il marche très bien. Je suis beaucoup moins fatiguée que les fois précédentes une fois les bocaux terminés. Je me souviens que les années précédentes j'étais épuisée et surtout j'avais très mal aux genoux d'être restée debout si longtemps. Cette méthode simplifiée, sans stress me plait beaucoup.

J'ai regardé beaucoup de vidéos sur la fabrication de hamacs style Maya. C'est une sorte de sprang longitudinal et les artisans ont tous et toutes leurs propres motifs qui se transmettent dans les familles. Les fils sont entrelacés mais pas noués.

Dimanche 31: Le reste du mois j'ai continué à nouer le filet pour faire des rideaux, le genre qui s'accroche justa au-dessus de la vitre par une petite tringle supportée par des vis en L. Cette installation ne demande aucun outillage et permet de faire un rideau aux dimensions les plus économes, ce qui n'est pas rien quand on fait des noeuds aux quatre coins d'un carré de 8mm de côté. Je crois que ce style de rideau s'appelle "bonne-femme".

Le gros fil que j'ai reçu ne me blesse pas les doigts comme le faisait le fil plus fin, mais le filet n'a pas la lourdeur ni la tombée inimitable du filet en chanvre ou en lin. Mais pour le moment je m'en contenterai. Après quelques ratés j'ai enfin atteint ma vitesse de croisière. Les ratés arrivent quand on oublie de passer la navette dans une boucle de fil avant de le passer par la maille mais on ne s'en rend pas compte et on continue le travail. On s'aperçoit qu'on a raté un noeud une vingtaine de mailles plus loin. Il faut alors défaire les noeuds jusqu'à ce qu'on arrive au noeud défectueux. Je suis devenue une as du dénouage. Le pire est arrivé quand, après avoir défait vingt-cinq noeuds je suis repartie dans le mauvais sens et ne m'en suis aperçue qu'après avoir fait une dizaine de noeuds. Il y a des moments où on a envie de piétiner l'objet récalcitrant mais cela ne ferait qu'aggraver la situation. J'ai appris -ou plutôt, ré-appris- qu'à la moindre sensation de fatigue ou de faim, il faut arrêter et faire une pause sinon on va faire une erreur qui prendra du temps à corriger. Cela ne manque jamais aussi maintenant je vérifie mes noeuds dès que j'en ai une quinzaine sur le gabarit, et j'arrête dès que j'ai fait deux rangs, soit 98 noeuds. Ainsi je peux travailler sans incident et faire environ six rangs dans la journée.

J'ai pris contact avec plusieurs menuisiers pour me faire faire un cadre afin de tisser comme les Mayas mais aucun n'a montré d'intérêt car soit ils sont ébénistes et ne font que du travail haut de gamme, soit ils sont négociants et font de la menuiserie en série comme par exemple pour la construction d'une maison.

Finalement je ne suis pas allée à mon rendez-vous dentaire du 29 car je n'aimais pas être la dernière patiente de la semaine. En effet le rendez-vous était pour vendredi 29 à 17H30. Comment? Ils ne font pas les 35 heures à la Croix Rouge? La dent qui me faisait souffrir s'est cassée et maintenant je n'ai plus mal mais la sinusite ou la rhinite que je traîne depuis plus d'un an est due, j'en suis sûre, à une infection de mes dents supérieures. Toutes ces dents qui portaient un bridge ont été dévitalisées mais cela n'empêche pas la carie de progresser ni l'infection. Je me mets dans le nez des gouttes d'huile d'olive dans laquelle a macéré du thym car le thym est un bon remède contre les affections du tract respiratoire supérieur. Mais si cela soulage temporairement l'encombrement de mon nez, ce n'est qu'un palliatif.


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