Journal de la Femme à Abattre



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Paris, octobre 2014

J'ai intégré ici une version de cette chanson d'automne bien connue, "les Feuilles Mortes", qui sous le nom de Autumn Leaves est un standard du répertoire de jazz aux USA. Cette version assez peu connue est superbe et très émouvante, avec Chet Baker à la trompette et au chant, en duo avec Ruth Young, une chanteuse peu connue. J'ai intégré aussi, pour comparaison, le chant du choeur de l'Armée Rouge qui a dû l'inspirer, car le refrain de ce dernier est identique au refrain de la chanson française, bien que sur un rythme complètement différent.

Lundi 6: Le mois a démarré plutôt bien. J'ai presque terminé mon châle. J'ai improvisé du début à la fin et suis contente du résultat mais j'ai hâte d'en finir pour pouvoir passer à autre chose. J'ai complètement épuisé le cône de fil à tricoter qui, si mes calculs sont exacts, contenait 900 mètres de fil assez fin. Voici comment on calcule le métrage d'après le poids et le titrage: un fil au titrage de 2/12 est composé de 2 brins, et il faut 12 mètres d'un brin pour faire 1 gramme. Donc il faut 6 mètres par gramme si le fil a 2 brins, et si le cône contient 150 grammes de fil, cela fait bien 900 mètres de fil, non?

Les légumes ont enfin atteint un prix abordable (poivrons à 2,50€/kg) et j'ai fait de la sauce tomate que j'ai mise en bocaux (8 bocaux de 350ml). Et ce n'est pas fini, je vais encore faire des provisions pour l'hiver. Les courses se sont bien passées ces derniers jours.

Aujourd'hui j'ai fait du ménage poussé car j'ai envie de faire certains projets et j'ai besoin d'un environnement propre pour avoir l'esprit libre. Il y a beaucoup de vide à faire.

Mercredi 8: Hier j'ai travaillé à mettre en ligne mon journal de septembre. Avant de me coucher j'ai remarqué que de l'eau s'écoulait du plafond à l'endroit où il y a un grand trou. Mesure de rétorsion parce que j'ai critiqué ma défunte soeur Agnès, je suppose.

J'ai aussi fait du lavage à la main et cuisiné à la cubaine 1kg de haricots noirs qui avaient trempé toute la nuit. Puis je les ai réduits en purée. Aujourd'hui je les ai mis en bocaux (5x 0.75l). Il en restait juste assez pour faire un grand bol de soupe et comme je trouvais la préparation un peu rêche j'y ai ajouté quelques cuillerées de fromage blanc battu et c'est juste ce qu'il fallait pour que la soupe devienne veloutée. On peut y rajouter une touche de couleur avec de petits dés de poivrons, des rondelles de carotte ou des cubes d'avocat cru.

Cela fait deux jours qu'on a un vrai temps d'automne et je ne m'en plains pas. Cette pluie sur les feuilles jaunissantes et le bruit mouillé des voitures sur l'asphalte me donnent envie de me préparer un nid douillet pour l'hiver.

Je suis allée acheter des fruits et légumes et à mon retour j'ai fait six bocaux de chou-fleur au naturel. J'ai acheté 2,5kg d'aubergines à 2€ le kilo, une "occase" à ne pas rater. M'en occuperai demain.

Jeudi 9: J'ai fait cuire les aubergines à la vapeur à la cocotte minute puis les ai mises en bocaux (2x0,75l) en attendant de pouvoir en faire de la ratatouille ou autre chose.

Affaire Karine Leroy: J'ai appris en faisant une recherche sur internet qu'en juillet dernier Mme Cagnet, la mère de la victime, a retenu Me Corrinne Herrmann, la spécialiste des affaires non-résolues, pour faire expertiser par des experts de la partie civile, les ADNs des deux prédateurs sexuels Fourniret et Gouardo. Cela m'a mise en colère et j'ai réfléchi à ce que je pouvais faire. Finalement j'ai décidé que la situation était trop délicate pour m'adresser à quiconque utre que les gendarmes, et j'ai fait une révision approfondie de la Synthèse que j'avais écrite en juin 2013.

Mardi 14 j'ai téléphoné à la gendarmerie de Meaux et l'homme qui a pris mon appel s'est souvenu de moi. Je lui ai dit que je voulais communiquer aux enquêteurs mes récentes découvertes, que j'étais en train de finaliser le document, que je pourrais l'envoyer demain et lui ai demandé l'adresse e-mail.

Je suis allé faire des courses à G20 et à mon retour l'eau qui depuis quelques jours gouttait du robinet d'arrivée général à la fréquence de 1 goutte toutes les 5 secondes, gouttait maintenant une fois par seconde!

D'autres arbres ont été élagues dans mon champ de vision. S'il y avait de l'élagage que je ne pouvais voir de mes fenêtres, je l'entendrais quand même, mais rien. Pendant la session d'élagage tellement bruyante, et celle de déchiquetage du bois qui suit très bruyante aussi, je suis contrainte de rester dans le côté cour de l'appartement (salle de bains ou cuisine) alors j'en profite pour faire du rangement et du nettoyage.

Mercredi 15 j'ai travaillé toute la journée sur le document et à 16H57 je l'ai envoyé avec copie au Cdant Jeannesson, mais les deux mails sont revenus non-distribués. J'ai encore essayé deux fois, puis j'ai essayé en me servant de ma messagerie Orange, et en désespoir de cause ma messagerie Yahoo dont je ne me sers jamais, mais le message m'est revenu à chaque fois non-délivré. On dirait que c'est au niveau de mon IP que le blocage est fait. Qui en est responsable? Et pourquoi?

Jeudi 16: J'avais regardé le reportage sur l'affaire dite du "Grêlé" sur YouTube l'avant-veille mais je voulais d'abord terminer ma synthèse sur l'affaire Karine Leroy avant de me tremper dans cette nouvelle affaire. Mais j'étais impatiente de communiquer ce que je savais et sans avoir pu encore envoyer ma synthèse à Meaux j'ai voulu parler à la Crim'. J'ai donc téléphoné au commissariat du 1er arrondissement disant que j'aimerais parler à quelqu'un de la Brigade Criminelle du quai des Orfèvres car j'avais peut-être une info qui pourrait aider à la résolution d'une affaire ancienne, un violeur et tueur en série. "En Syrie?" me demande-t'il. "Non! En série! L'affaire dite du "Grêlé". Il a réfléchi un peu puis il m'a dit qu'il allait prendre mes infos. Alors je lui ai dit qu'en 1976 quand j'avais 24 ans j'ai eu un petit ami qui correspondait à la description du Grêlé. J'ai donné quelques infos répondu à quelques questions, il m'a demandé si mon n° de tel. était bien le XXX et j'ai dit oui, et il m'a dit qu'il me rappellerait.

Je suis allée à la cuisine et tandis que je lavais de la vaisselle j'ai entendu le téléphone. Je ne m'attendais pas à être rappelée si rapidement. Une femme m'a dit qui elle était et elle m'a posé davantage de questions et je lui ai donné une description plus détaillée, elle m'a demandé le nom de l'homme en question, je lui ai dit que nous n'avions pas duré ensemble très longtemps et je lui ai raconté comment il avait débarqué quand je vivais dans un squat rue Charles Bertheau, en disant qu'il avait travaillé sur une plateforme de forage en Mer du Nord, comment nous étions devenus amants, à l'issue d'un viol en quelque sorte, même si je n'ai pas offert de résistance. Les mots venaient facilement. La femme m'a demandé pourquoi je me manifestais maintenant et pas avant. J'ai dit qu'entre 83 et 2002 je vivais aux USA donc à l'époque des faits je n'étais pas au courant; et que cela faisait seulement un an et-demie que je m'intéressais aux affaires criminelles, que je les regardais sur internet car je n'ai pas la télé, que j'avais vu tout ce temps le nom du reportage dans la liste mais n'ai regardé le reportage que l'avant-veille. Elle m'a remerciée et nous avons terminé la conversation.

En début d'après-midi j'ai rappellé la gendarmerie de Meaux et dit que le message ne passait pas malgré plusieurs tentatives, dont la dernière il y a quelques minutes. Mais qu'en tapant "Karine Leroy Synthèse" dans un moteur de recherche mon document, celui que j'avais essayé d'envoyer en pièce jointe par e-mail, apparaitrait en tête de la liste. Il m'a assuré qu'il allait transmettre. J'ai dit "Merci Monsieur, au revoir!"

Comme plusieurs arbres étaient en train d'être élagués devant mes fenêtres je suis allée à la cuisine où j'ai fait un nettoyage du sol dans les recoins difficilement accessibles. Il a fallu que je déplace beaucoup d'objets pour libérer le sol et le laver. Les souris font des dégâts et des salissures. Elles m'ont même bouffé ma broderie sur la cheminée, sales bestioles! Elles sont mignonnes mais elles m'incommodent, cependant je ne veux pas les tuer car cela ne sert à rien.

Ayant terminé mes divers travaux je me suis allongée et j'ai écouté le Requiem de Mozart.

Lundi 27: Le lendemain de mon appel au commissariat du 1er et à la gendarmerie de Meaux, j'ai entendu le bruit caractéristique de la tronçonneuse tout près de chez moi. Je n"étais pas encore levée car juste quelques seaines avant le changement à l'heure d'hiver mon organisme se met de lui-même en retard d'une heure. Donc il était 9H et quelques, et je me dis "Encore cette tronçonneuse!" et après m'être levée j'ai vu que ce n'était pas une tronçonneuse mais un appareil à souffler les feuilles. Même moteur. Et curieusement, l'homme qui actionnait cet engin n'a travaillé qu'en face de chez moi, ni plus à gauche, ni plus à droite. Il faut dire qu'il n'y a plus rien à couper sur ces pauvres arbres.

Depuis mon appel concernant l'affaire dite du "Grêlé", j'ai réfléchi et je me suis rendu compte que c'est seulement en parlant à la policière que j'ai réalisé que le jeune homme m'avait violée, parce que du fait que je n'aie pas résisté, j'ai confondu avec le consentement et n'avais jamais réalisé mon erreur. J'ai regretté que la policière m'ait interrompue ar si elle m'avait laissé continuer je lui aurais dit qu'après le viol le jeune homme avait dormi dans mon lit et que durant la nuit il m'avait 'baisée' encore une fois, et le lendemain il se comportait à mon égard comme s'il était amoureux et depuis ce jour-là nous avions été ensemble. Mais c'était la fin de notre bail précaire au squat et quand la petite communauté s'est dispersée j'étais sans logis, j'ai zoné avec lui une ou deux semaines dans sa chambre de bonne jusqu'à ce qu'il me dise qu'il avait l'impression que je me servais de lui pour habiter à l'oeil, ce qui m'avait estomaquée et convaincue d'aller vivre à Evreux dans la petite maison de ma mère. Et c'est comme ça que nous nous sommes séparés, sans scène de récrimination.

J'étais revenue à Vincennes un jour d'automne que j"étais de passage à Paris, avec l'intention de voir P. et passer la nuit chez lui. J'avais les clefs. Et j'ai trouvé la chambre entièrement vide. Je ne savais pas où il était parti. Comme il était tard je n'avais pas d'autre solution pour passer la nuit que cette chambre. Heureusement il y avait deux matelas en mousse, alors je me suis allongée sur l'un et me suis couverte avec l'autre et j'ai dormi sans avoir froid.

Depuis quelques jours l'eau s'écoule de la vanne d'arrivée d'eau. Aujourd'hui j'ai essayé de remédier au problème moi-même mais n'ai fait qu'aggaver la situation alors j'ai pris rendez-vous avec un plombier pour jeudi 30.

Dans la journée j'ai entendu des coups de marteau violents comme quand on va faire de la maçonnerie. Après tout le travail de ravalement et de peinture dans l'escalier depuis le début de l'année cela semble bizarre. Le bruit venait de très près et a continué jusqu'à 17H.

Fait un gâteau au citron bien réussi.

Mercredi 29: Vers 14H j'ai appelé la SRPJ de Versailles, chargée de l'affaire Sabine Dumont. J'ai pu donner mon n° à une personne qui partage le bureau avec l'enquêtrice responsable de l'affaire et j'ai attendu qu'elle me rappelle en faisant du rangement dans la salle de séjour. Puis le téléphone a sonné juste quand je venais de laisser entrer "mon" pigeon par la fenêtre. Il est resté sur mes épaules mais je l'ai chassé avant de rentrer dans ma chambre pour prendre la communication. Je m'attendais à parler à l'enquêtrice de l'affaire Dumont mais c'est une femme du Quai des Orfèvres qui m'a appelée concernant l'affaire du "Grêlé". Je lui ai donné davantage de détails qui me sont revenus en mémoire après mon premier appel. Elle était à la recherche de renseignements qui pourraient l'aider à localiser l'individu. Elle avait trouvé sur YouTube les deux vidéos où P. apparaît et nous en avons parlé un peu. Elle m'a dit qu'on ne voyait pas de cicatrices sur son visage. J'ai répondu que c'est le travail du cameraman de faire disparaître les imperfections mais que j'ai bien reconnu son visage cependant la couleur des cheveux n'est pas naturelle. Elle a voulu savoir des détails personnels mais je lui ai re-dit ce que j'avais dit à la policière du 1er Arrt: Il évitait les questions personnelles, ne me laissait jamais lui en poser et ne me posais jamais aucune question personnelle non plus. Il meublait tous les silences avec ses discours sur Bakounine, Trotsky Guy Debord et Okenghem. Et c'est certainement parce qu'il ne voulait pas que je connaisse ses détails personnels. En raisonnant tout haut j'ai constaté que le spectacle est un de ses intérêts majeurs étant donné le livre dont il parlait sans cesse; je me suis rappelée qu'il faisait de la photo d'art et plus tard quand nous avons partagé un appartement rue Blomet en 1980 il faisait des courts métrages d'art et d'essai. Toutes ces infos mises ensemble, ajoutées au fait qu'il habitait au métro Château de Vincennes, m'ont amenée à penser qu'au lieu d'être ouvrier sur une plateforme de forage pétrolier en Mer du Nord comme il me l'avait dit en se présentant, il était étudiant à la fac de Vincennes car il y a beaucoup de propagande communiste dans les facs.(Mais alors pourquoi m'avait-il menti? J'étais moi-même intéressée par les arts audo-visuels, et nous aurions pu échanger des idées à ce sujet). Je crois qu'avec cette info mon interlocutrice va pouvoir remonter jusqu'à lui. Je lui ai aussi donné le nom de Vladimir S. qui était ami avec lui à l'époque.

A un moment je lui ai dit que je ne voulais pas en dire plus au téléphone car je pensais être sur écoute. Elle m'a demandé pourquoi je croyais cela, et je lui ai dit "Parce que j'ai des ennemis". Elle m'a dit que si elle avait encore besoin de me parler elle s'arrangerait pour que ça se fasse dans leurs locaux en face à face. Elle m'a parlé très gentiment.

Au milieu de notre conversation je lui ai demandé de patienter une minute car j'entendais le pigeon voler et je voulais le laisser sortir. Je suis donc rentrée dans la salle de séjour, il s'est posé sur mon épaule et je suis allée à la cuisine, j'ai ouvert la fenêtre et il s'est envolé sans rien avoir becqueté. Il est revenu plus tard pour remédier à la situation.

Jeudi 30: Le plombier est venu vers 10 heures. Il a mis un "robinet d'arrêt" en laiton à l'ancienne comme je l'avais demandé et "bouchonné" les tuyaux d'arrivée et sortie d'eau du ballon d'eau chaude.

Vendredi 31: Le mois se termine et ce qui s'est passé depuis que j'ai regardé le reportage sur l'affaire du Grêlé a provoqué un bouleversement en moi. Le fait d'avoir pris conscience que j'avais été violée et non pas que j'avais consenti à ces deux premiers rapports sexuels avec P. a ôté de ma psyché un voile grisâtre qui modifiait ma perception de moi-même depuis presque quarante ans. Tout rapport sexuel provoque la sécrétion d'oxytocine, une substance qui contribue à l'attachement affectif, donc même en cas de viol la femme ressent un attachement pour son agresseur. C'est pour cela qu'après cette nuit j'ai considéré P. comme mon petit ami et je pense que c'est pourquoi seulement 10% des viols font l'objet d'une plainte! Pour cette seule raison je peux dire que ce mois a été fructueux. Si en plus P. est bien le Grêlé il y aura des ramifications que je suivrai avec intérêt.


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