Journal de la Femme à Abattre



[ACCUEIL] - [SOMMAIRE] - [MES PHOTOS FLICKR] - [CONTACT] - [LIENS] - [<--] - [-->]

Paris, janvier 2018

Lundi 15: J'ai continué mes expériences aux fourneaux. Ce weekend avec un kilo de haricots coco et deux choux blancs, j'ai fait neuf litres de soupe. J'y ai ajouté les ingrédients classiques de la soupe aux poireaux-PdT. J'ai fait tout cuire séparément et c'est seulement à la fin quand tout fut cuit que j'ai fait les mélanges. Les PdT coupées en dés, les choux en morceaux qui tiennent dans une cuillère à soupe, j'ai stérilisé cinq bocaux et le lendemain j'ai ajouté à ce qui restait du piment en poudre et du concentré de tomate pour pouvoir choisir d'un coup d'oeil entre la soupe simple et la soupe pimentée.

Je suis très attirée par la vie en éco-hameau mais mes sentiments sont tout de même mitigés car l'appartenance à un groupe impose des contraintes. Ayant téléphoné à quelqu'un du hameau de Busseix à Ladignac-Lelong en Haute Vienne, je me rends compte qu'a priori je ne suis pas dans la catégorie désirable à cause de mon âge. Et c'est sans parler de mes problèmes de santé. Je pourrais toujours plaider que ce ne sont pas des affections chroniques comme l'hypertension ou les problèmes digestifs ou respiratoires, que mes maux peuvent facilement être guéris, mais les gens ne veulent pas trop s'arrêter à ces détails. Ils cherchent plutôt des jeunes couples avec de jeunes enfants. Il existe un éco-hameau fondé par et pour des retraités. Il faudra que je me renseigne. C'est curieux tout de même. Dans ma tête je me sens mûre et plus sage que dans ma jeunesse, et en possession de nombreuses compétences utiles, mais j'ai du mal à accepter qu'on me considère comme trop vieille juste parce que j'ai 65 ans. Je n'ai pas de cheveux blancs ni de rides, alors je ne les fais pas. Je suis juste estropiée et édentée, et on peut l'être avant d'avoir atteint l'âge de la retraite

Si je devais aller habiter ailleurs il faudrait que la maison soit habitable en l'état car je ne veux pas devoir faire appel à des pros du bâtiment, ni faire moi-même du travail de rénovation. Cela veut dire qu'il faudrait aux alentours de 50.000 € minimum, si je veux un peu de terrain pour faire mon jardin.

Cela finit par être stressant de regarder toutes ces maisons et terrains à vendre. En tout cas j'ai appris à évaluer les biens plus rapidement et efficacement en fonction de mes critères: pas de maison en bord de route, ni en contrebas de la route. Regarder par satellite s'il n'y a pas d'implantation indésirable à proximité, telle qu'une carrière, une mine même abandonnée, une friche industrielle, une station d'épuration ou une vaste étendue de mauvais terrain sans usage apparent, qui pourrait être un site pollué et inconstructible. Il faut aussi se référer à la carte de France de l'énergie atomique car la quantité énorme de déchets radioactifs rend de nombreux endroits impropres à l'habitation même si le certificat d'urbanisme est positif.

Mercredi 17: J'ai reçu un pli de la Cour d'Appel de Paris. C'est la notification d'un arrêt suite à une démarche de Sophie demandant à la cour de statuer sur un point qu'elle avait soulevé dans un appel précédent et que la Cour n'avait pas traité. En même temps elle relève une erreur car il était dit que j'étais représentée par le même avocat que les plaignants alors que c'est moi qu'on poursuit, solidairement avec le notaire Marc Laurent de Rouen. Tout est assez confus, je ne reconnais pas le langage habituel des tribunaux, tandis que Sophie se livre à une logorrhée où les termes spécifiques et les phrases alambiquées donnent le tournis. Il y a un refrain qui est répété au moins trois fois, c'est que je suis redevable solidairement avec le notaire de plus de 130.000 euros plus 6.000 de frais de justice, et 19.980 euros environ à chacune de mes trois soeurs mais il n'est pas expliqué pourquoi les autres n'y ont pas droit eux aussi. Car non contents de m'avoir arnaqué mon héritage mes cohéritiers, à l'initiative de ma mère, jouent les victimes et me poursuivent en justice depuis 2009 pour récupérer ce qu'ils disent est le trop perçu. Ainsi ils me baisent à l'aller et au retour, tous les sept et depuis le décès d'Agnès cela fait une en moins et trois en plus. Ils n'ont apparemment aucun scrupule à s'attaquer à un personne seule qu'ils empêchent de se défendre, comme des violeurs en bande qui tiennent les mains et les pieds de la victime pendant que leur complice s'affaire. Quelle bande d'ignobles salopards! Aucune décence, aucune gêne. S'ils étaient dans un camp de prisonniers ils tueraient pour une patate à moitié pourrie.

Mais il y a quelque chose de pas normal dans ces papiers, c'est à la page 2 qui a pour en-tête « PAR CES MOTIFS »:« Dit que l'affaire sera rappelée à l'audience du 9 janvier 2018 à 14H45 » alors que la notification m'a été envoyée le 16!

Mardi 30: Je continue à m'intéresser à la construction d'habitation et à me renseigner. J'ai poursuivi mon opération de débarras et de rangement afin d'éliminer les recoins qu'affectionnent les souris. J'ai encore jeté pas mal de choses, notamment trois paires de chaussures avec lesquelles javais parcouru des kilomètres sur les trottoirs de New York. C'était des chaussures talons plats de la marque Botticelli, une marque de qualité, fabrication italienne tout cuir qu'on ne trouve qu'à New York. Elles me rappelaient des souvenirs, il suffisait que je les regarde pour ressentir l'état d'âme que jéprouvais alors, mais cela valait-il la contrainte de leur donner de l'espace physique ici et maintenant? Non.

J'ai aussi réalisé une tâche rébarbative mais indispensable pour le gain de place: le démontage et nettoyage d'un pied pour broderie. C'est un support articulé en bois de hêtre qui permet de fixer un métier à broder et de s'installer n'importe où pour travailler. Il est composé de nombreuses pièces en hêtre et de tiges filetées et de boulons à ailettes. J'ai donc démonté ce pied tout en laissant intacte la tête, et j'ai nettoyé toutes les pièces à l'eau et au savon car les souris avaient sali l'objet et lui avaient donné une apparence vraiment répugnante. Maintenant il est réduit à un faible volume et rangé dans un carton bien à l'abri.

J'ai aussi découpé le couvercle d'un bidon d'huile de 25 litres récupéré dans la poubelle du restaurant et après l'avoir nettoyé j'y ai placé tous les produits chimiques que j'ai acquis pour faire de la teinture végétale et des produits d'entretien. J'en ai fait la liste pour savoir exactement ce que j'y ai mis et ne pas avoir à tout sortir quand je cherche quelque chose. Le découpage de la tôle n'a pas été très aisé car je n'ai pas de ciseau adéquat. Je me suis donc servie d'un grand couteau mais vers la fin me suis souvenue d'un ciseau de ferblantier ancien que j'avais acheté sur eBay, c'était je crois mon premier achat. Mais je me suis blessée quand les deux lames se sont refermées, car du côté du manche il s'est aussi produit un effet de cisaille, le coussinet de mon majeur s'est trouvé coincé et j'ai reçu un pinçon très violent. Aussitôt j'ai vu mon doigt devenir tout bleu et enfler, c'était très inquiétant, mais il n'y avait pas de blessure ouverte. Dans la soirée j'avais bien mal et avant d'éteindre les feux j'ai mis du Baume du Tigre sur le bobo. Et le lendemain, tout avait disparu, y compris la douleur! Mais je maudis le vendeur de l'objet qui, plutôt que de mettre au rebut cet objet défectif et dangereux, a préféré le vendre au mépris de son prochain pour en tirer quelque gain. Je me souviens d'avoir payé ces ciseaux onze euros.

En cuisine j'ai fait une tarte au potiron en suivant une recette trouvée sur internet. J'ai mis du saindoux au lieu de beurre dans la pâte, car j'avais lu dans un livre que cela fait une excellente pâte, et c'est vrai! Pour une fois la pâte était très réussie. La garniture avec de la purée de potiron, du lait concentré et des oeufs était correcte, réussie mais le mélange d'épices dominé par la cannelle manquait d'intérêt. Je crois qu'une pointe de girofle, d'orange amère, de poivre frais moulu même, auraient relevé le goût.

Question souris j'ai trois choses à dire: primo que j'ai découvert par hasard qu'elles aiment boire de ma tisane de camomille. Si elles ont le choix entre de l'eau pure et de la tisane, elle boivent la tisane. Aussi je leur en réserve toujours un verre, pensant que si elles sont calmées elles ne feront pas de tapage nocturne, et cela semble vérifié.

Secundo j'ai enfin trouvé un moyen de me débarrasser de plusieurs rongeurs à la fois: il suffit de les attirer dans un seau dont les bords sont trop hauts pour qu'elles puissent s'en échapper. J'ai créé un palier grâce auquel en fouinant et batifolant elles peuvent arriver à mi-hauteur du seau à l'extérieur. Il ne leur reste plus qu'à grimper le long de l'anse du seau, qui est en plastique et suffisamment large et elles se retrouvent au bord. Si elles voient ou sentent quelque chose d'intéressant au fond du seau, elles croient qu'elles en ressortiront aussi facilement qu'elles y sont entrées. Aussi j'ai mis du foin et j'y ai ajouté des cacahuètes et même parfois du parmesan pour les attirer, et j'ai ainsi récolté jusqu'à six souris d'un seul coup, et il ne se passe pas un jour sans que j'en récolte au moins deux. Fini les pièges collants et les tapettes, et le traumatisme des ratés! Je reprends espoir de pouvoir m'en débarrasser définitivement.

Et tertio, en ouvrant la fenêtre de la cuisine à la nuit tombée j'ai vu un gros chat noir et blanc s'enfuir de la courette et se glisser pour franchir la palissade. Il a donc repéré les souris que j'ai jetées de ma fenêtre, car je ne l'avais jamais vu ici auparavant. C'est vraiment étonnant. Je me demande d'où vient ce chat, si c'est un chat errant qui habite la tranchée de la Petite Ceinture et chasse pour se nourrir. Il aura entendu les petits cris que poussent les souris, ou vu leurs mouvements. Cela ne peut pas être un animal de compagnie car on ne le laisserait pas sortir tout seul dans la ville. Je me demandais ce qu'allaient devenir les souris une fois rejetées, si elles allaient trouver une échappatoire et aboutir dans la rue, dans les égoûts ou ailleurs... Je vois qu'un matou est arrivé à point nommé pour s'en occuper, ainsi elles n'incommoderont personne d'autre. Dans le courant du mois j'avais considéré offrir mes services pour garder un chat chez moi pendant le voyage de son propriétaire. Ainsi j'aurais eu temporairement un chat qui m'aurait débarrassée des souris et ensuite l'aurais rendu à son propriétaire, mais ce n'était pas si simple. Alors ce chat providentiel répond à mon souhait et je n'ai même pas besoin de m'en occuper! Puisse le Ciel exaucer mes autres voeux de la même manière!

Concernant la succession de ma mère il me semble très probable maintenant, que mes cohéritiers ont vendu tous les biens immobiliers et qu'ils font semblant de les avoir toujours. Ainsi ils profitent de leur héritage depuis longtemps alors que quand il s'agit de la part qui me revient on s'embourbe toujours dans des voies sans issue. J'ai dit que la succession de notre père n'est pas achevée car l'appartement qui m'a été attribué ne m'appartient pas réellement, faute des justificatifs, et que ce problème devait être résolu en priorité, avant de se pencher sur la succession de notre mère, que je ne pouvais rien faire avec cet appartement, ni le louer, ni l'hypothéquer pour faire un emprunt, ni le vendre. Elisabeth m'a répondu qu'elle n'avait pas davantage de papiers que moi et qu'elle a pourtant vendu son appartement il y a quelques années, mais je n'y crois pas. Après plusieurs échanges elle a eu recours au langage fort, quand elle m'a demandé quand j'allais arrêter de les « bassiner » avec cela. J'ai demandé à voir l'acte de partage qu'ils ont signé sans moi en janvier 2002 avant que je revienne des USA, et que notre mère a fait homologuer à mon insu par la Cour d'Appel de Rouen en 2007, et ils me montrent un acte de partage non signé qui est peut-être très différent. Mais je ne peux pas savoir à combien s'élève ma part d'héritage tant que je n'ai pas un exemplaire de l'acte de partage homologué.

Les derniers incidents ce mois-ci concernent la gestion des 4 appartements qui, disent-ils, appartenaient à notre mère. Le cabinet de notaires à Évreux m'a envoyé un contrat pour qu'ils puissent gérer ces biens. J'ai dit qu'avant de décider ou pas de leur donner mandat pour les gérer, j'aimerais en premier lieu avoir la preuve que ma mère en était réellement propriétaire. J'ai demandé copie certifiée de l'acte de mutation pour chacun des appartements. Cette demande a été ignorée et la correspondante du cabinet, une certaine Mme Duval qui n'est pas assermentée car elle n'est pas notaire, a pris le relais des notaires précédents, Villoteau, Demarquay et Costagliola, discutant de quelques factures que lui a envoyées le syndic Parry's Immo, et d'une facture d'assainissement concernant la maison d'Emalleville près d'Évreux (27930).

C'est après ces échanges que j'ai demandé à nouveau à voir l'acte de partage de 2002 où doit figurer l'attribution des quatre appartements à ma mère. Sur quoi le babillage par emails s'est brusquement tu.


[ACCUEIL] - [SOMMAIRE] - [MES PHOTOS FLICKR] - [CONTACT] - [LIENS] - [<--] - [-->]