Journal de la Femme à Abattre



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Paris, novembre 2017

Lundi 13: Voilà, j'ai atteint hier l'âge de 65 ans. Les jours précédents je me sentais de bonne humeur et pleine d'entrain. J'ai continué mon opération de reconquête du territoire, vidé les trois tiroirs inférieurs de ma commode, où nombre de souris s'étaient installées. Depuis que je les ai privées de leur nid le nombre de crottes que je trouve chaque matin sur le sol a diminué des 2/3! Maintenant il me faut trouver quoi faire de ces tiroirs qui prennent l'air.

Je suis tombée à court de fil à tricoter avant de pouvoir finir le pull commencé fin septembre. J'ai fait appel à la communauté des fans de ColourMart, le vendeur britannique de fils de luxe en fin de série, qui a un groupe sur Ravelry, un site qui rassemble les acteurs et actrices du tricot. Une femme a offert de m'envoyer la quantité qui me manque et j'attends la réception du fil sous peu. En attendant j'ai réparé une pointe de chaussette et le haut d'une autre. C'est un travail qui demande de la patience car il faut dégager les mailles sur un rang sain et cela n'est pas toujours facile, surtout quand la laine a feutré à l'usage. Ensuite, le retricotage est beaucoup plus rapide mais j'ai dû d'abord me souvenir de quelle recette j'avais suivie. C'était celle de Tricofolk. Je l'ai relue pour me rafraîchir la mémoire. J'ai encore une autre chaussette, le pouce de deux gants et une pointe à réparer.

Je me suis rendue compte à quel point l'automatisme acquis, quel qu'il soit, nous pousse à le répéter, et j'ai compris pourquoi on peut se sentir poussé malgré soi à répéter les gestes familiers. C'est pourquoi nous admirons l'habileté de certains artisans, et aussi pourquoi cet homme de 85 ans continue à fabriquer des feuillards dans sa hutte au milieu d'une chataigneraie du Limousin. Et aussi pourquoi, malheureusement, certains criminels n'arrivent pas à s'arrêter et deviennent des tueurs en série ou des professionnels du braquage etc. La force de l'habitude est telle qu'elle peut avoir une influence déterminante sur notre destin, voilà pourquoi il est capital de prendre de bonnes habitudes dès l'enfance.

J'ai pensé avec un brin de fatalisme à l'époque de ma jeunesse où j'étais révoltée par le travail du ménage. L'entretien des sols en particulier me remplissait d'antipathie depuis que j'avais observé une jeune femme mariée balayer alors qu'il n'y avait visiblement rien du tout sur le sol, pas la moindre miette, pas la moindre poussière! Elle me parlait gentiment de quelque chose tout en balayant et en l'écoutant je la regardais faire et j'étais abasourdie et en colère, je me demandais si elle se moquait de moi. J'ai compris qu'une part importante du rôle de la femme consistait à nettoyer et cela ne me tentait pas du tout. C'est une des raisons pour lesquelles je ne me suis pas mariée.

Maintenant le sort se venge pour tous ces balayages évités, et je dois balayer plusieurs fois par jour, et passer la serpillière plusieurs fois par semaine. Tout en vaquant à ma besogne je me dis qu'il vaut mieux avoir un sol à nettoyer que pas de sol du tout. Et puis ces souris ne me font pas que du mal: elles m'ont amenée à me séparer du superflu et à rendre mon logement moins encombré, et surtout elles m'ont fait découvrir les empreintes sanglantes dans le tiroir de ma commode et sur ma table.

À ce propos je voulais rappeler au lecteur que tout ce que je fais sur ordinateur, même hors ligne, est surveillé, et que c'est seulement après que j'eusse écrit (et pas encore mis en ligne), le samedi 29 octobre, au sujet des empreintes sanglantes trouvées sur ma table: « si la police s'en mêle... » que le crime contre le vieil homme a été commis. L'article de presse dit bien que le crime a eu lieu « dans la nuit de dimanche à lundi » c'est-à-dire un jour après que j'eusse mentionné la police.

Ma famille n'a pas d'autre moyen de m'envoyer un avertissement en cas d'urgence, que de façon anonyme par voie de presse, et pour faire parler la presse il n'y a rien de plus sûr que de commettre un crime particulièrement haineux. Les détails de circonstance contiennent la signature que je suis seule à pouvoir comprendre. Ainsi le vieil homme a été tué dans une ancienne ville minière des Cévennes alors que dans la même semaine j'avais regardé des reportages sur les Cévennes et un en particulier sur l'activité minière. À propos de la carte que j'ai affichée le mois dernier, je n'ai montré le trajet d'un village à l'autre que pour indiquer leur proximité, et non pas pour suggérer que quiconque impliqué dans le crime avait fait ce trajet.

Pour la tuerie de Chevaline le même principe était utilisé: le lieu du crime signait l'auteur et j'étais seule à pouvoir décoder le message car mon souvenir de la Combe d'Ire était associé à une sortie inoubliable avec mes parents. Ce crime avait eu lieu alors que je m'apprêtais à me rendre à Roanne pour rencontrer pour la première fois un homme qui vivait sur une péniche. Le crime avait été précédé de quelques heures par l'arrivée d'une lettre recommandée de ma mère qui avait fait l'effet d'une irruption brutale entre moi et l'homme à la péniche, comme si elle ne supportait pas qu'on puisse avoir des relations avec des gens qu'elle ne connaissait pas. En fait c'est bien ce qui s'est toujours passé, ce n'est pas « comme si », et je sais bien que tous les hommes avec qui j'ai eu une liaison étaient sans que je le sache des agents de ma mère. Et elle leur dictait comment me tourmenter, me frustrer et me faire souffrir, donnant raison au graphologue qui avait décelé en elle du sadisme sexuel. Mais je digresse...

Elle aurait voulu que sa lettre recommandée me fasse renoncer à mon projet et abandonner mes préparatifs de voyage, mais grâce à sa surveillance elle a su que je poursuivais mes plans, alors comme elle voulait à tout prix m'empêcher de parler à quelqu'un qui n'était pas dans son camp, quelqu'un qu'elle ne contrôlait pas, elle a frappé un grand coup pour être sûre que la Presse en parlerait. Mais comme je l'ai mentionné à l'époque, j'avais finalement abandonné mon projet pour d'autres raisons mais trop tard pour éviter le drame. En effet quand j'ai envoyé un mail de rétraction à l'homme en question, le drame venait de se produire.


J'ai vu que le prix des légumes d'été avait atteint un niveau raisonnable: courgettes à 2€/kg, aubergines et poivrons à des prix voisins, alors j'en ai acheté pour faire une ratatouille à mettre en conserve, et c'est ce que j'ai fait sur deux ou trois jours. Seulement au lieu de faire cuire les aubergines dans la masse je les ai coupées en tranches dans la longueur, mises à dégorger, enfarinées et frites, et placées en haut de chaque bocal. Seules les tranches trop petites ont cuit avec le reste. Maintenant j'ai 5 bocaux de ratatouille avec lesquels je peux faire un gratin en y ajoutant seulement de la mozzarella et du parmesan.

J'ai reçu le 5ème sur 5 appel de fonds pour les travaux de ravalement et réfection de zinguerie, pour un total de ma quote part de plus de 3.000€. Je n'ai rien payé pas plus que mes charges de copropriété.

Jeudi 23: Le 10 j'ai reçu un message d'une organisation qui s'occupe de l'habitat groupé dans le Roussillon. Elle s'appelle Hab Fab et m'informait de la tenue prochaine d'un symposium. Pour accrocher le lecteur le message avait un titre insolite: « 5 bonnes raisons pour ne pas vivre en habitat groupé » mais ce n'est que quelques jours plus tard que j'ai lu le message. Et parmi les 5 bonnes raisons il y en avait une qui parlait de résilier le contrat avec le syndic de copropriété alors je me suis dit « tiens, on signe un contrat avec le syndic quand on devient copropriétaire? » Je savais bien que je n'avais jamais signé de contrat avec un syndic. Alors c'était une preuve supplémentaire que je ne suis pas vraiment propriétaire de l'appartement où je vis.

Parfois j'ai envie de tout laissser tomber et de déménager mais je n'ai pas trouvé de quoi me reloger et même si c'était le cas, cela n'empêcherait pas le fisc de me réclamer la taxe foncière et la taxe d'habitation, ni au syndic de me réclamer les charges ordinaires et exceptionnelles. C'est à s'arracher les cheveux.

Avant hier la caissière chez Fructidor a répondu à une cliente qui lui demandait des nouvelles d'une employée « Elle est en prison ». On aurait dit qu'elle sous-entendait « Oui, bon, ça peut arriver à tout le monde, hein? Pas la peine d'en faire un drame. » tellement le ton était nonchalant.

J'ai acquis une grande marmite en tôle émaillée pour remplacer l'autre, qui avait perdu son émail par endroits et colorait l'eau d'une teinte rouille. Comme j'ai cette marmite sur le petit feu toute la saison c'est tout de même plus réjouissant de voir quelquechose en bon état et celle-ci, bleu foncé, fait plaisir à voir et j'aime bien le son du couvercle et le bruit de l'eau dans un espace clos, qui résonne avec un son amplifié et mystérieux qui fait penser à l'eau dans une citerne.

Hier j'ai reçu une carte de voeux électronique de ma nièce Rose Anne Viaud, la fille aînée de Sophie. C'était un message animé avec trois animaux qui jouent un petit morceau de musique. J'ai voulu répondre mais l'adresse était celle du site de cartes de voeux qui est rattaché au site « les Copains d'Avant ». Il aurait fallu que je m'inscrive au site pour pouvoir joindre ma nièce. J'ai bien essayé mais l'inscription n'a pas abouti car je n'ai pas coché la case qui m'aurait fait accepter de recevoir des messages publicitaires de sites partenaires.

Alors à quoi cela rime-t'il de m'envoyer des voeux d'anniversaire tardifs, sans donner d'adresse de contact? Était-ce un geste qui se voulait sympathique mais trop timide et craintif pour livrer passage à une réponse? De toute évidence ma nièce ne souhaite pas échanger avec moi, ou alors c'était Sophie agissant au nom de sa fille. D'ailleurs je ne vois pas comment sa fille pourrait connaître ma date d'anniversaire.

Pour moi la nouvelle au sujet du contrat avec le syndic n'a fait que confirmer que mes cohéritiers m'ont escroquée. C'était, disons, la dernière pierre dans l'édifice.

Comme le notaire (leur notaire, pas le mien!) a envoyé encore un projet de partage (que je n'ai toujours pas lu) les cohéritiers ont fait quelques commentaires. Gabrielle Girot, la fille d'Agnès et Michel, a indiqué qu'elle voulait de l'argent, pas des biens matériels. Sa demie-soeur Eléonore a envoyé un mail pour confirmer qu'elle partage cette vue. Quand un des héritiers meurt, ses enfants le remplacent ainsi le nombre de personnes qui sont contre moi augmente et tout le monde a son mot à dire.

Elisabeth pour sa part a envoyé un mail disant qu'elle avait parlé récemment avec Me Deboeuf, l'avocat, au sujet de l'affaire contre Me Laurent. Quand elle avait parlé d'un appel il y a quelques mois je lui avais dit qu'il y avait des délais à respecter pour faire appel et que le délai était passé depuis longtemps. Alors cette fois elle ne parle pas d'appel mais d'autre chose en termes vagues, et elle dit que tout cela prend très longtemps.

Comme l'arrêt de la Cour d'Appel est définitif je me suis demandé s'il y avait une autre affaire dont je n'étais pas informée, ou si ma soeur inventait cette conversation avec l'avocat dans le seul but de me menacer, puisque j'ai été rendue solidaire du notaire pour payer le jugement. Alors il suffit de mentionner cette affaire « contre Me Laurent » ou, comme Agnès de son vivant, de parler d'appel sans plus de précision, pour me menacer. Encore une fois le message est codé et seul un membre de la famille peut le comprendre.

Pour savoir à quoi m'en tenir j'ai répondu à Elisabeth en lui demandant de quelle affaire il s'agissait, qui était plaignant et ce qu'on reprochait au notaire. C'était il y a une dizaine de jours et elle n'a toujours pas répondu.

Tout à la fin du mois mes cohéritiers ont débattu sur la nécessité de faire gérer les 4 appartements dans l'immeuble, qui à leurs dires appartenaient à notre mère. Elisabeth a suggéré de les faire gérer par le syndic de copropriété et a parlé de demander un contrat-type. Sophie a répondu que Mr Henry est un sale type. Youri a dit que ce n'est pas une bonne affaire d'hériter d'un appartement dont le locataire (mon ex-belle soeur en l'occurrence) ne paie plus son loyer. J'ai laissé parler puis j'ai écrit à tous que j'avais confirmation d'avoir été escroquée car je n'avais jamais signé de contrat avec le syndic. Leur ai demandé « pour la dernière fois » de l'admettre et de me compenser faute de quoi je demanderais à voir la preuve de propriété des 4 appartements. J'ai dit que les syndics de copropriété ont pour mission de gérer les parties communes, pas les lots privatifs, et qu'ils ne peuvent pas faire les deux à la fois, que la gestion d'appartements locatifs est un autre métier. J'ai rappelé à Elisabeth qu'elle disait récemment avoir parlé à l'avocat au sujet de l'affaire Laurent et qu'elle devait être au courant et pouvoir répondre à la question simple que je lui posais.

J'ai fait des réparations de chaussettes, mon pull est en attente d'un cone de fil. C'était une bonne surprise d'apprendre que ce fil acheté en 2013 était toujours trouvable chez ColourMart, qui vend des fins de série. Une cliente sur le forum du site Ravelry m'a envoyé 75g de ce fil mais il était plus fin (8 fils au lieu de 12) et je ne m'en suis aperçue qu'après avoir tricoté plusieurs rangs.

J'ai fait de la confiture de coings-potiron parfumée à la cardamome et autres épices. Je n'ai pas voulu mélanger trop d'épices pour garder le goût étrange et subtil de la cardamome. Le mélange manquait quand même d'un petit coup de fouet et en rajoutant de l'écorce et du jus d'orange j'ai obtenu le parfait équilibre.

Quand nous habitions à Annecy-le-Vieux dans les années 60 ma mère de temps en temps faisait de la confiture de potiron. En 77 en Tunisie j'avais trouvé un gros potiron qui poussait à la lisière de la propriété et j'en avais fait de la confiture, très réussie aussi. J'essaie de me rappeler quelles épices j'avais utilisées. Je crois qu'il y avait un peu de clou de girofle.


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