Journal de la Femme à Abattre



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Paris, août 2018

Lundi 6: Une chose que j'ai oublié de mentionner le mois dernier, c'est l'erreur de colis quand je suis allée chercher une commande qui m'attendait à la poste. Pendant que j'attendais, une femme à côté de moi se plaignait de la poste. Il y avait d'une part un sac à dos (imprimé piscine, j'y reviendrai) qui était dans un grand carton plat, et d'autre part divers équipments de base de survie. J'ai ouvert ce 2ème colis sur place pour pouvoir me débarrasser du carton d'emballage avant de rentrer chez moi. Mon idée éait de mettre ces objets dans le sac à dos. Mais le contenu ne correspondait pas à ma commande: deux paires de baskets gris métallisé. J'ai regardé le nom du destinataire sur l'étiquette et vu que ce n'était pas le mien. J'ai rappelé la préposée, une jeune Africaine, lui ai demandé comment il était possible qu'elle se soit trompée alors que je lui avais fourni le n° de suivi et ma pièce d'identité. Elle m'a répondu qu'elle s'était fiée à un autre numéro. Il y avait en effet un n°35 écrit en gros, ce qui, on comprend aisément, rend l'identification des colis plus facile à l'œil nu, mais il faut quand même faire correspondre le n° de suivi avec ce numéro. Elle m'a dit qu'il y avait un doublon, deux colis portant le même numéro, mais quand elle m'a apporté le colis qui m'était destiné il portait le n°31 donc il n'y avait pas de doublon. J'étais aussi surprise qu'elle connaisse le mot doublon car elle n'avait pas l'air très cultivée.

J'étais un peu indignée, et lui ai demandé si elle réalisait tout le tracas que cette erreur m'aurait causé si je n'avais pas ouvert le colis sur place. Elle ne me répondit pas. Elle vaquait à d'autres tâches et faisait semblant de ne pas m'entendre. Si c'était fait exprès (ce qui ne m'étonnerait guère, surtout à cause de son emploi du mot doublon que le sadique devait lui avoir soufflé) j'avais déjoué le piège.

Pour en revenir au sac à dos imprimé piscine, je me souviens d'avoir suggéré ce motif au vieil homme (Mr Hellerstein) chez qui Agnès et Val résidaient quand ils étaient venus à New York en 1989. Il avait dit qu'il devait repeindre le mur de sa salle de bains, qu'il voulait faire quelque chose d'artistique mais ne savait pas quoi, alors je lui avais suggéré un motif d'eau de piscine. Il m'avait demandé à quoi cela ressemblait, comme s'il n'en avait jamais vu. Trente ans plus tard je cherchais un sac à dos de randonnée et devant les prix abusifs je me suis dit que le sac à dos que j'utilise tout le temps pour faire mes courses, de marque Cabin Max , était très pratique car on pouvait l'ouvrir comme une valise, le porter à la main par sa poignée, et il était accepté comme bagage à main en avion. Et il ne m'avait coûté qu'une trentaine d'euros, alors que ces sacs à dos de randonnée, pour une même contenance, coûtaient facilement six fois plus cher, juste parce qu'ils avaient des poches extérieures. J'ai donc cherché ce modèle et vu qu'il existait en de multiples variations de couleurs unies avec les zips de couleur contrastantes, ou des imprimés, et parmi ceux-ci j'ai vu l'imprimé piscine qui était au prix le plus bas, 24€, comme si personne n'avait apprécié ce visuel pourtant intéressant et évocateur d'ébats aquatiques et de fraîcheur. Les gens ont complètement adopté toutes sortes d'imprimés de camouflage abstraits, mais un visuel d'eau de piscine qui scintille au soleil, ils n'en veulent pas. Pour ma part je suis très contente de ce sac.

La canicule continue. Quand je sors faire des courses c'est tôt le matin, dès l'ouverture si possible.

Mercredi 15: La chaleur est retombée depuis trois jours. Ouf! Ces derniers jours j'ai fait mon pain à la main. J'en ai déjà fait trois, le premier avec de la farine bio, le deuxième avec de la farine complète bio, le troisième avec 1/3 farine T50, 2/3 farine complète. Chaque fois j'ai scrupuleusement suivi la recette du livre de Laurel Robertson, un livre que j'avais aux USA et que j'avais perdu avec beaucoup d'autres affaires. Je l'ai racheté il y a quelques années et enfin maintenant je l'ai mis en sevice. Il y est question de plusieurs variétés de blé, de blé dur de printemps ou d'hiver qui ont un taux élevé de gluten qui les rend bons pour le pétrissage. Pas moyen de savoir exactement la variété de blé utilisée dans les différentes marques françaises. Il faut s'estimer heureux si on connaît le taux de cendre qui est exprimé en « T50 » ou tout autre chiffre de 45 à 150, le plus haut nombre correspondant au taux de cendre le plus élevé, celui de la farine intégrale.

J'ai bien pétri la pâte 300 fois et le pain a bien levé dans le four. L'apparence était satisfaisante, surtout le troisième que j'avais fendu dans toute sa longueur avant de l'enfourner (j'ai failli oublier!) La mie n'a pas l'aspect désiré: les trous sont petits et la masse est compacte, mais somme toute tout à fait mangeable et c'est vraiment un plaisir de manger le pain qu'on a fait soi-même. Le seul problème c'est que le matin j'ai des ballonnements et un peu mal au ventre et comme ces symptômes correspondent avec le pain-maison il doit y avoir une relation de cause à effet alors je me demande comment faire pour résoudre ce problème. Est-ce que mon pain n'est pas assez cuit?

Pour changer de sujet, j'ai continué à regarder les annonces d'immobilier. J'ai même bifurqué et fait des recherches de villages abandonnés. J'ai vu un documentaire de la BBC sur la Galicie en Espagne, la région au nord-ouest de l'Espagne qui est traversée par le prolongement des Pyrénées, et où se trouve St Jacques de Compostelle. Il y a de nombreux villages abandonnés dans cette région mais certains jeunes et moins jeunes sont venus s'y installer ou y sont retournés et les paysages sont magnifiques. L'avantage est qu'on n'est pas dérangé par le brouhaha de la vie moderne mais beaucoup de maisons tombent en ruines, d'autres sont intactes, leur intérieur toujours meublé et propre comme si les propriétaires étaient juste sortis.

Tout cela pour dire que j'ai été inspirée pour chercher de semblables villages en France. Il en existe quelques uns mais la plupart sont situés sur un pic rocheux qu'on n'atteint qu'après des heures de marche par des sentiers non-carrossables. Et puis avant-hier j'ai vu une annonce dans Le Bon Coin, une maison à vendre à St Hilaire sur Benaize au sud de Le Blanc dans le parc de la Brenne dans l'Indre. L'annonce disait « dans village abandonné ». J'ai laissé un message à l'annonceur et demandé à être rappelée. En attendant je me suis renseignée sur le village et j'ai vu qu'il comptait 350 habitants en 2015.

Hier une femme m'a appelée au sujet de cette annonce. Je lui ai dit que j'avais vu que le village n'était pas abandonné. Elle m'a affirmé que si, qu'il n'y restait que quelques vieux garçons qui n'avaient pas d'héritiers et que les maisons s'écroulaient les unes après les autres. Je lui ai dit que d'après les deux photos qu'elle avait mis en ligne la maison qu'elle vendait avait l'air saine à l'extérieur et à l'intérieur. Je lui ai demandé d'autres photos. Elle a alors proposé de m'envoyer une vidéo. Quand j'ai voulu lui donner mon adresse email elle a rechigné, elle préférait que je la lui envoie par SMS. Je lui ai dit que je ne faisais pas de SMS et l'ai assurée que mon adresse email était facile. Elle l'a notée et m'a envoyé sa vidéo en deux fichiers, un fichier son et un fichier image, tous deux compressés par un logiciel spécial pour les smartphones. Le fichier son durait à peine trente secondes et on n'entendait que quelques pas et du silence. Aucun bruit de nature. Le fichier vidéo était inaccessible.

J'ai laissé un message sur son portable lui disant que je n'avais pas pu regarder la vidéo à cause du format, que je n'utilisais pas de smartphone. Elle m'a rappelée un peu plus tard, me disant qu'elle avait vu que j'avais essayé de l'appeler. Quand je lui ai dit que j'avais laissé un message elle a répondu qu'elle ne l'avait pas eu. Je lui ai suggéré de télécharger sa vidéo sur Youtube ou Daily Motion et de me donner le lien pour que je puisse la regarder. Grand silence. Elle avait son compte email chez Google mais pas de compte Youtube. Elle a alors proposé de mettre sa vidéo sur Facebook. Je lui ai dit que je ne faisais pas Facebook. Tout ce qu'elle m'a proposé c'était des technologies que je n'utilise jamais ou rarement.

Elle devait m'envoyer un nouvel email avec un fichier vidéo compatible mais elle ne l'a pas fait. En résumé nous avons passé l'essentiel de nos conversations à discuter de problèmes techniques liés à sa vidéo au lieu de parler du bien à vendre, et on aurait dit qu'elle me proposait sciemment des solutions qui ne me convenaient pas, après avoir parlé d'un ton mépriant des « vieux garçons qui n'avaient pas d'héritier » comme si la personne humaine n'avait pas de valeur intrinsèque, mais ne trouvait sa valeur que dans ses rejetons, une idée maintes fois exprimée par ma famille, et surtout ma soeur Sophie.

Lundi 27: Le mois se termine dans une ambiance d'automne. En effet la canicule a repris une quinzaine de jours puis elle a été remplacée par des températures fraîches alors que j'aurais aimé une descente progressive mais peut-on obtenir ce que l'on veut du temps?

J'ai continué à faire du pain en suivant scrupuleusement la recette du Grand Livre du Pain mais toujours sans obtenir que le pain gonfle suffisamment dans le four. À tout hasard j'ai lu la recette au dos du paquet de levure et la quantité de levure recommandée pour le même poids de farine est du double! Je sais maintenant ce qu'il faut faire.

Dans mes recherches d'immobilier je suis tombée sur l'agence Nestenn située dans le Loir et Cher. Comme beaucoup d'agences elle avait mis une annonce dans Le Bon Coin et j'ai suivi le lien vers son site, et c'est là que j'ai vu une maisonnette avec un grand terrain pour moins de 25K. J'ai téléphoné pour avoir plus de renseignements et plus tard, en repensant à ce que j'avais dit à la femme de l'agence je me suis dit qu'elle avait dû me prendre pour une cinglée car je lui avais dit des choses contradictoires en apparence. Je voulais une maisonnette et un terrain assez grand pour y planter un jardin et avoir des poules, mais aussi un terrain qui puisse accueillir d'autres habitations donc il me fallait une partie constructible assez importante. En fin de compte je n'étais pas sûre moi-même de ce que je voulais. Une part de moi veut être seule tandis qu'une autre part veut être entourée et faire partie d'un groupe. La femme m'a dit qu'elle transmettrait mon appel au vendeur qui couvrait ce secteur mais comme j'étais sûre d'avoir fait mauvaise impression je n'attendais pas d'appel.

Aussi j'ai été surprise quand quelques jours plus tard, la semaine dernière, un homme de cette agence m'a appelée. Il m'a parlé de la maisonnette et du terrain, m'a envoyé une carte cadastrale montrant la limite du terrain constructible, et m'a dit qu'au bout du terrain il y avait le Nahon, la rivière qui arrose Valençay. Un terrain au bord d'une rivière! Mais le terrain était en forte pente, ce qui avait du bon et du mauvais. Du bon parce que même en crue, la rivière ne risquait pas d'inonder la maison, du mauvais parce que mes genoux ne supportent pas les fortes pentes, qu'elles soient des descentes ou des montées. Il faudrait faire du terrassement et des escaliers pour passer d'un niveau à l'autre. J'ai dit que j'aimerais visiter le bien dans les prochains jours.

Le surlendemain il m'a envoyé un mail pour me proposer un autre bien qui, lui, n'était pas au bord d'une rivière mais était susceptible de m'intéresser. Il s'agissait d'un terrain d'environ 6.000m² à Vicq-sur-Nahon avec une construction à rénover, et une partie constructible pas totalement bâtie. L'agence ne l'avait pas encore mis en vente parce que certaines données au sujet de ce bien étaient manquantes, et il pourrait me le faire visiter le même jour de ma visite. J'ai dit que ce bien m'intéressait puis, la nuit portant conseil, je lui ai envoyé un mail le lendemain matin (vendredi 24) lui demandant de m'avertir dès que son agence mettrait le bien en vente. En effet il ne me semblait pas prudent de partir en visite d'un bien qui n'était pas officiellement en vente par l'agence, ne portant aucune référence ni aucun lien apparent avec elle. Le vendeur, qui voulait que je l'appelle par son petit nom, avait beau me remercier de ma confiance, je voulais jouer cartes sur table.

Il y avait une autre annonce pour la vente de 6 hectares de terrain d'un seul tenant juste au sud-ouest de Limoges, pour 12K€. Les photos étaient très alléchantes, montrant des moutons qui broutaient paisiblement sur un terrain valonné bordé d'arbres, et ceci aux portes de Limoges! J'ai pensé que c'était un canular mais à tout hasard j'ai appelé, laissé un message demandant s'il y avait une ou des constructions sur le terrain, et des points d'eau.

J'ai été rappelée par un homme à la voix jeune qui m'a dit qu'il n'y avait aucune construction et concernant les points d'eau, il y avait une source captée. Je lui ai demandé quel était le boisement et le relief, s'il y avait des pentes escarpées, il m'a répondu que le terrain était pratiquement de la prairie nue, qu'il y avait une partie plate et une partie valonnée. Concernant le cadastre il a dit que le terrain était en deux parcelles, une parcelle plate et l'autre valonnée. Je lui ai demandé de me fournir les références cadastrales. Il m'a dit qu'il n'était pas chez lui, il était en vacances, mais il me rappellerait le lendemain quand il aurait l'information. J'attends toujours.

Hier après-midi j'ai emmené mon pigeon dans ma chambre avec un grand plat à four dans lequel il peut tenir debout à l'aise, et picorer des lentilles. Quand il eût fini je me suis levée pour le re-conduire dans la cuisine mais dans la salle de séjour il s'est envolé et s'est perché en hauteur. J'ai alors compris qu'il voulait sortir côté rue, et j'ai ouvert la fenêtre et c'était bien ce qu'il voulait! Il s'est envolé en un éclair.

Mercredi 29: C'est devenu une habitude maintenant. Mr Beloiseau m'attend tous les après-midi vers 16 heures et je l'emmène dans ma chambre avec le grand plat à rôtir et il picore tranquillement, se lisse les plumes puis je lui ouvre la fenêtre côté rue. Au moment où il s'envole, en le regardant s'éloigner je ne peux m'empêcher d'être étonnée et admirative que cet oiseau qui va où bon lui semble dans les airs revienne régulièrement chez moi. Évidemment il vient parce qu'il sait qu'il y a à manger en abondance, mais il ne viendrait pas s'il avait peur d'être enfermé, et c'est parce que je ne l'ai jamais gardé contre son gré qu'il revient aussi fidèlement. Ce dont il a peur ce sont mes mains, alors maintenant je fais attention à ne pas tendre les mains vers lui et à éviter de les approcher. Dès qu'il se sent menacé il frappe d'un coup d'aile rapide comme l'éclair.

J'ai nettoyé quelques recoins fâcheux, où les souris avaient laissé des traces et des crottes. Mon meuble d'étagères pliant en bambou, j'ai fini par l'enlever pour pouvoir nettoyer et je ne l'ai pas remis en place car j'en avais assez de trouver des saletés sur les étagères. Le cageot où je gardais mes livres de tricot a lui aussi été supprimé pour les mêmes raisons. En même temps j'ai bouché avec de vieilles chaussettes en polyamide quelques trous récemment découverts par où elles entraient et j'ai repris le piégeage, en laissant deux seaux avec des cacahuètes au fond, duquel certaines souris n'arrivent pas à s'échapper, et depuis deux jours j'en ai éliminé quatre ou cinq.

J'ai également réparé deux pull-over (taille 2 ans et 5 ans) que j'avais tricotés et que les souris avaient endommagés. Il m'a fallu longtemps avant de trouver le courage de m'y mettre, j'ai même été tentée de les jeter mais cela aurait été dommage, vu le travail et le coût des matières premières. Maintenant qu'ils sont réparés de façon quasi invisible je dois encore refaire l'encolure du plus petit, et cela implique de défaire les coutures d'épaule et d'emmanchure. Ah là là! « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, » disait Boileau. Il avait raison. Mon pull est parfait sauf l'encolure qui gâche tout. Il faut que les petits enfants n'aient aucune difficulté à enfiler leur pull sinon ils ne le mettent jamais, et ce serait dommage que ce pull soit mis au rebut alors je n'ai pas d'autre solution que de refaire l'encolure, voilà tout!

Hier j'ai encore fait un pain et j'ai augmenté la quantité de levure. Le pain est bon, je n'ai pas besoin de me forcer pour le manger, mais il est toujours un peu trop compact à mon goût. Peut-être faudrait-il le laisser lever à une température plus élevée. Il me faudrait une couveuse, ou des lampes de culture, ou un vase clos quelconque qui maintienne une température adéquate.

Jeudi 30: Aujourd'hui j'ai mis mes chaussures de marche neuves (Aigle, made in France) et suis allée au centre des impôts au 101 rue de Tolbiac pour en finir avec ma déclaration de revenus. Comme je ne perçois aucun revenu, au moment de signer ma déclaration en ligne après avoir rempli la case de mes coordonnées bancaires, la formalité n'aboutit pas et j'ai un message d'erreur, et ma déclaration reste sans signature. L'année dernière j'ai été relancée mais pas cette année, c'est pourquoi j'ai voulu me mettre en règle en faisant le déplacement. Tout a été très vite, j'ai signé une impression papier et suis repartie.

Je me suis dirigée vers un magasin qui répare les appareils photos numériques, rue du Dessous des Berges. Cela m'a donné l'occasion de découvrir un quartier du XIIIème que je ne connaissais pas. Autrefois cet arrondissement était bâti de maisonnettes dans des passages arborés. Il en reste toujours quelque chose, quelques vestiges du temps passé, voisinant avec des constructions en brique des années d'après-guerre et d'autres encore plus récents en acier et en verre, avec une architecture m'as-tu-vu.

Le jeune homme qui tenait boutique m'a d'abord dit que les appareils n'étaient garantis que deux ans et les pièces devenaient introuvables après cette date, et je ferais bien de mettre mon appareil à la poubelle. J'étais attristée à cette idée mais je me suis dit que la panne n'était peut-être pas due à une pièce abîmée ou cassée, et je le lui ai dit. Il a réfléchi un moment puis il a dit qu'il allait vérifier si mes piles étaient bonnes. Elles étaient neuves mais on ne savait jamais. Il s'est absenté et est revenu avec un appareil de mesure, et m'a confirmé que les piles étaient pleines. Il a alors frotté sur le contact avec un chiffon et a essayé d'allumer l'appareil, et ô joie, ô contentement! Le signal sonore de la mise sous tension s'est fait entendre et l'objectif est sorti de sa cachette. Le jeune homme n'a pas voulu me faire payer quoi que ce soit et je l'ai abondamment remercié.

Je ne voulais pas remonter vers la rue de Tolbiac et faire le même chemin en sens inverse alors j'ai continué vers le sud puis vers l'ouest. Le quartier est valonné et les rues sont pentues. J'ai demandé mon chemin à un homme blanc (il faut le préciser car il y a de nombreux non-blancs dans le quartier), lui disant que c'était facile de se perdre par ici. Il a dit « Mais non, pas du tout! » Je lui ai demandé comment rejoindre l'avenue d'Ivry. Il a réfléchi un moment puis il m'a dit de continuer à descendre jusqu'à la voie de chemin de fer (la Petite Ceinture) et de tourner à droite et je tomberais en bas de l'Avenue d'Ivry. J'ai reconnu la rue Regnault qui longe la voie depuis l'avenue d'Ivry et l'ai suivie. De ce point de vue j'ai découvert une peinture murale qui représente une femme debout dans une flaque noire. Je suppose que le liquide est du pétrole car on voit des pyramides au loin. La femme porte un sac imprimé aux initiales de Louis Vuitton, et est encombrée de paquets comme si elle venait de faire des emplettes.

Arrivée avenue d'Ivry je suis allée faire des courses au supermarché non sans avoir au préalable fait une petite pause et bu un demi au bar-restaurant-boulangerie. J'étais de retour chez moi à 13 heures, j'avais marché presque trois heures, en m'aidant de ma canne surtout au retour.

Vendredi 31: J'ai fini de réparer les deux pull-overs qui avaient été endommagés par les souris. Ce n'était le plus souvent qu'un seul des six brins du fil de laine qui avait été grignoté, et cela faisait un duvet inesthétique qui attirait le regard. J'ai donc repris tous ces endroits en refaisant les points avec un seul fil et en coupant le fil abîmé. J'ai également passé trois jours à défaire puis refaire l'encolure du petit pull-over, et ré-assembler les coutures de manches partiellement défaites, et les coutures d'épaules. Le résultat en valait la peine (voir photos AVANT-APRÈS. Et comme mon appareil photo fonctionne à nouveau, après avoir pressé à la vapeur tous mes tricots j'ai pu les prendre en photo, y compris le poncho que j'ai tricoté en juillet dernier, et le pull en laine et soie avec des manches aux coudes, que j'ai terminé en mai et qui est parfait pour la saison qui commence.


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